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La Belgique, le pays du surréalisme. En football aussi. C’est bien connu, si vous cherchez une histoire footballistique farfelue, le Royaume de Philippe est votre laboratoire. De la première division nationale au dernier échelon provincial, des retournements incroyables sont possibles. Aussi bien sportivement qu’extra-sportivement.

Ouch. Ça faisait tout de même 12 ans que la Belgique patientait afin de décrocher un billet pour une compétition internationale. Ou, plus modestement, européenne. Depuis le mondial 2002, en Corée du Sud et au Japon, les Diables rouges n’avaient plus goûté aux joies de la qualification. Désormais, c’est oublié. L’erreur est réparée. Les Belges danseront comme des Gilles, sur le sol brésilien. Et ce, dès juin 2014. Une douce folie, certes. Mais n’oublions pas d’où viennent les heureux élus.

Nous étions forminables

En football, plus que partout ailleurs, la médiatisation est facile. De ce fait, en un claquement de doigts, vous pouvez faire la une des journaux. En bien, comme en mal. Depuis le début de la campagne qualificative, par exemple, les Diables rouges ont surfé sur une vague positive : « Génération dorée« , « Ces Belges-là peuvent aller loin« , etc. Ils en faut peu pour enflammer les Diables. Jeu de mots facile. Mais le public belge est, dans le fond, assez chauvin. Peut-être même plus que les Français. Aujourd’hui, la Belgique a tenu la dragée haute, durant sa campagne de qualification. Les habitants du Royaume peuvent être fiers de leurs protégés. Un contraste après des campagnes bâclées, foirées, des sélectionneurs de longues durées, un entraîneur-éclair ou un entraîneur sadomasochiste . Merci René Vandereycken.  Merci Dick Advocaat. Merci Georges Leekens.

Avant de pouvoir acclamer les joueurs belges, il est nécessaire de rappeler que l’on soutient une équipe, non pas pour ses résultats sportifs, mais bien pour soi, ses origines ou son pays de résidence ou tout simplement par amour. A la Radio-Télévision belge francophone, Philippe Albert, ex-défenseur de cette même nation, aujourd’hui consultant pour la chaîne télévisée, avouait hier : « Nous sommes, de nouveau, fiers de notre pays ». Ça pique aux yeux. Et si cette campagne qualificative avait été une débâcle ? Dénigreriez-vous votre nation ? Étrangement, beaucoup taisent le fait qu’il y trois, quatre années de cela, le stade national sonnait relativement creux. 2.000, 2.500 spectateurs, ça ressemble plus à une affluence d’une bonne équipe de deuxième division, plutôt qu’à une confrontation entre deux équipes nationales. Mais tout cela semble s’être envolé. Match à guichets fermés à domicile. Plus de 3.000 fans en déplacement. Prions pour que cette ferveur qui s’est emparée du peuple de Philippe Premier ne se volatilise pas à la première douche froide, venant rafraîchir des Diables en feu. Tous unis dans la victoire, la Belgique pourrait bien tout perdre dans la défaite… Souvenez-vous de la dernière décennie.

Ouilmotsse : un homme, un destin

Le pays avait bien besoin d’une qualification pour pouvoir à nouveau se situer sur une carte. Pour faire oublier une scission Flamand/Wallon. L’oubli des Germanophones. Mais bon, il faut le reconnaître :  c’est assez émouvant de parler, au boulot, des Diables à son collègue, comme on parle d’un « Classico » Anderlecht – Standard. Ou d’un Charleroi – La Louvière. Car oui, ça faisait une éternité que les discussions autour des Diables étaient mises au placard. Ce succès permet à la Belgique du football de revivre, de redonner des couleurs et de ne plus vivre dans un passé relativement lointain. « Mexico 86, Brésil – Belgique 2002, le but annulé de Wilmots« . Putain, ça nous fait des rides. A l’heure actuelle, chaque rencontre de la België se vit comme un événement. Toutes les villes, grandes ou petites, délabrées ou non, se réunissent pour suivre les Noir, Jaune, Rouge, sur écran géant. Ou sur un vieux poste crasseux retransmettant déjà le mondial ’82, dans un bar miteux, au café du coin. Mais si toi-même tu sais. Ces bars rétros « Chez Marius« , « La Guingette », « Le bon coin » et j’en passe.

Cette superbe campagne qualificative, les Diables la doivent à un sélectionneur affûté, rempli de valeurs. Il était évident que seul un homme qui a porté le maillot des Diables puissent coacher une équipe qui, jusque là, tournait en bourrique, se vautrait face au Kazakhstan, était la risée de son propre peuple. Marc Wilmots (Ouilmotsse, en belge – Vilmotsse, dans la langue de Molière) semble être un homme honnête. Une manière de parler bien à lui, un tutoiement étrange et pourtant si particulier. Faisant, sans aucun doute, son charme. Certainement pas l’entraîneur le plus intelligent, doctorat en ingénierie. Mais un homme sensible et passionné. Juste, aussi. Ses valeurs et son amour du maillot sont ce qui ont, également, permis à cette Belgique de se hisser pour les poules de la prochaine Coupe du Monde.

Brasil, lalalalalalalala…

Que dire de cette génération ? Sportivement parlant, l’effectif du Plat Pays regorge de talents. Leurs performances en club le prouvent. Sur la papier, des noms tels que Hazard, Lukaku, Fellaini, Vertongen, Benteke, Kompany ou encore Courtois rendent envieuses plusieurs nations. Mais l’idée n’est pas de s’étendre sur ces talents individuels. Aujourd’hui, les Diables rouges sont au Brésil. Avec des années de galères derrière eux. Aujourd’hui, c’est tout un pays qui fête cette qualification, que plus personne n’attendait. Le seul élément qu’il me semble intéressant de souligner est que les supporters belges doivent rester les pieds sur terre. Leur poule n’était pas la plus dangereuse. Le classement FIFA n’est qu’une vaste blague. Et la Belgique championne du monde reste, à l’heure actuelle, de la folie. Une utopie. A côté de cela, on aimerait des joueurs fiers de leur patrimoine, leur pays d’accueil. Chantez l’hymne, peu importe vos origines. Reste à voir comment les Diap’ évolueront face à des formations comme l’Espagne, l’Italie, le Brésil, l’Allemagne ou encore l’Argentine. Mais pour ça, on se donne rendez-vous en juin.

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