L’idée d’article a quelques jours. Ou plutôt quelques nuits. Perdu dans les méandres du net à une heure tardive, entre YouTube et des forums lyonnais (il est toujours bon de rire), je tombais sur une vidéo de Nice – Lyon, 32èmes de finale de Coupe de France, rencontre évidemment retransmise par France Télé. Cette vidéo n’avait aucun contenu footballistique, à moins de compter les analyses de Gravelaine. Non, vraiment aucun.
C’était plutôt un hommage. Une compilation, comme on peut en voir à propos des joueurs. Comme on compile les buts de Raùl, les crochets de Messi ou les ratés de Bakayoko, un internaute a compilé toutes les déclarations d’amitié de Gravelaine pendant ce Nice – Lyon. Et ça dure presque cinq minutes.
Vidéo divertissante n’est-ce pas ? Mais facilement oubliée, noyée dans le flot d’expressions délirantes qu’apprécie Xavier Gravelaine.
Puis vint la finale de Coupe de France. Plus que par la défaite de Paris, j’ai été fasciné par la performance du consultant star de la chaîne publique. Des amis, Xavier voyait des amis partout ! « Nos amis lillois », « nos amis parisiens », « notre ami -nom d’un joueur-« , « notre ami -nom d’un truc vivant sur Terre, humain ou pas-« . Et tout psychologue de comptoir le sait : l’obsession est un trouble psychologique, et peut s’apparenter à une maladie. Vu qu’on est tous doctorant en psychologie à la rédac, je me permets d’approfondir. Théories.
Manque d’affection
Les deux dernières décennies de Xavier Gravelaine humilient Lance Armstrong. Si l’Américain a gagné sept Tour de France, il n’a jamais couru vingt ans de suite comme l’a fait le Français. De Pau à Istres, en passant par Paris, Monaco, Marseille, Guingamp, Strasbourg, des détours à l’étranger par Watford et Sion…même devenu entraîneur-manager, Xav’ ne s’est jamais arrêté. Une relégation avec Istres, deux mois à Nantes et une autre relégation avec Guingamp. Depuis mai 2010, finies les pelouses. Gravelaine officiera exclusivement des tribunes, en tant que consultant, un job qu’il a commencé en 2005. Mais son poste télévisuel ne lui assure pas non plus une stabilité. Florent Gautreau, Thierry Adam, Denis Balbir et enfin Fabien Levéque. Quatre compères commentateurs en six ans. Comme un inspecteur de police dont les seconds meurent les uns après les autres, comme un enfant qui déménage inlassablement au rythme des mutations de son paternel, Xavier n’a jamais connu très longtemps le même environnement. Impossible alors de créer des liens, de se faire des amis. Impossible d’obtenir la confiance de qui que ce soit. Ainsi le natif de Tours multiplie les appels. Il veut être entendu, être secouru. À l’instar de sa carrière sportive, ses performances de consultant sont en dents de scie. Un coup génial, la fois suivante banal, il tranche avec son collègue Fabien, régulier dans le quelconque. Étoile montante du « consultantisme » français, il devrait continuer sa carrière sur France Télé et se faire de vrais amis. Laurent Luyat a le profil parfait.
Version démoniaque
Toujours le manque d’affection, côté maléfique. La rancune tenace, Xavier en veut à la Terre entière de l’avoir rejeté, club après club, même lorsque ce fut à sa demande. 29 ans en 1998, il a regardé Bernard Diomède et Stéphane Guivarch gagner la Coupe du Monde. Inacceptable. Treize ans plus tard, Xavier a encore la haine et le poignard aiguisé. Gentil en apparence, il cache en réalité derrière ses cernes des nuits blanches indispensables dans son plan machiavélique : détruire France 98. Un soir de novembre 2010, il se rend dans un hangar désaffecté de la région parisienne. Il a donné rendez-vous à Momo, un pote de biture. Il prend l’enregistrement puis s’empresse de le placer sous l’oreiller d’Edwy Plenel. Le boulot est fait. Quelques jours et le rebelle Emmanuel Petit s’incline devant Zidane, Dugarry se ridiculise, Lizarazu s’indigne pendant que Thuram donne un peu plus de crédit à Patrice Evra : « Il ne suffit pas de se balader avec des livres sur l’esclavage, des lunettes et un chapeau pour devenir Malcolm X ». La première étape du plan achevée, Gravelaine continue son opération de séduction des futurs Bleus. Ses amis. Lorsque la France sera championne d’Europe en 2016, Xavier sera prêt à prendre la tête du lobby. Le nouveau Henri Émile, assurément.






