Un triste événement est arrivé cette saison, sans même que vous ne vous en rendiez compte. Un monument du PAF est tombé. Nous retraçons son calvaire.

6h30. Le réveil s’allume.

C’est deux mecs dans un plumard, 3h du matin. Y en a un qui pousse l’autre et lui dit « Dédé ?! Tu s’rais pas en train d’te branler ? ». Il lui  répond « si »; « bah tu s’ras gentil de faire ça avec ta bite » !

Je le coupe en grognant.

6h45. Le réveil se remet à sonner.

Il est 6h45, tout de suite après AC/DC les vieux talents du rire, avec un sketch d’Anne Roumanoff.

Merde, j’avais appuyé sur snooze et Rire et Chansons recyclait ses vieux fossiles. Je le coupe pour de bon. Impossible de me rendormir. Je m’assoie sur mon lit et j’allume la lumière.

La vieille lampe à abat-jour à pompons verts posée sur la table de chevet en bois de chêne éclaire toute la chambre désormais. Petite pièce exiguë au papier peint à l’effigie du Saint Etienne des années 70. Une fresque à mi-hauteur faisait le tour des 4 murs, répétant inlassablement les bustes de Jean-Michel Larqué, Dominique Rocheteau et Jacques Santini. Je saluais mentalement ces visages, à jamais juvéniles.

J’étais fracassé. Je traînais une gueule de bois mémorable. Une des pires, au même titre que celle après la qualification en finale de l’Inter sur la pelouse de Barcelone, en 2010. Sauf que cette fois-ci, je n’ai rien commenté. Et c’est bien ça le pire. Je ne commenterai pas la Ligue des Champions cette année. Un choc quand j’ai découvert l’attribution des lots télévisuels. Je me souviens encore de ma discussion avec François Pellissier.

Mais non François ! Tu peux pas nous laisser sans rien ! François ! François ! Ecoute moi, écoute moi ! Ce que tu fais, là, ce que tu fais, C’EST NUL ! Voilà François, c’est nul ! Si tu veux qu’on soit la risée, le Arles à Vignon de la Ligue des Champions et bien tu as gagné François ! C’EST-NUL !

Il est jeudi, il est très tôt et la deuxième journée de la Champion’s League avait eu lieu hier, sur deux chaînes concurrentes. J’étais le spectateur impuissant de la folie consumériste moderne. J’ai dû regarder ces chaînes qui me dégoûtent. Olivier Denis, l’habituel réalisateur de TF1, était venu chez maman, on a coulé un pack de 12 Kro et il est rentré à 4 pattes chez lui. Denis Brogniart ne pouvait pas venir, il était perdu quelque part dans les îles Samoa, pour Koh Lanta, dans la mer Méditerranée. J’écarte mes pensées, me glisse dans mes chaussons footix et mon peignoir Onze Mondial et je descends dans la cuisine.

Maman était allée chercher le courrier, mais impossible de savoir où elle avait bien pu passer. Bref, j’ouvre l’Equipe et je me dégoûte de voir encore du PSG en Une de ce pourtant si noble quotidien, qui donne du baume au coeur à tant de Français, d’ici ou d’ailleurs. Même pas quelques mots subtilement adressés à Léomessi ou au Barça. Rien. Que du fric parisien, ou plutôt qatari. Quelle honte. Avant d’attaquer plus en avant ma lecture, je me rends compte qu’il n’y a rien à manger. Rien dans les placards, et à peine 1 litre de lait dans le frigo. Il y avait une petite brique de lait-fraise orpheline sur une rangée du frigidaire. Je la descends illico presto. La poisse, il va falloir que je sorte acheter de quoi manger, ça et le mal de tête persistant. Je m’habille en vitesse pour aller à la boulangerie.

HEYHEY LUCIENNE ! Comment vas-tu ? Tu aurais quelques éclairs au chocolat en stock ? Ouais ? Super !

Tandis que ma bonne boulangère sélectionne 2 superbes pâtisseries, un autre éclair m’assaillit soudain, de génie celui-là.

Dis moi Lucienne, j’ai une anecdote marrante à te raconter. Tu savais qu’avant la Coupe du Monde 2010, les Bleus se préparaient à Tignes, et tous les matins, ils mangeaient des éclairs bio au chocolat-soja ? Hé bien accroche-toi, parmi eux, il y en avait un qui supportait pas la levure, c’était Lassana Diarra !

Pardon ?

Non, rien, merci pour les croissants au beurre !

Je me tire, énervé, avec une veine qui pulse sur ma tempe droite (« à droite Bacary ! A DROIIIIIIIITE ! »). Comme de vieux démons qui se réveillent, j’entends Jean-Michel dans ma tête, le cauchemar de 2010 se réveille, mais aussi celui de 2011, les chisteras, les chandelles… Sonnerie de portable. Je m’extraie de mes délires et je regarde qui m’appelle : Jean-Marc Morandini. Je décroche dès la première sonnerie.

Tac tac tac tac, to be continued…

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