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Il nous manquent. Ils nous manquent ces attaquants qui trouvaient toujours un moyen de surprendre les défenses adverses par leur placement, leur roublardise et leur sang-froid devant les cages. Le renard des surfaces c’était un style à part. Ce n’était pas le joueur le plus élégant, mais qu’importe, lui, son objectif ce n’était pas de faire du beau, il s’appliquait surtout à marquer des buts… la condition première pour gagner dans le football.

Le renard et le football moderne

Actuellement dans le football, la référence ultime reste le Barça de Guardiola qui a imposé une vision et un style basé sur la possession, pressing et la construction du jeu. C’est une physionomie que le jeu du renard aurait cassé pour plusieurs raisons. D’abord le pressing, c’est un travail d’équipe : on vient harceler l’adversaire en bloc afin qu’il n’ait que peu de solutions et par la même occasion lui imposer de jouer là où on le souhaite.

Dans cette démarche, le premier à presser serait l’attaquant qui viendraient gêner la relance du défenseur constamment, et l’obligerait donc à balancer une transversale lointaine quelconque pour se débarrasser du ballon qui devient une bombe entre ses pieds. Pour ce qui est de construire le jeu et de la possession, il faudrait que l’attaquant décroche assez bas pour venir proposer de nouvelles solutions afin de participer à la construction du jeu et ainsi garantir une plus longue conservation du ballon.

Donc, pour revenir à notre sujet, avoir un renard des surfaces dans son équipe équivaut quasiment à la perte d’un joueur dans les tâches défensives citées plus haut. De plus, au vue de leur bagage technique assez réduit (pour la plupart), ils ne peuvent venir décrocher très bas comme le font Messi, Rooney, Benzema… pour ne citer qu’eux.

Il est tout à fait inconcevable de voir Inzaghi redescendre au niveau du milieu de terrain afin de tenter une percée en éliminant plusieurs joueurs. De toute manière, il n’a ni la technique ni la vitesse requises.

Le nouveau profil d’attaquant

Au vue des conditions désormais imposées, l’attaquant doit être plus polyvalent, il doit être capable d’éliminer, de décrocher et donc de passer plus de temps en dehors de la surface de réparation, pourtant son terrain de prédilection.

Désormais, existent deux catégories d’attaquants : les pivots et ce qu’on pourrait appeler les attaquants «modernes ».

Les premiers, contrairement à ce qu’on pourrait le croire, participent à la construction du jeu en servant de point d’ancrage à leurs coéquipiers, et leur permettent de progresser vers le but grâce à un jeu à base d’appui-remise.

Enfin les seconds participent pleinement au jeu en venant décrocher loin de la surface de réparation, ou même en partant de très bas pour mener une attaque placée. Ainsi les attaquants modernes sont très en vogues, on ne compte plus les Aguero, Benzema, Van Persie, David Villa, etc…

Leur particularité est qu’ils sont très à l’aise techniquement, étant donné que le pressing est le mot d’ordre dans le football actuel, leur technique et vision de jeu sont donc indispensables pour trouver des solutions dans les petits espaces.

Pour ce qui est de leur polyvalence, Villa a joué durant sa première saison en tant qu’ailier gauche à Barcelone, Benzema a déjà été testé sur le côté au Real Madrid ou même en retrait derrière un attaquant en équipe de France tandis que Rooney s’est retrouvé dans un rôle de milieu relayeur l’an dernier, en Ligue des Champions. On est très loin donc du renard qui joue principalement dans le dos de la défense, et qui se débrouille par ses déplacements incessants pour ne pas se retrouver en position d’hors-jeu.

Même s’il persiste quelques exceptions, comme Mario Gomez, qui semblent avoir les mêmes caractéristiques qu’un « attaquant à l’ancienne » , la disparition des renards des surfaces devraient être la suite logique d’un travail déjà commencé par Del Bosque et Guardiola.

La déclinaison de l’attaquant en milieu de terrain

En faisant jouer Messi dans l’axe, Pep Guardiola entamait une révolution dans le football, il a supprimé totalement le poste d’attaquant de son équipe. L’œuvre de l’ancien coach barcelonais consistait à mettre des milieux de terrain dans tous les secteurs de jeu, ainsi Mascherano et Busquets ont déjà joué en défense central et Fabregas s’est déjà retrouvé en position d’avant-centre.

Guardiola explique cette obsession  : « Le milieu de terrain est le centre névralgique de l’équipe. Les milieux sont des joueurs intelligents, qui prennent la plupart des décisions dans un match. Pour pouvoir décider, il faut d’abord comprendre. C’est ce qu’on leur demande également. En plus, ce sont eux qui se sacrifient le plus sur un terrain, de par leur position au cœur de l’action. Toutes ces qualités en font logiquement des joueurs polyvalents, capables de s’adapter à toutes les positions. »

Le fait de placer des milieux en attaque semble être l’aboutissement du projet de Guardiola : il brouille les références des défenseurs et les empêchent d’avoir un marquage fixe, obligeant Mourinho de faire monter Pepe au milieu de terrain pour marquer Messi dès le départ des Clasicos 2011.

Si tu arrives à priver l’adversaire pleinement du ballon, il devient totalement inoffensif. D’où cette idée de placer Fabregas en attaque : le milieu de terrain est capable de garder le ballon plus longtemps et d’étouffer son adversaire lorsque celui-ci l’intercepte. Le prototype du milieu attaquant semble être David Silva et Lionel Messi, qui ont des profils de milieu à la base mais, par leur polyvalence, ont su ou pu (dans le cas de l’Espagnol) se muer en attaquant. Pour rappel, lors de l’exercice 2011-2012, le Citizen marque à 15 reprises et délivre 27 passes décisives.

Dans quelques années, probablement les attaquants se formeront sur ce modèle là, et les derniers attaquants « à l’ancienne » disparaîtront, comme le poste de numéro 10.

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