La Coupe du Monde 98, c’est la petite madeleine de tout le monde. Un beau jour, un dimanche plus précisément, où tu te fais chier, tu décides de te mater la vieille cassette poussiéreuse de tous les buts de la compétition qui traîne dans ta bibliothèque depuis quinze ans. Tu rembobines, t’appuies sur Play. Et tu vibres. Oui tu vibres entre deux toussotements de ton magnétoscope que t’as aussi ressorti pour l’occasion. De Zidane à Ikpeba en passant par Mehdi Mahdavikia, ils ont été 104 à trouver le chemin des filets. Ces joueurs ont fait rêver des milliards de personnes à travers le temps, mais aujourd’hui, que sont-ils devenus ? La Madjer répond à la question.
BELGIQUE
Marc Wilmots : à la tête de la meilleure génération belge de l’histoire. Vous l’aurez compris, il est sélectionneur de l’équipe nationale de Belgique. Sous ses ordres : Fellaini, Witsel, Defour, Lukaku, Benteke, Hazard et compagnie (et Kompany). Auparavant, on l’avait vu sur le banc de Schalke 04 (8 matchs), de Saint-Trond (22 matchs) et comme adjoint des Diables Rouges.
Luc Nilis : après une atroce blessure qui a mis fin prématurément à sa carrière, Luc Nilis n’en a pas pour autant abandonner sa passion. Scout et entraîneur des attaquants des jeunes du PSV Eindhoven dès février 2006, Lucky Luc est désormais entraîneur-adjoint de Sporting Hasselt, un club de D3 belge après avoir été adjoint de Fuat Çapa au Genclerbirligi d’Ankara, en Turquie. Mi-mars, son nom a été évoqué pour occuper le poste d’entraîneur des attaquants au sein de l’équipe nationale de Belgique. Une information qui a été mollement démentie par Marc Wilmots et la Fédération : Luc Nilis n’a été contacté que pour effectuer des missions de scouting, de supervision des joueurs belges.
COREE DU SUD
Sang Chul Yoo : l’homme aux 124 sélections attendrait que Kim Jong-Un attaque son pays. Car selon les dernières informations coréennes, il n’a plus de club depuis son départ du poste d’entraîneur des Daejeon Citizen. On ne parle pas bien la langue de Park-Ji Sun ici mais il semblerait qu’il ait quitté ses fonctions de commentateur à la télé coréenne qu’il avait en 2006 et celle d’entraîneur de l’équipe du lycée de Chuncheon.
Seok-Ju Ha : un Korean-Trotter. Des Pohang Steelers aux Chunnam Dragons en passant par l’Université d’Ajou et le Gyeong FC, Seok-Ju Ha aura entraîné un peu partout. Déjà passé au Chunnam entre 2008 et 2010, il y reviendra en 2012 pour coacher les Dragons.
ALLEMAGNE
Jurgen Klinsmann : 48 ans et déjà une grosse expérience de coach. Pour son premier poste, il conduira l’équipe d’Allemagne à la troisième place de la Coupe du Monde 2006. Deux ans plus tard, il sera nommé entraîneur du Bayern Munich. Depuis 2011, il vit paisiblement en Floride tout en étant sélectionneur des États-Unis. Son bilan est plutôt bon dans la mesure où le pays des obèses vient de remporter la Gold Cup. L’équipe des USA est actuellement première de la zone Amérique du Nord pour la qualification à la Coupe du Monde 2014.
Andreas Moller : après avoir obtenu ses diplômes d’entraîneur, Andreas Moller a fait dans le bénévolat en entraînant le Viktoria Aschaffenburg dans une division régionale allemande. Puis, il s’est « professionnalisé » en étant directeur athlétique du Kickers Offenbach, un poste qu’il a occupé jusqu’en 2011. Aujourd’hui commentateur à la télévision, il fait aussi partie du conseil d’administration du Kuratorium der Stiftung Jugendfußball, la fondation des jeunes du football. Son souhait est toutefois de trouver un poste d’entraîneur.
Oliver Bierhoff : Oliver Bierhoff a de la chance, les allemands ont crée un poste juste pour lui : celui de manager de la Mannschaft. Sous Jurgen Klinsmann puis sous Joachim Low, l’ancien de l’Udinese est toujours fidèle.
YOUGOSLAVIE
Dragan Stojkovic (Yougoslavie) : si la plupart des joueurs reviennent sur leur terre de début en fin de carrière d’autres préfèrent ne pas quitter leur dernier club. Dragan Stojkovic est dans ce cas-là. L’ancien marseillais a terminé sa carrière au Japon, au Nagoya Grampus, et il s’y trouve toujours, en tant qu’entraîneur. Entre 2001 et 2008 toutefois, sa carrière de dirigeant aura été remplie : président de la fédération de football serbe puis président de l’Étoile Rouge de Belgrade. Star au pays du soleil levant où il a tourné dans plusieurs publicité, il fut aussi élu meilleur entraîneur en 2010. Depuis cinq ans au Nagoya Grampus, Stojkovic a remporté un titre de champion du Japon (2010). Cette saison, Nagoya se place à la 11ème place, après 18 journées.
Sinisa Mihajlovic (Yougoslavie) : sans aucun doute le serbe avec la plus belle reconversion. Adjoint de Mancini avec qui il avait joué à l’Inter, Mihajlovic ne quitta pas l’Italie pour autant après cette première expérience puisqu’il rejoindra Bologne pendant un an puis Catane pour une belle saison et enfin la Fiorentina de 2010 à novembre 2011 avec un bilan plus que mitigé. Le 24 avril de l’année suivante, il fut embauché comme sélectionneur de l’équipe nationale de Serbie. Dernièrement, il est dans la tourmente, les médias serbes lui reprochant de se laisser dicter ses choix de sélectionneur par l’agent de joueur Sergio Berti. Sous contrat jusqu’à la Coupe du Monde 2014, l’ancien meilleur tireur de coup-franc de la planète a toutefois déclaré qu’il quitterait son poste s’il ne parvenait pas à qualifier son pays pour la compétition au Brésil. La Serbie occupe la troisième place du groupe A, loin derrière l’Allemagne et la Croatie.
Predrag Mijatovic (Yougoslavie) : quand on est serbe, on fait peur à tout le monde et on a donc des postes importants. C’est un peu l’histoire de la vie de Predrag qui fut directeur sportif du Real Madrid entre 2006 et 2009. Conjointement agent de joueurs, il a fait venir Van Nistelrooy, Mahamadou Diarra, Gonzalo Higuain, Wesley Sneijder, Klaas-Jan Huntelaar, Marcelo, Royston Drenthe et Rafael Van der Vart dans la capitale espagnole. Plus récemment, il a interféré dans le transfert de Samuel Eto’o à l’Anzhi Makachkala.
Slobodan Komljenovic (Yougoslavie) : serbe né à Francfort, le défenseur est reconnaissant envers sa ville natale. Après y avoir été joueur de 1992 à 1997, il y est désormais entraîneur des U19. Les jeunes du FSV Frankfurt sont à la traine de leur championnat, dominé par … le Bayern Munich. Sa première expérience dans le football hors-terrain fut en Hongrie, au FK Laktasi, où il fut directeur sportif.
IRAN
Mehdi Mahdavikia : il a annoncé la fin de sa carrière le 14 mars dernier après une saison passée au Persepolis FC. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas perdu de temps puisqu’il a déjà commencé à entraîner, ou du moins à donner des cours particuliers pour les U17 internationaux iraniens. Après son jubilé disputé contre le HSV Hambourg – son ancien club – il a été élu sportif de l’année dans son pays.
Hamid Estili (Iran) : buteur historique dans cette Coupe du Monde contre l’ennemi américain, Hamid Estili vit désormais dans son pays, bien loin des menaces étatsuniennes. Il commença sa carrière d’entraîneur à Persepolis en tant qu’adjoint, avant de rejoindre le Steel Azin, le Shahin Bushehr. En 2011, il revient à Persepolis mais avec la casquette d’entraîneur principal. En novembre 2012, il a été désigné directeur de la Persepolis Académy par Mohammad Rouyanian, homme politique, businessman et dirigeant de club de foot.
USA
Brian McBride (USA) : encore capitaine de son équipe lors des JO de Pékin, le natif de l’Illinois est désormais analyste et commentateur pour Fox Soccer Channel. Comme beaucoup d’autres footballeurs, il a aussi monté son école de foot spécialisée dans la formation d’attaquants basée à Lake Zurich, dans son État natal : la McBride’s Attacking Soccer Academy. Le nom du bar de Craven Cottage, le stade de Fulham où il a joué, est à son honneur. Le troquet s’appelle le McBride’s.
ROUMANIE
Dan Petrescu (Roumanie) : les pays de l’Est n’ont plus de secret pour Dan Petrescu. Après la Roumanie et le Rapid Bucarest, la Pologne et le Wisla Cracovie, la Roumanie encore avec l’Unirea Urziceni, l’ex-défenseur vit en Russie. Plus précisément à Moscou où il est entraîneur du Dynamo Moscou depuis l’été dernier. Dixième au classement, son poste est en danger. En cause, la volonté de la fédération russe de faire payer une amende aux clubs employant des entraîneurs étrangers.
Viorel Moldovan (Roumanie) : le plus nantais des roumains n’occupe aucune fonction dans le football, selon ses dires dans le GQ roumain, il « profite de la vie ». Une vie qui l’a mené à être entraîneur de Vaslui, de Brasov et du Sportul Studentesc (jusqu’en 2011). Des piges jamais couronnées de succès.
Adrian Ilie (Roumanie) : le roumain est dans le business. Pas dans celui de la drogue comme son compatriote Adrian Mutu mais plutôt dans l’immobilier. Il a en effet investi à Poiana Brasov, l’Isola 2000 roumain, en y construisant des hôtels et des villas. Les affaires l’ont aussi conduit à acheter le club du Forex Brasov, fondé en 2002 mais disparu depuis. Présent à la neige, il l’est aussi sur le sable puisqu’il fait du Beach Soccer, il a même fait partie de l’équipe de Roumanie. Prends ça Sébastien Pérez.
ANGLETERRE
Michael Owen (Angleterre) : l’ancien golden boy est bien loin de ses jeunes années talentueuses. Remplaçant de Peter Crouch, de Kenwyne Jones, de Jonathan Walters et de Cameron Jerome à Stoke City cette saison, Michael Owen a pris sa retraite. Une décision qu’il a annoncé sur Twitter le 19 mars dernier. S’il se voit agent de joueur par la suite, les producteurs britanniques veulent plutôt faire de lui une star de la télé-réalité. Le Danse avec les stars et le Je suis une célébrité, sortez moi de là l’ont contacté pour prendre part à leurs émissions. Pour passer le temps, il joue les commentateurs sportifs sur la radio anglaise BT Sport.
David Beckham (Angleterre) : certaines sources disent que le Spice Boy jouait encore au football en 2013. Mais les preuves manquent. On ne sait pas où, ni avec quelle équipe. Si quelqu’un sait quelque chose, qu’il le fasse savoir.
Alan Shearer (Angleterre) : Shearer aura marqué l’histoire de Newcastle en tant que joueur mais pas forcément en tant qu’entraîneur. Dans le nord de l’Angleterre, il ne coachera que les huit dernières journées de la saison 2008/2009 après avoir remplacé un Chris Hughton licencié. À peine débutée, sa carrière d’entraîneur fut aussitôt terminée. Et l’attaquant s’est reconverti dans les médias. Déjà consultant sur la BBC avant d’entraîner Newcastle, Alan Shearer écrit actuellement des chroniques pour le Sun. En plus d’être le président de la Fondation Bobby Charlton, qui lutte contre le cancer.
Darren Anderton (Angleterre) : les dernières traces de lui remontent à l’Euro 2012, lorsqu’il était consultant à la TSN, une télé canadienne.
COLOMBIE
Leider Calemenio Preciado (Colombie) : unique buteur de la Colombie à la Coupe du Monde en France, l’ancien attaquant au physique de Darcheville (1m80 pour 84 kilos) a choisi sa reconversion. Il est entraîneur des U15 de l’Independiente de Santa Fé – le club où il a terminé sa carrière de joueur – depuis l’année dernière.
TUNISIE
Skandar Souayah : pris au piège du dopage, certains sportifs évoquent la prise de médicaments pour agrandir le sexe, la prise de compléments alimentaires ou la dégustation de viande contaminée mais le tunisien, lui, a innové. En 2002, alors qu’il est contrôlé positif, il met en cause un … morceau de chocolat contenant des produits interdits. Récemment, il aurait inspiré aux dialoguistes d’Intouchables la célèbre phrase « pas de bras, pas de chocolat ».
ARGENTINE
Javier Zanetti (Argentine) : 39 ans, toutes ses dents. La même vitesse, la même technique, les mêmes courses, les mêmes récupérations, les mêmes tacles, les mêmes passes depuis bientôt 20 ans. Impressionnant de jeunesse pour son âge. Et si c’était lui Duncan MacCleod ? Vous l’aurez compris, il joue encore à l’Inter et il ne veut pas prendre sa retraite et ce malgré sa rupture du talon d’Achille en fin de saison dernière.
Roberto Ayala (Argentine) : retraité des terrains depuis fin 2010, le défenseur s’est reconverti en coordinateur général du Racing Club Avellaneda. Le club qui l’a vu finir sa carrière.
Claudio Javier Lopez : des terrains de foot aux chemins de terre. C’est la trajectoire d’El Piojo. Après sa retraite de joueur en 2010, Claudio Lopez est devenu pilote de rallye dans son Argentine natale. Il concoure actuellement dans le championnat argentin de rallye au volant d’une Chevrolet Agile Maxi Rallye après avoir conduit une Mitsubishi Evo X.
Gabriel Batistuta : la dernière fois que l’Internet a eu des nouvelles de lui, c’était quand il était joueur de Polo dans le club de Boca Juniors. C’était en 2009. Heureusement, La Madjer a des informateurs un peu partout qui nous ont affirmé que Batigoal avait été secrétaire technique du club de Colon de 2011 à janvier dernier.
Hector Mauricio Pineda : passé par la case prison (8 mois) en 2006 pour avoir falsifier ses papiers d’identité, l’argentin serait ensuite devenu entraîneur d’une équipe de … basket dans son pays.
Ariel Ortega : fraîchement retraité – il s’est retiré du football le 9 août dernier – Ariel Ortega vit une après carrière plutôt paisible. Ou presque. Il a, en effet, été agressé récemment au volant de sa voiture neuve. Bloqué par les malfaiteurs, il fut obligé de leur donner son téléphone, de l’argent et son véhicule. Un coup dur pour celui qui a fêté son jubilé le 14 juillet dernier. Une fin magnifique au Monumental qui a vu Ariel faire une passe décisive pour son fils de 12 ans. Ouf, la relève est assurée.
CROATIE
Robert Prosinecki (Croatie) : tout commence en tant qu’assistant en 2006 pour Prosinecki, assistant de Slaven Bilic au sein de l’équipe nationale de Croatie. Puis ensuite vient le temps de l’émancipation et des grandes responsabilités en 2010, cette fois-ci à l’Eoile Rouge de Belgrade, pour deux ans en tant que coach principal. Pour finir, c’est l’appel de l’argent en 2012 et plus particulièrement la Turquie, à Kayserispor. Le club turc a terminé la Süper Lig 2012/2013 à la 5ème place.
Davor Suker (Croatie) : plus grand joueur croate de tous les temps (derrière Slaven Bilic), Davor Suker a pris la succession de Vlatko Markovic à la présidence de la Fédération croate de football le 5 juillet 2012. Auparavant, il avait aussi lancé son école de foot, la Davor Suker Soccer Academy.
Mario Stanic : contraint de stopper sa carrière à l’âge de 32 ans en 2004 à cause de blessures récurrentes au genou, l’ancien joueur de Chelsea écrit des papiers pour le site croate Igraliste.hr.
Goran Vlaovic : le beau-gosse de Nova-Gradiska a divorcé de sa femme parolière en 2011 après 18 ans de mariage. C’est ce qui ressort des intenses recherches des archivistes de La Madjer.
JAMAÏQUE
Robert Fitzerald Earle (Jamaïque) : né en Angleterre mais international jamaïcain, Robbie restera à jamais un joueur emblématique de Port Vale et de Wimbledon. Une fois sa carrière de footballeur, il embrassa celle de journaliste sportif, dans la presse (Evening Standard, Stoke-on-Trent Sentinel), à la radio (Capitale Radio, Radio 5 Live) et à la télé (BBC, ESPN, SkySports, OnDigital). Viré par la chaîne anglaise ITV pour avoir revendu illégalement des billets pour la Coupe du Monde 2010, il apparaît malgré tout toujours à la télé où il analyse les matchs des Portland Timbers en MLS. En parallèle, il écrit actuellement pour thisisstaffordshire.co.uk. À l’aise à la télévision, il participa (et gagna) à Strictly African Dancing (une sorte de Danse avec les Stars dédiée aux danses africaines) et à Masterchef. Il est aussi engagé dans une fondation qui lutte contre le racisme dans le football : Show Racism The Red Card.
Theodore Whitmore (Jamaïque) : passager dans la voiture qui a vu son coéquipier jamaïcain Stephen Shorty Malcolm mourir sur le coup, Theodore Whitmore vit depuis une expérience plus réjouissante. Depuis 2009, il est sélectionneur de l’équipe de Jamaïque. Une sélection pour laquelle il avait déjà occupé le poste de coach intérimaire (à deux reprises) et d’adjoint. Son premier club fut Seba United, un club phare jamaicain.
JAPON
Masashi Nakayama : premier buteur japonais en Coupe du Monde, premier et unique joueur à avoir marqué quatre triplés consécutifs en quatre matchs de J-League et idole eu Japon, Nakayama a pris sa retraite le 4 décembre dernier à l’âge de 45 ans. Il évoluait au Consadole Sapporo, en première division japonaise. La cause de sa retraite ? Des douleurs aux genoux récurrentes. Icône publicitaire et marketing dans son pays, il va devenir reporter dès la Coupe du Monde au Brésil.
Un grand merci à tous les informateurs qui ont apporté leur aide à la réalisation de cette trilogie. On revient bientôt. Promis.











