Les Jeux Olympiques de Londres ont fêté hier leur baisser de rideau d’une somptueuse cérémonie longue comme 47 jours où l’on a pu apprécier les peaux détendues des Spice Milfs. Si ces dames vont apprécier le retour de Toute une histoire sur France 2, les hommes, eux, risquent de souffrir de la radicalité du changement. Mais pas de panique, on va assurer la transition. On va y aller doucement et si ça fait mal, dites-le nous. Ah tiens ça me rappelle un truc. Allez, il est maintenant l’heure de s’intéresser à une partie de la partie immergée de l’iceberg de ces JO : le club de football de Leyton Orient qui est à une étape charnière de son histoire avec la présence du Stade Olympique à quelques kilomètres de leur home ground de Brisbane Road.

Fondé en 1881 par des membres du Glyn Cricket Club, les supporters de Leyton Orient peuvent se targuer d’appartenir à l’un des plus vieux clubs de football d’Angleterre. Si leur histoire fut longue, les O’s, comme on les surnomme, n’ont passé qu’une seule et unique saison en First Division. C’était en 1962-1963. Un passage duquel a découlé les deux décennies les plus glorieuses de leur histoire avec notamment un titre de Champion de Division Three en 1969-1970. Sans oublier l’exploit, deux ans plus tard, de sortir le Chelsea de Ron Harris et Peter Bonetti (3-2) au cinquième tour de la FA Cup alors que les Blues menaient 2-0. Les années 80 et 90, elles, furent les plus sombres de l’histoire du club de l’est de Londres. Relégués en Division Three après la saison 1981-1982, Orient se retrouvait trois saisons plus tard en Division Four avant de finalement retourner en Division Three pour l’exercice 1989-1990. Une joie qui fut de courte durée puisque en 1995, Tony Wood, alors président de Leyton Orient mais également entrepreneur au Rwanda, voyait son business basé sur la culture de café détruit par les guerres civiles qui frappaient le pays. Par conséquent, Leyton est une nouvelle fois relégué en Third Division (aussi connue sous le nom de Division Four avant l’apparition de la Premier League) et est vendu pour la somme symbolique de cinq livres sterling à Barry Hearn, propriétaire de Matchroom Sport. Ce n’est que lors de la saison 2005-2006 que Leyton Orient, sous la houlette de Martin Ling, parvient à retrouver l’échelon supérieur grâce à une troisième place en fin de saison. C’était d’ailleurs la première fois en trente-six ans que les O’s réussissaient à être promus sans passer par les playoffs. Quant aux années suivantes, elles se résumeront à des sauvetages in extremis ou à des places dans le ventre mou du classement.

Une fois n’est pas coutume, la saison 2010-2011 fut plutôt excitante pour les supporters. Terminant à une frustrante mais encourageante septième place, à un point de Bournemouth, premier qualifié pour les playoffs, Orient s’illustre également en FA Cup. Après s’être offert le luxe d’éliminer Norwich et Swansea dans leurs stades, Leyton contraint Arsenal de rejouer le match comptant pour le cinquième tour après les avoir tenus en échec chez eux à Brisbane Road (1-1). Tristement mais logiquement, Arsenal ne fait qu’une bouchée des O’s à l’Emirates Stadium, 5-0. Fiers de la générosité dont à fait preuve leur équipe, les supporters se mettent alors à rêver du niveau supérieur dans un futur très proche.

Engouement populaire oui mais…

Malgré leur faible visibilité dans les grands médias, les Eastenders déplacent les foules. Dans leur stade de Brisbane Road (officiellement appelé Matchroom Stadium depuis le rachat du club), à quelques pâtés de maison du site olympique de Stratford, les supporters sont toujours au rendez-vous. Avec une moyenne de plus de 4600 spectateurs sur les 9271 places dont dispose le stade, Leyton Orient titille les mythiques Sheffield Wednesday et Sheffield United en terme de taux de remplissage. Une aubaine pour un club qui pourrait souffrir du déménagement de West Ham dans le Stade Olympique si l’OPLC décidait finalement de céder l’enceinte aux Hammers. En effet, la proximité des deux stades pourrait, selon la majorité des fans, nuire à Leyton Orient. C’est en tout cas ce que nous atteste, Jamie, fidèle suiveur des O’s :

« Les supporters pensent que la venue des Hammers dans le Stade Olympique risque d’éclipser Orient du fait que de plus en plus de personnes s’intéresseront et parleront de West Ham. Malgré tout, ce déménagement pourrait être bénéfique pour Leyton en certains points, comme par exemple l’arrivée d’entreprises, synonyme de création d’emplois dans les alentours.»

Des alentours qui justement ne semblent pour le moment pas profiter de la manne financière dégagée par le gouvernement britannique pour les Olympiades. Modernisme, futurisme, perspectives et expansion pour Stratford contre bâtiments délabrés, maisons abandonnées et taux de chômage élevé pour Leyton. Et pourtant seuls trois kilomètres séparent les deux stades. Si cette distance parait dérisoire, le contraste entre les deux sites, lui, est saisissant. Dans ce quartier qui est l’un des plus pauvres de Londres, il n’est d’ailleurs pas rare de voir des affrontements entre bandes rivales ou autres trafics illégaux. Malgré les tensions, la communauté reste unie derrière le club et n’hésite pas à se déplacer en famille pour aller supporter les siens et partager cette passion. Plus que les résultats sportifs, la ferveur des supporters et l’histoire haute en couleurs du club donne une certaine dimension à Leyton Orient.

Un passé sanglant, un futur prometteur

Pendant la Première Guerre mondiale, trois joueurs d’Orient perdirent la vie lors de la Bataille de la Somme et plusieurs autres O’s furent contraints à stopper leurs activités du fait des lourdes blessures subies sur le champ de bataille. Pour honorer le 17e Bataillon du Régiment du Middlesex, bataillon dans lequel s’étaient engagés quarante et un membres du club, le Prince de Galles assista le 30 avril 1921 au match entre Orient et Notts County. Celui qui allait plus tard être couronné King Edward VIII, n’était ni plus ni moins que le premier membre de la royauté à assister à un match de Football League de l’histoire.

Et alors le futur dans tout cela ? Après la septième place obtenue il y a deux saisons, les supporters pouvaient légitimement penser que leur club ferait tout aussi bien lors de l’exercice suivant. Hélas pour eux, Leyton Orient n’est jamais parvenu à grimper au-delà de la douzième position, après un début de saison où les O’s étaient même lanterne rouge. La tête sous l’eau, Orient a pu compter sur la classe de leur talentueux et remuant ailier de poche, Dean Cox, associé à l’expérience de Kevin Lisbie et de leur capitaine Matthew Spring pour se remettre sur de bons rails. Si cette saison ne restera sans doute pas dans les annales du club, Jamie, le supporter que nous avons eu la chance de rencontrer reste pour le moins optimiste :

« Je ne me fais pas trop de soucis pour le futur. Je pense même que d’ici 10 à 15 ans Leyton retrouvera l’élite du football anglais. Surtout si l’on joue comme on l’a fait l’an passé après notre fantastique épopée en FA Cup. »

Optimiste ou le cœur rempli d’espoir et la tête pleine de rêves ? Toujours est-il que les O’s, avec une moyenne d’âge à peine plus élevée que 24 ans, comptent beaucoup sur leurs jeunes pousses pour les années à venir. Si la tâche s’annonce sportivement difficile, il ne fait aucun doute que le club et ses supporters, soulagés d’avoir enfin trouvé une certaine stabilité financière, et de ce fait, retrouvé un peu de sérénité, feront leur maximum pour projeter Orient au premier plan du football anglais.

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