Cette citation, extraite de « Watt » de Beckett, explicite bien le fond de ma pensée et donc de l’article qui suit. Le développement suivant aura pour objectif d’essayer de clarifier la dite citation. Il est possible que je n’y arrive pas, mais comme on dit, quand on rentre de boîte sans avoir pécho la gazelle de Tanzanie (casse-dédi à Amidou) l’important c’est de se branler, euh pardon, d’essayer. Y touche y touche pas, l’important c’est de lire.
J’embraye – comme un symbole de Loeb, alors ouvre bien tes oreilles – de suite par une seconde citation extraite cette fois d’une pièce de théâtre de Tardieu intitulée « Un mot pour un autre » : « Mes trois jeunes tourteaux ont la citronnade ». On comprend facilement que le personnage parle ici de ses enfants qui ont la jaunisse ou la varicelle. Et pourtant, les mots employés ne sont pas du tout les bons. Et je fais exprès de ne pas contextualiser la citation. Les mots seraient donc bel et bien vidés de leur sens comme le titre de la pièce de Tardieu l’indique ?
Évidemment que oui, et nous allons prouver et expliquer pourquoi ce phénomène se retrouve dans le football et plus généralement dans le sport. Prenons des exemples criant de vérité mais aussi et surtout de bêtise : nous parlons actuellement du « génie » de l’attaquant du LOSC, Sow, des gestes techniques « hors-normes » d’Hazard, lui aussi joueur du LOSC, ou encore de « l’extraordinaire » Alo’o Efoulou. Je ne citerai pas les journalistes employant ces adjectifs, excepté X.Gravelaine qui a fait très fort pour Efoulou quand même. A se demander qui est le plus fou dans l’histoire. Entendons-nous bien, je ne remets aucunement en question le talent de nos joueurs de Ligue 1 qui a déjà bien trop de détracteurs qui se liguent contre elle. Comme un symbole d’Henry IV. Je pense que notre championnat est bien trop souvent décrié, cependant, il faut savoir raison garder comme dirait l’autre. Sow a éclaté la saison dernière, en effet, Moussa termine meilleur buteur de L1 avec vingt-cinq buts. Nous savons que la saison la plus dure et celle de la confirmation et pour le moment, il est empêtré dans un vrai-faux transfert avec Fenerbahce. Moussa n’a donc pas de quoi mousser, et nous pas de quoi se trémousser. Heureusement que Giroud de secours est là. Le même raisonnement s’applique avec Hazard qui est un jeune joueur talentueux mais qui est en train de prendre un boulard monstrueux. Ce qui est plutôt scandaleux lorsqu’on est belge. Mais ce n’est pas de sa faute, remercions le professionnalisme à outrance auprès des jeunes joueurs. Mais oui Eden ne change rien tu es le meilleur. Cela va lui faire drôle quand il va jouer pour un grand club. Le climat de béatitude dans lequel il vit actuellement ne lui facilitera pas la tâche plus tard. Espérons que Garcia prend son rôle de sergent au sérieux. Enfin, Efoulou ! Que dire à part qu’il a joué pour Nancy. Mathématiquement il ne peut donc pas être un joueur « extraordinaire », allo dans quel monde vit-on ? D’un côté, nous vantons exagérément nos joueurs et de l’autre nous crachons quotidiennement sur notre championnat, que dis-je, la Mère Patrie. Mais ça, c’est bien français.
Notons que l’excès est dans les deux sens donc. Rappelons que l’OM était enterré après un début de saison, il est vrai, catastrophique. Or, Marseille est revenu à la sixième place et peut tout à fait envisager le Taupe 3. Cet excès est un appât pour rameuter l’auditeur ou le téléspectateur. Seulement, la ficelle est devenue trop grosse et les maquereaux, pardon, les journalistes devraient parfois faire un effort d’imagination. C’est pourquoi les mots sont vidés de leur sens parce que soit mal employés, soit symboliquement forcés. D’où mon titre et les nombreux « comme un symbole » peuplant les articles de blogueurs. Alors maintenant la technologie via des palettes analyco-techniques viennent pallier ce manque d’imagination dans les « débats du jour » ou autre « question du jour ». Ainsi, nous pouvons observer que Taiwo ne s’est pas replacé ou que Cricri d’amour se l’ait joué perso. Merci la palette ! Des artistes je vous dis ces journalistes. Oui, je schématise, cette palette reste utile notamment au CFC lorsqu’elle analyse des mouvements tactiques d’ensemble. Mais rappelons que la technologie n’est qu’un moyen au service de l’homme et ne doit en aucun cas se substituer au bon sens et à l’effort critique de notre matière grise. D’autant plus quand les analyses ou les symboliques sont forcées. Il faut parfois accepter que cela aille mal dans le sport. Le joueur est un être humain qui peut souffrir de problèmes personnels, le club connaît des cycles, bref le football c’est un peu comme la vie. Malgré les sommes astronomiques, il faut parfois accepter le côté humain.







« Si les footballeurs et les chevaux eux-mêmes ont du génie, seul l’usage qu’on en fait peut encore vous permettre de sauver votre singularité, il résolut de prendre congé de sa vie pendant un an pour chercher le bon usage de ses capacités. »
L’Homme sans qualités (1933), Tome 1
Citations de Robert Musil
Salut Schuey,
Tout d’abord merci pour ton commentaire, je vais me renseigner de ce pas sur cet auteur ainsi que sur son oeuvre. Je me permets simplement de te rappeler qu’une citation n’a de valeur que contextualisée et expliquée (je cite mes anciens de profs de khâgne). A très bientôt sur le blog !
ok ok c’est vrai, mea maxima culpa.
Musil, est le James Joyce, le Marcel Proust pour nous teutons. Dans « l’homme sans qualités », son roman le plus connus, il utilise l’allégorie du « cheval génial » pour dresser un portrait sans concession de la société viennoise qui applaudis a tout rompre toute nouveauté, sans jamais contextualiser, sans recul…
Voila, c’est mieux ?
c’est parfait même !