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Après Fabrizio Ravanelli et en attendant Guillermo Ochoa, l’AC Ajaccio (et la Ligue 1) a perdu l’une de ses stars cet hiver. Après une saison et demie mitigée, Adrian Mutu a quitté le navire corse en perdition pour rejoindre son pays à 34 ans. Retour sur le parcours insulaire du seul Roumain qui préfère faire la manche dans la surface de réparation plutôt qu’à un feu rouge.

Mutu Sochaux-Ajaccio

Lundi 27 août 2012. Adrian Mutu vient de signer à l’AC Ajaccio. Après une arrivée en fanfare à Campo dell’Oro – l’aéroport d’Ajaccio – l’international roumain ne tarde pas à se faire remarquer. En dehors des terrains bien sûr. A l’instar de Dennis Oliech qui avait avoué vouloir jouer l’Europa League avec l’ACA, Adrian Mutu voit grand dès sa première interview en lançant un défi à Zlatan Ibrahimovic « Je marquerai plus de buts que lui d’ici la fin du championnat ». La langue pendue, l’ancien de la Juve l’a également sur le terrain d’entraînement. Adrian Mutu souffre. Il faut dire que sa condition physique n’est pas au mieux et même tellement absente que Stéphane Paganelli, préparateur physique du club, avouera même que les tests du joueur étaient catastrophiques et qu’il n’avait jamais vu un footballeur autant à la ramasse. Des propos qui ne poussent guère vers l’optimisme. Pourtant, après quinze jours d’entraînement, Adrian Mutu plante déjà un but en amical contre Istres. La machine est lancée, le compteur-but va s’emballer. Du moins, c’est ce que l’on croit.

Un apport tactique et physique limité

Après une première saison en Ligue 1 où le meilleur buteur du club, Ilan, culminait à seulement 6 buts, l’AC Ajaccio comptait sur sa nouvelle recrue pour remonter au classement – des buteurs au moins. Mais à Ajaccio, Adrian Mutu n’est pas la star, la star, c’est l’équipe. Du coup, et c’est normal, Alex Dupont ne fait pas son équipe en fonction de son attaquant. Dans un club dont la priorité est avant tout de bien défendre, le rôle d’attaquant devient vite ingrat. Adrian Mutu a pu en faire l’expérience. Isolé sur les fronts de l’attaque dans un 4-3-3 défensif, Mutu évolue dans un autre registre qu’Eduardo. Alors que le Brésilien prend la profondeur, fait le pressing et travaille pour l’équipe, Adrian Mutu compte plutôt sur sa technique personnelle pour s’en sortir. De mémoire de tous, la technique d’Adrian Mutu est la plus belle jamais aperçue à François-Coty. Pour un club plus que centenaire, c’est pas mal. Mais cela ne suffit pas.

MutuRennesACA

De la solitude d'Adrian Mutu, ici envoyé au charbon contre Rennes

Pas beaucoup de ballons, beaucoup de tentatives, pas mal de déchets, Mutu est le plus souvent perdu aux avants-postes. Pire, son poids offensif semble se contenir dans la seule surface de réparation. Sur ses 11 buts marqués, 10 le seront dans la surface de réparation dont 4 dans les 6 mètres. La faute à un âge avancé qui ne lui permet pas de galoper tout le temps partout mais la faute également à ses coéquipiers, incapables de le trouver idéalement. Trop éloigné de Cavalli et compagnie, Mutu doit faire avec les miettes. Des miettes qui se résument souvent par des coups-francs et des pénalties, dont il est le tireur officiel. Ainsi, en 2012/2013, il inscrira 4 buts sur coups de pieds arrêtés. Autre statistique inquiétante quant à son impact et son importance dans le jeu en mouvement, Adrian Mutu n’aura marqué qu’un seul but sur une action construite. Trop peu pour un joueur de son calibre.

L’explication pour son manque de repli défensif, sa non-présence dans la construction et sa finition moyenne? C’est lui-même qui la donne « en défense il y a des joueurs de couleur forts physiquement, d’une force folle, très difficiles à dribbler. » Mais le véritable problème est ailleurs : Adrian Mutu n’a plus l’étoffe pour jouer tout seul devant. D’ailleurs, lorsqu’un autre attaquant est associé à lui, il tourne mieux, plus à l’aise à un poste de 9 et demi. Malheureusement, l’effectif de l’ACA n’est pas assez garni pour reconduire cette composition plus souvent. Finalement, Adrian Mutu est obligé de traîner son spleen devant.

Mais un sauveur quand même

Buts Adrian MutuLes 11 buts d’Adrian Mutu sous le maillot acéiste

Mi-renard des surfaces, mi-créateur, Adrian Mutu est à la croisée des mondes. Une position ambigüe et toute-puissante – oui, Mutu fait tout ce qu’il veut sur le terrain, même de voler les coups de pieds arrêtés à Cavalli – qui permet à l’ACA de sortir la tête de l’eau. 11 buts, c’est en effet le même nombre de buts que Lucas sept saisons auparavant. Grâce à ce total, Adrian Mutu est devenu le cinquième meilleur buteur de l’AC Ajaccio en première division, loin derrière Etienne Sansonetti et François M’Pelé, mais en une seule saison. Un nombre de buts qui aurait pu s’étendre à 19 si la malchance n’avait pas frappé le Roumain. En 28 rencontres, Mutu aura touché les montants à 8 reprises, soit le joueur le plus maudit de Ligue 1. Peu importe, avec ses onze réalisations, Adrian Mutu a marqué plus de 28% des buts de son équipe, quatrième pire attaque de Ligue 1 édition 2012/2013. C’est un fait, Mutu tire l’ACA vers le haut, en aimantant tous les ballons. Ainsi, toute l’équipe se repose sur sa technique et sur sa faculté à faire la différence tout seul. Sans lui, le club de la cité impériale serait descendu en Ligue 2 en mai 2013. Les 11 buts de l’ancien de Chelsea ont permis à l’ACA de récolter la bagatelle de 10 points, sachant qu’Ajaccio s’est maintenu pour 2 points, les calculs sont vite faits. L’ACA doit en partie son maintien à Adi.

ClassementButeurs Pro ACA

Mais le Roumain n’a pas seulement apporté son bagage technique. En débarquant en Corse, Adrian Mutu est venu avec sa grande expérience du football italien et son carnet d’adresse bien rempli. A la recherche de renforts à moindre prix, l’AC Ajaccio n’a pas hésité à solliciter son attaquant pour faire signer d’autres joueurs. Le premier à le suivre? Un Roumain bien sûr en la personne de Stefan Popescu. Un accord est trouvé avec le club d’Alain Orsoni mais la nouvelle pépite roumaine, qui a le même agent que Mutu, doit faire un détour par l’Olympique de Marseille et sa CFA2. En juin 2013, Popescu peut enfin poser ses valises à Ajaccio. L’été 2013 d’ailleurs, c’est le temps pour Mutu de réactiver ses contacts. Auprès du coach italien Fabrizio Ravanelli, Adrian Mutu joue les entremetteurs et finit de convaincre les joueurs du Calcio de le rejoindre. C’est le cas de Denis Tonucci, qui appartenait en copropriété à Cesena, la dernière équipe de Mutu. Grâce à deux de ses stars, l’ACA se renforce. Du moins sur le papier.

Un mauvais rapport avec ses entraîneurs

Adrian Mutu n’est pas un tendre. Il a son caractère bien trempé. Bien à lui. Un caractère qui qui l’a poussé à critiquer des journalistes qui avançaient une rumeur de mésentente entre lui et Fabrizio Ravanelli « Je ne suis pas en conflit avec Ravanelli, comme cela a été écrit dans les journaux en Roumanie! Invention d’un journaliste avec un doctorat en stupidité ! ». Mais était-ce vraiment faux? Pas forcément, si l’on en croit les rapports conflictuels entre Adrian Mutu et les quatre entraîneurs côtoyés en une saison et demie. D’Alex Dupont à Christian Bracconi en passant par Albert Emon et Fabrizio Ravanelli, aucun d’entre eux n’a mis l’attaquant sur un piédestal. Et c’est peut-être cela qui n’a pas plu au joueur. Retour à l’été 2012. Adrian Mutu vient de signer. Stéphane Paganelli, préparateur physique de l’époque, aujourd’hui à Montpellier, ne met aucune zone d’ombre sur la motivation du nouveau. « Très impliqué », « motivé » à l’entraînement, Adrian Mutu se fond dans le moule du club. « Il y a une bonne relation entre le staff et les joueurs, et ça vaut aussi pour Mutu. On travaille dans la bonne humeur » avance même l’adjoint de Dupont. Des débuts encourageants que l’entraîneur principal va vite nuancer. Dans Tribune OL, le programme d’avant-match de Lyon, Alex Dupont revient sur l’arrivée de Mutu « Disons que l’adage « pour vivre heureux, vivons cachés » n’était plus d’actualité » lance t-il alors que celui-ci n’a pas encore joué la moindre seconde sous le maillot rossubiancu. L’ACA n’avance plus caché. Alex Dupont n’est pas heureux. Et continue d’assassiner son joueur dans la presse. Début décembre 2012, dans France Football, l’ancien-néo brestois se lâche « Adrian Mutu peut et doit faire mieux. Il a un égo surdimensionné. » Pas complètement faux lorsque l’on lit les déclarations du Roumain dans le même article. « Sur le terrain je suis sûr de moi, de ce que je peux donner. Un joueur doit toujours penser qu’il est le meilleur. Si je pense pouvoir devenir l’un des trois meilleurs de Ligue 1? Parce que je ne le suis pas? Je pense que je suis le premier et Ibra le deuxième. » s’était-il en effet vanté.

Alex DUPONT / Adrian MUTU

Malheureusement pour lui, Alex Dupont ne pourra pas se plaindre plus longtemps. Le 17 décembre, l’entraîneur est limogé à cause des mauvais résultats mais surtout à cause d’une fronde des tauliers du vestiaire, qui ne supportent plus le technicien breton. Y compris Adrian Mutu qui ne prenait même plus la peine de saluer son entraîneur et avec qui le dialogue était rompu depuis plusieurs semaines. Le lendemain du licenciement de Dupont, quand le président Alain Orsoni prend la parole dans le vestiaire face à ses hommes, un seul absent est à déplorer : Adrian Mutu, parti en voyage en Roumanie pour 3 jours, sans explication. Quelques jours plus tard, sur RMC, c’est au tour d’Alex Dupont de s’exprimer. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y va pas par 4 chemins pour décrire son ancien joueur. « A son arrivée, Mutu n’était pas dans le coup physiquement et ne nous a pas apporté ce qu’on attendait de lui. Je l’ai peut-être mis sur le terrain un peu trop vite. Quand on recrute Mutu, on pense ramener un plus dans l’équipe. Je ne peux pas non plus tout accepter. Au niveau de ses attitudes et de son comportement, c’était largement insuffisant. Au niveau de son état d’esprit, c’était un peu compliqué. » s’énerve t-il. Ambiance.

« Au niveau de ses attitudes et de son comportement, c’était largement insuffisant. Au niveau de son état d’esprit, c’était un peu compliqué. »

Avec le successeur Albert Emon, le courant ne passera pas forcément mieux. Emon est en marge. La relation entre les joueurs et l’entraîneur est mauvaise. Et s’il marque 8 buts en 16 matchs sous les ordres de l’ancien marseillais, Mutu ne regrettera pas le départ de celui qui n’aura pas la foi de continuer en Corse, lassé par l’ambiance quelque peu gangrénée du vestiaire acéiste. Au mois de juin, Albert Emon cède sa place sur le banc à un autre ex-olympien, Fabrizio Ravanelli. Un mec qui connaît la Série A sur le bout des doigts et qui a côtoyé pas mal de grands joueurs pendant sa carrière. Mais, comme tout le monde le sait, sa première expérience de coach principal ne sera pas une réussite. Si les bons résultats ne seront pas à la clef, la gestion du cas Mutu non plus. Après une préparation physique tronquée mais réussie lors de laquelle il perd plusieurs kilos tout en gagnant du muscle, Il Fenomeno prend part aux six premières journées de Ligue 1 en tant que titulaire pour un total de … 0 but. L’occasion pour l’entraîneur de revenir sur les prestations en dents de scie de son attaquant « Si on joue à un attaquant, on a besoin d’un joueur qui a la capacité de chercher les espaces et la profondeur. Adri le fait certaines fois, mais pas souvent. Il est toujours performant quand il y a quelqu’un à côté de lui. Il fait alors un bon boulot. » Problème : Ravanelli ne fait jouer son équipe qu’avec une seule pointe, résultat, Adrian Mutu est plus souvent invisible que décisif. Du coup, Briliantul se retrouve sur le banc. La faute également à un laisser-aller à l’entraînement que Penna Bianca n’a pas manqué de souligner  « La place se gagne aux entraînements. Adri doit faire beaucoup d’efforts comme tout le monde. » Des encouragements ou des reproches voilés? La deuxième hypothèse semble être la plus plausible sachant qu’Adrian Mutu ne rentrait pas les plans de Ravanelli. Le Roumain faisait même partie d’une short-list sur laquelle le renard argenté avait gribouillé les noms de ceux qu’il voulait voir partir. Au final, c’est l’entraîneur qui partira avant l’attaquant.

Orsoni et Mutu

Et chez Alain Orsoni alors? Le retournement de veste est de mise. Il ne pouvait en être autrement face au comportement du natif de Calinesti. Alors que dans l’équipe du 2 mai 2013 il déclarait « il a apporté beaucoup à l’ équipe. Il mobilise les défenses adverses. C’est un plus au niveau du groupe : pour beaucoup de joueurs c’est une référence de pouvoir jouer avec lui », le successeur de Michel Moretti est vite revenu sur ses propos sur le forum officiel de l’AC Ajaccio le 19 décembre  avec une réponse à un fan dubitatif « Excellente question sur les sanctions à prendre contre un joueur qui ne remplit pas son contrat… Absences répétées à l’entraînement, blessures imaginaires, hygiène de vie déplorable… Sachez que le monde du football est un monde de fous hyper protégé. Nous n’avons quasiment aucun recours dans ce cas. Nous pouvons ne pas payer la journée de travail où le joueur ne s’est pas présente et basta. Les lettres recommandées et autres avertissements ne sont que les préludes à un éventuel licenciement très difficile à obtenir. Si le joueur arrive à l’entraînement avec la gueule de bois, il peut toujours dire qu’il est malade… » Les dirigeants regretteraient-ils l’expérience Mutu?

Chicha et compliments

Si les dirigeants sont unanimes dans la critique de Mutu, les joueurs qui l’ont côtoyé le sont tout autant… mais dans l’autre sens. Pour cela, il suffit de leur demander ce qu’ils ont pensé du Roumain. Ils sont dithyrambiques. A commencer par les jeunes. Si aujourd’hui Andy Delort cartonne à Tours, Adrian Mutu n’y est pas pour rien comme l’avoue le joueur « Juste en le regardant jouer, j’apprenais énormément. Il me donnait des conseils au niveau du placement. Il m’avait pris sous son aile ». L’entente était tellement bonne et cordiale entre les deux attaquants que le Roumain a même proposé un contrat en or à son chouchou dans le plus grand club de son pays, au Steaua Bucarest. Un contrat qui restera seulement au stade des discussions entre les deux. Autre jeune issu du centre de formation et même son de cloche pour Claude Gonçalves pour qui les conseils du grand Mutu étaient également précieux. « Il me conseillait pour mes déplacements, et lorsqu’il fallait que je change de jeu » enchérit le milieu de terrain.

Adrian Mutu

Celui qui s’est vu offrir une chicha (de décoration bien sûr) par Carl Medjani à son arrivée n’avait que des amis au sein du groupe acéiste, bien qu’il ait vite demandé d’avoir une chambre seul lors des déplacements. Peu importe. Les compliments fusent de partout. « Un bon mec dans le vestiaire, il était plutôt tranquille. Même en dehors ce n’est pas quelqu’un qui se prenait la tête » pour Ricardo Faty, « un modèle, un grand attaquant je suis très fier d’avoir joué avec lui » pour Andy Delort, « certainement un des joueurs les plus connus avec qui j’ai joué » pour Felipe Saad. Bref, pas le joueur décrit par ses entraîneurs successifs mais plutôt un mec cool, qui n’était pas le dernier pour déconner comme le prouve Felipe Saad « Il embêtait souvent Andy Delort et s’entendait également bien avec Cavalli. Il me chambrait souvent concernant ma façon de m’habiller aussi ». Adrian Mutu serait-il donc un gendre idéal et irréprochable ? Pas tout à fait. Car comme tout grand joueur, l’attaquant a un (sale) caractère. Il était aisé de s’en rendre compte sur le terrain lors des ses matchs avec ses coups de gueules, ses grands gestes des bras et ses cartons jaunes pour contestation. Pour le confirmer, il ne manquait plus que l’avis de ses anciens coéquipiers. C’est désormais chose faite avec un Ricky Faty qui balance « Au début, il est un peu arrivé sur ses grands chevaux. Après il y a eu du mieux mais c’est vrai qu’il était relou par moment sur le terrain » tout en nuançant « mais ce n’était pas méchant » alors que pour Andy Delort, Adrian Mutu « est un grand joueur avec un état d’esprit de gagneur et un râleur. » Une ambiguïté qui est le propre des grands footballeurs. Adrian Mutu en est un.

Cuite(s), zéros et selfies

Après une première saison ponctuée de 11 buts, Adrian Mutu est forcément très attendu pour sa deuxième année en Corse. L’ACA compte sur lui pour se maintenir et pourquoi pas prendre une nouvelle dimension. Mais tout le monde va vite déchanter. Sur le terrain et en dehors, il va vivre six mois calamiteux entre mutisme offensif, blessures diplomatiques et annonces fracassantes. En 2013/2014, Mutu ne se contente plus de s’octroyer trois jours de vacances supplémentaires après les fêtes de Noël, d’avoir des week-ends prolongés à Belgrade ou de s’absenter en pleine semaine et de rater un match – comme il l’avait fait contre Saint-Etienne – en prenant comme excuse « Si j’avais su que l’on jouait dès le vendredi soir, je ne me serais pas absenté ». Non, en 2013/2014, il passe à la vitesse supérieure. Celle de se bourrer la gueule à L’Alba Nova avec son compatriote Popescu juste après une magnifique défaite 3-1 à domicile contre Valenciennes. Une escapade nocturne qui vaudra aux deux joueurs une mise à l’écart pour le match suivant. Si Adrian Mutu enquillait les buts à côté, personne n’aurait rien dit. Sauf que son compteur restera bloqué à 0. 9 matchs, 7 titularisations, 634 minutes jouées, 20 tirs, 6 cadrés, 10 hors-jeux et donc 0 buts.

Adrian MUTU
"Regarde Stefan, tu la vois la cuite à l'Alba Nova là-bas?"

Si l’on ajoute à cela une attitude hors du terrain pas des plus professionnelles, une multitude de selfies pris dans sa voiture tous les matins puis publiés sur les réseaux sociaux et des blessures diplomatiques, au dos notamment, les supporteurs de Timozzolu et d’ailleurs en ont vite eu marre de leur messie de la saison précédente. Certains réclament son départ, d’autres veulent lui donner une nouvelle chance mais c’est Adrian Mutu, lui-même, qui va statuer. Le 24 novembre 2013, il annonce sur Twitter et Facebook qu’il quittera l’ACA pour rejoindre le Petrolul Ploiesti en prêt alors qu’au club, personne n’est au courant. A partir de là, plus aucunes traces de Mutu. Déjà disparu des onze titulaires depuis le 2 novembre et l’épisode Valenciennes, le Roumain ne réapparaîtra plus sous le maillot rossubiancu, n’ayant plus la confiance de Christian Bracconi. Le nouvel entraîneur préfère laisser sa chance aux jeunes plutôt que de relancer un vieux. De toute façon, Adrian Mutu ne veut plus s’emmerder avec Ajaccio. Et vice-versa. Ainsi, semaines après semaines, le nom de Mutu apparaîtra irrémédiablement dans la colonne des blessés. Rien que pour lui, il aurait fallu créer la case « blessure diplomatique ». Sa « blessure » au dos l’éloignera tranquillement des terrains et des feuilles de match jusqu’au mercato hivernal, Bracconi se faisant un plaisir, de son côté, de « laisser au repos » son attaquant.

Bretagne, République Dominicaine ou Roumanie?

Mutu présenté dans un stade Ilie Oana rempli de supporteurs en folie et de journalistes affamés

Problème, le pharmakon Mutu se fait tellement discret qu’on le perd de vue à Ajaccio. Et pour cause, il est parti en vacances en République Dominicaine, la patrie de sa femme, Consuelo. A l’orée du déplacement en Coupe de France contre Quimperlé, Christian Bracconi le fait remarquer dans L’Equipe à base de quelques déclarations chocs « Je pense qu’il passe de bonnes vacances. Sur Twitter, on n’a pas mal de photos donc tout va bien… Son départ est en cours de finalisation. En tout cas, il ne figure plus sur ma liste de joueurs ». La fin du calvaire a une date : le 14 janvier 2014. C’est ce jour-là qu’Il Fenomeno est présenté, en grandes pompes, dans son nouveau club, le Petrolul Ploiesti. Lors de sa conférence de presse précédant sa signature de contrat, Adrian Mutu lâche ses derniers mots pour l’AC Ajaccio. En guise d’adieu. « Je ne veux plus jamais jouer à Ajaccio. Je ne peux pas faire ça. Cette équipe perd tout le temps! »

Et si la plus belle perte de l’ACA était celle de Mutu et de son salaire de 70 000 euros par mois? En tout cas, de son côté, l’attaquant peut se remettre à rêver d’une nouvelle sélection en équipe nationale. (Mu)Tout le monde est content.

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