Son nom restera à jamais associé à la folle nuit stambouliote du 25 mai 2005. Jerzy Dudek a éclaboussé ses adversaires de son talent, en particulier Dida, le portier milanais de l’époque. Mais qu’en est-il de sa carrière, de l’avant, de l’après Liverpool ? A ces questions, je tenterai d’apporter une réponse. Mais je ne comprends pas le Wikipedia.pl.

Débuts prometteurs

Jerzy Henryk Dudek a des parents qui manquent de goût. C’est un fait et son double prénom accouche d’un pseudonyme les plus horribles de l’histoire du football : Jurek. Un mélange de Jurado et de Shrek. Et malgré ce lourd fardeau, Jerzy fait ses classes dans son pays natal à Concordia Knurów, en troisième division polonaise. Rien d’incroyable, si ce n’est qu’en 4 saisons, le futur héros des Reds établit un record national d’invincibilité : 416 minutes sans prendre de pion, soit près de 5 matchs. Pas mal pour un amateur, suffisant pour le GKS 71 Tychy pour le recruter. Il a 23 ans lorsqu’il y signe, ne restera qu’une saison en première division et n’aura que 15 matchs dans les jambes. Jerzy prend-il le melon avec son petit statut de star montante ?

1996, il rentre dans la cour des grands. Premièrement, il s’expose plus, beaucoup plus. En jouant en Eredivisie il jouit d’une image bénéfique dans un championnat où l’Ajax atteignait la finale de la Champ’s l’année même où il signait Feyenoord. Deuxièmement, malgré une première saison où il ne jouera aucun match, il sera titulaire dès ses débuts avec le club. Mieux, il restera LE titulaire indiscutable de son équipe et du championnat néerlandais : Jurek alignera 140 matchs consécutifs dans ses cages soit une addition à 12 600 minutes !

Grâce à ses performances, il connaîtra les joies de la sélection en 1998 mais glanera aussi quelques titres : un championnat (saison 98-99), la super-coupe des Pays-Bas (1999) et, à titre personnel, il sera élu meilleur goal des Pays-Bas en 2001. Il est le premier étranger à recevoir ce prix.

La consécration Reds

Après 5 ans dans la nation la plus endiguée d’Europe, Jerzy franchit un nouveau cap. Son plus grand pas dans sa carrière de footballeur. Celui qui marquera à jamais les esprits des Scousers de la planète. Les débuts furent pourtant difficiles et jonchés de contre-performances. Il est tout de même nominé par l’UEFA dans la catégorie gardien de l’année, aux côtés du grand Kahn et de l’agile Buffon. C’est pas rien. Titulaire indiscutable pour Gérard Houiller, Jerzy ne loupera que très peu de matchs sous la tunique rouge. Son premier titre sur les rives de la Mersey, il le chipera à Manchester United, the evilest devils, en Cup, l’année de la Coupe du Monde en Asie. Une année toute pourrie.

La prochaine ligne à son palmarès est unique : la Ligue des Champions, face au Milan AC de Chevtchenko. Pour de nombreux amoureux du club, la confrontation restera à jamais mythique, le match figurant en tête de nombreuses listes des meilleures parties jamais disputées. Le retournement de situation tient des meilleurs scénarios hitchcockiens, Jerzy n’y est pas étranger. Après avoir rapidement pris l’eau en première période, les Reds se ressaisissent et recollent à un 3-0 qui tournait au vinaigre. Mieux, dans les prolongations, l’Ukrainien Ballon d’Or 2004 échoue lamentablement à 2 reprises sur le portier polonais, à quelques mètres des cages et libre de tout marquage, en prolongations.

Les deux équipes se retrouvent alors aux tirs aux buts. Et le culot de Jurek peut opérer. Arrogant et respectueux. Des scènes assez uniques et insolites. Cette séance est certainement l’une des plus marquantes de ce début de siècle.

La Coupe remportée, les Reds avec Dudek glaneront encore trois titres (la supercoupe d’Europe, la coupe d’Angleterre et le Comunity Shield). Les deux dernières saisons du gardien seront moins riches en rebondissement, il se blesse un long moment et l’arrivée de Pepe Reina poussera Jerzy sur le banc de touche. Ce qui ne l’empêchera pas de revivre une finale Milan-Liverpool, mais le succès et l’envie n’étaient pas au rendez-vous.

La dégringolade Merengue

Fin de saison 2007. Plus titulaire à Anfield, et même plus sélectionné avec la Pologne. L’Euro 2008 se fera sans lui. Il a 34 ans, file gratuitement au Real et entame sa fin de carrière en tant que doublure de San Iker. L’Espagnol a d’ailleurs la fâcheuse habitude de ne jamais se blesser (normal, quand on assure ses mimines avec quelques millions d’euros par an). Jerzy croque quelques bouts de matchs par ci, d’autres par là. Quatre années plates où les bras de la sélection se sont à jamais éloignés. Sa carrière est terminée, il le sait bien. Et même si son activité madrilène frôle le néant, Jurek a pointé le bout de son nez en Champion’s League cette saison.

A 38 ans et sans plus aucun avenir, Jerzy rajoute pourtant quelques lignes supplémentaires à son CV. Et ce, sans même jouer. La classe.

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2 réponses

  1. deux pieds décollés dit :

    Zut, vidéo retirée. J’avais tellement envie de revoir « l’arrêt / corps en opposition » sur la frappe à bout portant de Shevchenko.
    Extraordinaire finale. J’ai un souvenir très net de Gerrard qui marque le premier but des Reds au début de la deuxième mi-temps, qui encourage son équipe et qui harangue la foule…

    Ce blog, que je découvre, est vraiment chouette.

  2. V4L dit :

    Aussitôt demandé, aussitôt mis à jour ! Tu peux de nouveau apprécier le sourire vicieux qu’il adresse à Shevchenko juste après son énorme loupé.

    Jerzy forever in my heart. Et merci de ton agréable compliment ;)

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