Guardiola est dans le flou, communsymbole.
Et ils l’ont fait. Ou plutôt, il l’a fait. Trois matches auront suffi à José Mourinho pour enrayer la machine barcelonaise. Certains crient déjà au scandale, « le Real est moche ». Oubliant une première période à l’avantage des Madrilènes, une première période où le pourcentage de passes réussies par les Catalans a été indigne de leur réputation. Surtout, une première période où le Real a su répondre défensivement et offensivement, dominant son adversaire dans l’entre-jeu. Quand les Merengues inquiétaient le fantasque Pinto, David Villa et Pedro cherchaient encore à se racheter d’une performance fantomatique au Bernabéu quelques jours plus tôt.
La deuxième période a vu le Barça sortir de son sommeil. Le Real, semble-t-il fatigué, a plié face aux assauts répétés de Catalans plus vifs et plus précis. Casillas a assuré et les joueurs de la capitale n’ont pas rompu. Pour finalement l’emporter durant la prolongation, sur une tête de Cristiano Ronaldo, évidemment. Première Coupe du Roi depuis dix-huit ans, premier titre depuis trois ans.
On dit souvent Mourinho et le Real arrogants. Notamment dans leurs déclarations. Pour défaire le Barça, Mourinho a renié le style du Real et l’a transformé en une forteresse, prête à contre-attaquer à la moindre défaillance adverse, comme il l’avait fait avec l’Inter. En face, Guardiola et le Barça sont restés dans leur schéma, ne changeant rien par rapport au précédent clasico. Assez confiants pour battre leur adversaire en conservant la même tactique, qui les avait pourtant mis en danger samedi dernier. Certes, le Barça respecte ses idées, son style de jeu, son histoire. Le Real de Mourinho face au Barça est sale. Pas beau, pas joueur, juste efficace. Mais hier, le titre a pris pour destination la capitale. Et l’arrogance, qui était plus proche de la Catalogne que de Madrid, risque de mettre en danger les ambitions européennes d’un Barça dont la suprématie nationale a pris un coup. Le doute, si présent dans les esprits madrilènes avant le clasico comptant pour le championnat, hante maintenant Guardiola et ses hommes.
Les anti-Barça avaient proliféré en 2009, l’année du sextuplé catalan. Aujourd’hui, c’est le Real et plus particulièrement Mourinho qui subissent une fronde. Les anciens du Real, les médias, tous s’abattent sur l’entraîneur portugais, déçus par la réponse du Real au Barça. Une réponse jugée trop défensive, pas assez ambitieuse. Comme si le Real pouvait rivaliser dans le jeu avec son adversaire catalan. Plus qu’une critique injuste, Mourinho est l’objet d’une critique aveugle. Le « Special One » n’est pas un inventeur. Il n’innove pas. Il a simplement réussi à battre deux années de suite une des meilleures équipes de tous les temps. Et ce, avec deux clubs différents, en transformant des joueurs. Sneijder et Milito ne sont plus les mêmes depuis le départ de José, Pepe et Marcelo sont passés dans une autre dimension depuis son arrivée.
Comme tout coach conscient de la différence de niveau entre le Barça et le reste du monde, Mourinho a essayé de trouver la meilleure parade au dispositif catalan. Et comme tous, il n’a trouvé qu’une solution : la contre-attaque. Il y a un an, l’Inter de Mourinho éliminait le Barça en demi-finales de la Ligue des Champions – avec une énorme victoire 3-1 à l’aller, ne l’oublions pas -. Hier, le Real de Mourinho l’emporta en finale de Coupe du Roi, face au Barça encore. Face à Guardiola encore. Celui à blâmer, n’est-ce pas plutôt Guardiola, qui connaissait déjà les options choisies par Mourinho et qui n’a pas su mettre en défaut le coach portugais ? Pep n’a modifié aucun aspect de son équipe, si ce n’est remplacer Puyol, blessé, par Mascherano. Et à force d’affronter le même dispositif, les Madrilènes se sont habitués. Aux déplacements, aux dédoublements, aux dribbles. Chacun a peaufiné son rôle, notamment Pepe, placé devant la défense samedi, et bien plus haut hier, afin de gêner au maximum les relations Busquets – Xavi – Iniesta. Encore une trouvaille tactique du « Mou ».
« Le Real de Mourinho, c’est ça » disait Christophe Josse en cours de match, prouvant une fois de plus que les commentateurs français sont en-dessous de tout, et clairement pro-Barça. Josse avait oublié de noter que le Real de Mourinho face à une autre équipe, c’est autre chose. Les performances contre Lyon et Tottenham à domicile sont de bons exemples. En poules, le Real a été la troisième meilleure attaque de la Ligue des Champions, devançant même le FC Barcelone. 3-0 contre Lyon, 4-0 contre Tottenham. Les quatre grands championnats confondus (Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie), le Real est la deuxième meilleure attaque, 73 buts, treize de moins que le Barça. Certes, il est regrettable que Mourinho ne propose pas une opposition joueuse. Mais un 5-0, ça suffit sûrement pour calmer de telles ardeurs. En écrasant leurs rivaux en novembre, les Catalans ont signé pour des clasicos plus tactiques que joueurs. À eux de s’en sortir : les Madrilènes ne joueront pas plus les deux rencontres restantes.




Autant Josse est un incompétent notoire, tout juste bon à commenter la Coupe de la Ligue avec Daniel Lauclair, autant Denoueix même s’il ne cache pas son admiration du Barca parvient à être objectif.
Il répète depuis 3 jours que le Real est supérieur à ce Barca là…
Mouais, il a quand-même hier fustigé les Madrilènes qui se pressent autour de l’arbitre à chaque coup de sifflet (ce que Barcelone ne fait pas, naturellement…), a reproché à Di Maria d’être un joueur « qui tombe facilement » (c’est vrai que les Busquets, Villa, Iniesta n’ont aucune tendance à la simulation…) et son silence (de 20 secondes) sur le but de Ronaldo était juste éloquent. Pendant le match de Liga, après l’égalisation du Real, c’était encore pire.
Qu’il reconnaisse que ce Real là est supérieur à ce Barça là et qu’il ne prononce pas le mot Real sans ajouter « avec des joueurs de cette qualité-là » n’y change pas grand chose, dans le fond. Dans la réalité du commentaire à chaud, il a clairement « tendance » (doux euphémisme) à prendre immédiatement fait et cause pour le Barça. A la limite, ça me semble plutôt être une sorte de « compensation » peu convaincante.
2eme phrase et déjà un sourire de ma part. Donc, perdre 5-0 et concédé le nul sur son terrain (hypothéquant quasi définitivement ses chances pour le titre en Liga), c’est « enrayer la machine Barcelonaise » ? J’ai une nouvelle fois l’impression de relire les délires « sofootiens » sur le plan machiavélique de Mourinho, acceptant d’en prendre 5 pour duper son adversaire. S’il y a une vérité cette saison concernant Mourinho, c’est qu’il n’avait qu’une seule fenêtre de tir, et c’était la Coupe du Roi. Et l’autre vérité, c’est qu’il aura fallu 3 matches au Real pour arriver à mettre un but dans le jeu au Barça. Une aubaine pour une opposition en terrain neutre, face à un Barça qui doit forcément se confronter à des choix, tant sa marge de manœuvre s’est réduite cette saison. Des 3 trophées, il fallait se résoudre à en lâcher un. Personne ne me convaincra que les Barcelonais ont joué à fond cette finale. Et personne ne me convaincra qu’arracher une victoire au bout des prolongations, en ayant senti le vent du boulet plusieurs fois (Merci Casillas), c’est certes respectable, mais ce n’est pas un exploit monumentale. Ou alors, Arsenal revenant au score et gagnant 2-1 sur son terrain contre ce même Barça, c’est l’exploit du siècle. Or, à l’époque, pas de « domination tactique » ou de « Arsenal enraye la machine Barcelonaise ». Non. Mais plutôt : « Barcelone a laissé filer le match ». « Messi était fatigué » etc… . Au passage, comme souvent, les commentaires de Reynald Denouiex avait été clairs, respectueux et mesurés. Pas pro Barça pour deus sous. Il faut plutôt y voir une profonde et solide connaissance du foot espagnol, et forcément du Barça. Hier soir, alors que Josse s’enflammait sur Mourinho et la réponse apportée aux critique de Di Stefano, Denouiex a simplement apporté une réponse en forme de constat : « ici, ils aiment le jeu ». Preuve une fois encore, que contrairement à ce qu’on voulait nous faire croire en début de saison, Mourinho ne « s’adapte » pas à un autre championnat. Il ne fait qu’y apporter sa tactique. Et cette saison, le Real ne peut pas rivaliser, sauf sur un match, en forçant un peu le sort, en serrant un peu les plots en milieu de terrain, en s’appuyant sur « San Iker », magnifique hier. Et encore une fois, on présente Guardiola comme un spectateur. Mourinho peut refuser de faire du jeu, ne rien proposer (il y a des sports où ce genre de comportement sont sanctionnés) et il serait un dieu. Mais Guardiola, qui dispose du meilleur collectif du monde, avec les meilleurs joueurs du monde, le tout arrivé à maturité après 5 ans de travail, aurait tort de ne rien changer ?
Et si la finale de la Coupe du Roi n’avait été qu’une soupape de sécurité pour des Catalans usés, soucieux de garder des forces pour un double affrontement en Ligue des Champions ? La poudre aux yeux jeté par les « spécialiste », qui tentaient de faire croire le week end dernier que le Real était sorti « gagnant » du nul concédé sur son terrain (il fallait l’oser), va faire son retour en cas de victoire (ou même de nul) à Bernabeu en Ligue des Champions. Et au final, quand en fin de saison, Barcelone aura une Liga et une Ligue des Champions, les mêmes présenteront le bilan de Mourinho comme exceptionnel. Que n’aurait subi Guardiola s’il n’avait gagné qu’un Coupe du Roi pour sa première saison d’entraîneur, lui qui était déjà sur la sellette pour avoir aligné une équipe B en Coupe de Catalogne….
Barcelone ne peut pas tout jouer de front en cette saison post Coupe du Monde, et la saison prochaine creusera encore un peu plus cette tendance. Et Le Real de Mourinho pourrait bien être u sérieux prétendant aux titres. Mais hier, Coupe du Roi ou pas, il n’a rien enrayé du tout. Il a juste gagné son pari sur un match, après s’être loupé 2 fois.
Je sais que je vais me faire tancer et traiter de pro Barcelonais (ou d’anti Mourinho, c’est selon), mais n’étant ni l’un ni l’autre, je suis d’autant plus à l’aise pour donner mon avis. Et ça n’enlève rien aux titres (mérités) de Mourinho, ni à la qualité de son coaching (notamment dans l’utilisation de Pepe lors du match de Bernabeu). Mais de là à en faire une idôle, à lui trouver des excuses et à justifier ses écarts et sa prise de risques minimale, tandis qu’en face, on n’hésite pas à descendre en flamme Guardiola (qui, sans être le coach du siècle, a quand même réalisé un sextuplé), je trouve ça un peu gonflant des fois.
Wooh, c’est une réponse conséquente.
- ce que je veux montrer à travers la première phrase, c’est la progression tactique et dans le résultat de Mourinho. 5-0, 1-1, 0-1. Tu notes que le Real a dû attendre trois matchs pour marquer un but dans le jeu. Les stats sont souvent utilisées pour défendre le Barça. Combien les Barcelonais ont-ils eu d’occasions franches en deux matchs ? Alors j’efface le 5-0 oui. Mais comme l’article est centré sur Mourinho, pourquoi ne jamais parler du match Inter 3-1 Barcelone ? J’ai l’impression que cette rencontre a été zappée, pour éviter au Barça de reconnaître une défaite sans excuse, contre une équipe qui n’avait pas fait bloc à 10.
tu fais un parallèle avec Arsenal. Si j’avais couvert le match aller Arsenal – Barcelone, j’aurais clairement félicité les Gunners qui avaient réussi à répondre, même dans le jeu en fin de match, aux Catalans. D’ailleurs, je ne dis en aucun cas que ce qu’a réalisé Mourinho est un exploit monumental. Simplement que la fronde contre lui oublie qu’il a su battre un Barça incroyable.
Quant au fait que les Barcelonais n’auraient pas joué ce match à fond, ce serait justement nier la philosophie du club, qui est de toujours jouer bien, et de toujours gagner. Et le visage des joueurs en fin de match contredit plutôt ce que tu avances.
- Question duel tactique, oui, Guardiola s’est trompé. Le Real, comme je le dis « sale », avait tenu à Bernabéu, perdant définitivement le titre, pas un bon résultat, tu as raison. Il avait cependant su répondre en contre, et revenir à 10 contre 11, certes sur penalty, mais à la suite d’actions construites (merci Özil). Et Guardiola n’a rien changé. Villa mauvais et Messi bloqué dans le premier clasico, ça a continué durant la finale. Au point que le Barça est passé en config « 2009″ avec Messi à droite. Trop tard.
Mourinho n’est pas un entraîneur qui cadenasse à chaque match, il n’a pas apporté un style de jeu anti-Real (cf les huitièmes et les quarts). Comme tous les adversaires du Barça depuis 2008, il n’est pas tant différent des autres puisqu’il a proposé la même réponse que Wenger. Sauf qu’il a une capacité à souder et à motiver son groupe exceptionnelle. Pourquoi un entraîneur n’aurait pas cette qualité ?
Sur ton avant-dernier paragraphe, nous ne pouvons qu’attendre de voir ce que vont donner les demi.
Sur le dernier paragraphe, je tiens à répondre clairement. Si un des deux coachs est clairement descendu en flamme, c’est bien Mourinho. Par l’Espagne, par l’Europe, par tous. Guardiola en face, est un perdant « noble ». C’est cool mais c’est le perdant de la Coupe du Roi. Et les automatismes acquis par les Madrilènes depuis deux matchs vont servir pour les demi-finales.
Sinon, nier que Mourinho a enrayé le jeu barcelonais, je ne comprends pas. Il suffit de regarder la première mi-temps, ça faisait bien longtemps que le Barça n’avait pas été dominé dans l’entrejeu. Le Real aurait dû marquer en première d’ailleurs.
Cette discussion deviendra encore plus intéressante dans une semaine !
J’aimerais ajouter qu’on a tendance à prendre UN match en considération. Citez-moi UNE SEULE équipe capable de rivaliser avec le Barça en pratiquant un jeu offensif, UNE SEULE siouplait.
Le Real joue offensif dans les matchs normaux, les 3-0 contre Lyon et autres 8-0 et 7-0 contre Levante et Malaga sont aussi témoins d’un jeu porté vers l’avant quand l’adversaire le permet.
Maintenant, le Barça a aligné 60 matchs, les automatismes diminuent, ils se fatiguent plus, c’est un gros facteur aussi.
Walter : 16 février 2011
Raph’ : on va avoir une double confrontation passionnante, et des débrief’ non moins passionnants
LOL
La machine enrayée. Un match est toujours un pari. Le barca n’a qu’une stratégie: le jeu!
Au regard de tous les classicos depuis 1990, jamais le real n’a été aussi crade! Et encore hier où, pour une fois depuis 4 ans, ils ont vraiment dominé le barca (au mieux c’était jeu égal Meme lors de la coupe du roi l’an dernier… Et a condition d’être pro real), il leur aura fallu jouer les bouchers! Marcelo et pepe se sont bien transformé depuis l’arrivée du mou… Lui Meme lève le voile avec ses réactions frustrées de plus en plus violentes… Bref, le débat sera éternellement relancé, mais s’il faut recruter de jong cyril roll jurieti et di meco pour battre le barca, on ne va pas taper des mains tout de Meme!