A pour Abbé-Deschamps : plus qu’un stade, son jardin qu’il chouchouta pendant 44 ans. Réputé perfectionniste, la légende raconte qu’il entretenait lui même la pelouse du stade.
B pour Bayer Leverkusen : le sédentaire Bourguignon (pourtant d’origine alsacienne) aurait pu entraîner un club hors de notre cher hexagone. Après son départ en retraite en mai 2000, les Allemands le contactent un an plus tard pour l’introniser sur le banc de la BayArena. Dommage pour eux, les Auxerrois auront le fin mot de l’histoire, Daniel Rolland se casse d’Yonne et Jean-Claude Hamel, alors président, lui demande de rappliquer. Aussitôt dit, aussitôt fait.
C pour Cristaline : plus qu’un simple mannequin, Guy Roux est devenu l’ambassadeur de la bouteille d’eau la plus cheap de ton supermarché. L’imaginaire collectif est à jamais marqué. Son côté économe est d’ailleurs repris dans une autre pub, tout aussi marquante.
D pour Diomède, Bernard : il a fait ses débuts à l’AJA et il est champion du monde. Coïncidence ?
E pour Europe : sous son ère, Guy a familiarisé ses joueurs avec les coupes d’Europe. 16 participations, une coupe Intertoto 97 remportée, une demi-finale de l’UEFA 92-93 perdue face au BVB, des quarts à la pelle et des sorties en poules.
F pour Fusée : lorsque Roux débute en tant que (jeune) entraîneur de l’AJA, le club est en division d’honneur bourguignonne. En 1964, après un break de 2 ans suite à son service militaire, il commencera activement son travail de fond. 1970, l’AJA passe en Division 3, championnat national amateur. Là, il truste le haut du tableau sans pour autant accéder au niveau supérieur. Try again, en 1974, même si son club se classe 4ème, Auxerre monte d’un cran grâce aux équipes réserves mieux classées qui ne peuvent pas aller plus haut. 1980, Auxerre débarque en D1. Entre les 6 ans qui séparent les deux dernières montées, l’homme au bonnet débusque quelques jeunes prometteurs dans les équipes rivales (Ferreri, Rouyer) et assiste aux entraînements des équipes sud-américaines lors de la Coupe du Monde 78, en Argentine. Et en plus, c’est à ce moment là que se développe le futur centre de formation d’Auxerre.
G pour Génération dorée : à son retour après son arrêt maladie, en janvier 2002 (voir la définition suivante), le plus naturel des spécialistes de Canal dispose d’un vivier riche de Djibril Cissé, Jean-Alain Boumsong, Philippe Mexès et autres Olivier Kapo (rayer l’intrus). Cette saison là, l’AJA termine 3ème de Ligue 1 et t’a bien fait rêver avec les pions inscrits par Djib’.
H pour Hamel : l’homme qui intronise Guy au sein du petit club de l’Yonne. Président à partir de 1963, il vivra au jour le jour la très longue aventure de son entraîneur, main dans la main. Et des fois, pas.
I pour Immortel : le banc est le prolongement logique de son fessier. Pourtant à la retraite,
J pour Jeunes : la spécialité Roux, la touche Guy. Le centre de formation, c’est le dada de notre homme, à tel point qu’il est surnommé l’éleveur de champions. Wenger est so 1996…
K pour Kalou, Bonaventure : un prénom qui sent bon le parcours tout tracé, une réalité qui est toute autre. Vainqueur de la Coupe de France en 2005 lorsqu’Auxerre défie le PSG au Stade de France, Bona commet l’erreur de sa carrière : il signe chez le perdant. La dégringolade qui s’en suit est terrible : RC Lens, Al Jazira, Heerenveen puis Coms-la-ville, en division d’honneur. Salomon, son frère, commence à cirer le banc de Chelsea. Les repas de famille doivent être sympas.
L pour Lens, Racing Club : la deuxième et dernière étape du dinosaure
M pour Mexès, Phillipe : on trouve des limites à la méthode Roux. Mexès en est une.
N pour Niculae, Daniel : pas un grand attaquant, ni un gros planteur mais c’est l’occasion de remarquer que Guy aimait rechercher des joueurs d’Europe de l’Est. Et si en plus ils peuvent être jeunes, c’est le bingo.
O pour pour Cool, Fabien : le double O pour une carrière exclusivement faite chez les paysans. Du centre de formation à la retraite. Que 3 titres mais deux records qui risquent de ne jamais tomber : 306 matchs d’affilés disputés en Ligue 1 et un total de 467 matchs avec l’AJA. Tout Rool pour Cool.
Mieux que le tracteur, meilleur pour le coeur.
P pour Picsou : radin. Guy était grassement payé, et, pour contester, Picsou invoquait le motif faiblard que son salaire comprenait celui de sa femme et le loyer de son appartement. Et toute la misère de monde, aussi. Au RCL, il gagnait 100 000€ par mois, hors prime. Le salaire de sa compagne, de ses fils, ses petits-fils et de tous ses joueurs réunis.
Q pour Quand on a : pur produit du centre de formation monté par Hamel et Roux, Eric Cantona ne s’est pas pour autant éternisé sous l’aile de son coach paternaliste. Il intègre le club en 83, le quitte 5 ans plus tard à 20 ans. 5 fastes années où il remportera un championnat de Division 3 (il était en équipe réserve), une Gambardella et un Euro en Espoirs pour sa dernière saison au club.
R pour Raymond, Domenech : il ne l’aimait pas. Ils étaient très mal en Afrique du Sud. L’un car mauvais et absolument traîné par son groupe de caïds, l’autre avait mal à sa France. Sa France du football. Ses interventions étaient mouillées de larmes refoulées, lui, le petit père du peuple paysan, qui n’avait jamais une telle situation de sa vie. Alors le second n’est pas tombé dans la facilité mais a bien fait comprendre que Raymond est une belle merde.
S pour Santé : passer la moitié de sa vie dans un club de foot, c’est bien. Mais ça crève, et Guy a frôlé le drame fin 2001. Ne se sentant pas bien pendant un entraînement et remarquant que sa poitrine était légèrement douloureuse, il file chez un médecin qui l’envoie à Paris. Le constat est clair, artère bouchée qui nécessite un pontage aorto-coronarien (les belles images Wikipédia !). La même destinée que Gérard Houiller, comme un symbole.
T pour Titres : 12 titres pour l’AJA et 4 distinctions personnelles. Du championnat aux coupes nationales en passant par une Intertoto et quelques « Meilleur Entraîneur France Football ».
U pour Ugly, Mark (The) : paraît-il que le rejeton terrible de SoFoot s’est exclusivement nourri durant son enfance des grasses mamelles du club. Sans Guy Roux, jamais nous n’aurions connu un jour le divin enfant.
V pour Vieux (bonnet) : ou comment associer un objet à une personnalité.
W pour Wikipedia : sans lequel cet abécédaire n’existerait pas.
X pour AuXerre : on se pose la question dans la rédaction. Vous prononcez AuXerre ou AuSSerre ? Sérieusement ?
Y pour Yann, Lachuer : l’actuel entraîneur d’Orléans faisait figure de symbole au sein de l’effectif auxerrois : guère exposé médiatiquement, pas un Apollon, bosseur et obnubilé par le ballon rond. Capitaine de surcroît, deux coupes de France dans la poche aussi.
Z pour Zzz : ça y est, tu as terminé l’article. Tu peux désormais dormir mais nous ne fournissons pas la couverture.
Qui dit Guy Roux, dit Djibril Cissé, et lui aussi a eu le droit à son abécédaire.





