Deuxième demi-finale pour nous sortir de la platitude de l’hégémonie espagnole, avec un alléchant Allemagne-Italie. Pour la première, c’est la compétition pour confirmer les bonnes recettes de Joachim Löw depuis 2006, et pour la seconde, instaurer durablement un nouveau visage à la Squadra Azzura avec Cesare Prandelli, à la tête de la sélection depuis seulement 2 ans. Seulement, les statistiques ne sont pas faites pour être démenties à chaque match, et si l’Allemagne marque bien à chacun de ses matchs depuis le début de l’Euro, la Mannschaft ne sait pas vaincre sa bête noire lors des grands rendez-vous.
Les buts
20′ Balotelli
36′ Balotelli
90′+2 Özil
L’Allemagne qui perd tout le temps
M. Neuer : rarement un Allemand n’aura été aussi brillamment exécuté par un homme de couleur. Ne pouvant rien sur les deux buts, il s’est amusé à revisiter le poste de gardien de but dans les derniers instants de la partie, version cour de récré. Sinon, des interventions précieuses et une cagade sans conséquences. 6
J. Boateng : le meilleur défenseur allemand ce soir est paradoxalement celui qui semblait offrir le moins de garanties à Joachim Löw. Très en vue offensivement, il a multiplié les centres et les décalages en rendant une copie plutôt propre défensivement. 6. Remplacé par T. Müller qui n’a pas apporté grand-chose. non-noté
M. Hummels : a rejoint l’Amicale des joueurs possédant un rein brisé sur le premier but italien. De la fébrilité tout au long du match et des tentatives sur coups de pied arrêtés avortées in extremis. En même temps, il faut toujours se méfier d’un joueur qui relance dans la course de Loïc Rémy. 3
H. Badstuber : violé par Marchisio à la 74′, il n’a jamais su trouver son rythme dans la partie, constamment dérangé par les courses de Cassano et Balotelli. Bad, really bad. 3
P. Lahm : Pas ça, Philip, pas après tout ce que tu as fait ! Pas cet alignement minable sur le deuxième but de Balotelli, pas ce plat du pied dégueulasse au retour des vestiaires alors que tu les mets au Bayern ! 4
S. Khedira : un match accompli, à l’image de son Euro. Virevoltant, notamment au cours de la première demi-heure, il est l’un des seuls Allemands à avoir donné l’illusion de pouvoir redonner l’espoir aux siens. Il peut sortir de l’Euro la tête bien haute et le buste bien droit. 7
B. Schweinsteiger : on ne sait pas si la pression l’inhibe complètement à chaque match très attendu mais Bastian n’a jamais semblé en mesure d’agir positivement pour son équipe. Chahuté par l’entrejeu italien, le milieu allemand a aussi perdu des ballons à 30 mètres de ses buts. Non, il n’était vraiment pas bien dans ses sandales et ses chaussettes… 4
T. Kroos : le joueur à la gueule de collégien a montré de bonnes choses dans le jeu mais son placement sur l’aile droite de l’attaque allemande a posé quelques soucis dans certaines phases de construction. De la volonté, une bonne frappe à la 13′ et quelques regrets. Mais il était là, lui. 6
M. Özil : sur la lancée de son match face à la Grèce, le meneur de jeu allemand a encore rendu une copie de haute facture, distillant caviars à volonté et décalages bien sentis. Auteur de quelques percées intéressantes, son problème est toujours le même : pourquoi cette frappe de poussin ? 7
L. Podolski : après un bon début de match, il s’est éteint comme si le match avait duré 90 minutes. Manque de bol, son match à lui a duré 45 minutes. 4. Remplacé par M. Reus, vif et inspiré sur l’aile droite, tirant notamment un coup franc cadré mais écarté par Buffon. 6
M. Gomez : un match où Mario Gomez ne marque pas est un mauvais match de Mario Gomez. 4. Remplacé à la pause par M. Klose, meilleur dans le jeu mais pas forcément plus efficace devant les buts. 5
Super Mario World
G. Buffon : mis à mal dans les premières minutes de cette demi-finale, super Luigi a conservé la sérénité dans sa défense. Et même sur le penalty de Mesut Özil, il plonge du bon côté. 7
F. Balzaretti : un roc, et la gueule du rockeur. Ne pas s’étonner s’il quitte Palerme après l’Euro pour un club plus huppé. Positionné dans le couloir droit, à l’opposé de ses habitudes, il aura plus brillé par sa prestance en défense que son aisance offensive (pas un seul centre, but sur hors-jeu). Un soutien essentiel des deux centraux. 8
A. Barzagli : fébrile sur ses premiers ballons, il est le talon d’Achille du pack de 4 de derrière. 5
L. Bonucci : une défense de fer s’accompagne toujours d’un manique du tacle. Et quand ce dernier le fait avec soin et propreté, alors les relances n’en sont que facilitées. 7
G. Chiellini : le Turninois revient dans le 11 de départ, mais surprise, à gauche toute de sa défense. D’où un match particulier : il a fait toutes ses passes au niveau du milieu de terrain, si ce n’est plus loin, et toutes ses interceptions dans la charnière centrale de sa surface de réparation. 6
D. De Rossi : il va sans dire que la Squadra ne serait rien sans Buffon et Pirlo, sur lesquels Prandelli s’est basé pour reconstruire la sélection. Mais à quoi ressemblerait-elle sans Daniele De Rossi ? Il incarne à la perfection le milieu de terrain polyvalent que cherchait le sélectionneur, harmonisant à la perfection l’équilibre entre la défense et l’attaque. 7
A. Pirlo : cinq passes loupées. Et les plus courtes. Un métronome avec une horloge nucléaire. 8
C. Marchisio : ce n’est pas une pierre angulaire du milieu, mais une donné essentielle, qui coïncide bien avec ceux qui le compose. 6
R. Montolivo : beaucoup moins en vue que contre l’Angleterre, Riccardo était l’un des premiers à accuser le peu de temps de récupération entre le quart et la demi. 5. T. Motta prend sa place à la 64′, pour renforcer l’entre-jeu italien et résister plus efficacement au surnombre allemand. 5
A. Cassano : il y avait Balotelli pour lui empêcher de faire un excellent match. 4. A. Diamanti le remplace à la 58′, peu en vue. 4
M. Balotelli : le doublé de l’Euro. 10. A. Di Natale rentre à la 70′ et rate ses deux occasions. non-noté
Alexandre & Valentin





