Ça y est. C’est officiel. Le 30 novembre prochain, les présidents des clubs de foot de Ligue 1 vont se lâcher et faire grève pour emmerder les Français dans leur vie de tous les jours. Un autre président devrait être solidaire de ses copains : celui de la LFP, Frédéric Thiriez. Nous avons regardé dans le futur, et voici la journée de Frédéric, passée à battre les pavés contre une injustice sans nom.
8h55 : Le réveil de Frédéric crache « Jump ». C’est l’heure de se lever. Aujourd’hui est un grand jour.
9h00 : Devant son bol de chocapics il soupire. En 2009, il n’avait pas mis ses menaces à exécutions pour le DIC, mais là il est chaud. Pour une fois que tous les présidents se sont mis d’accord, c’est le moment de passer pour un pro. Un vrai. De montrer qui c’est le patron.
9h30 : Les banderoles sont prêtes. Les fumis aussi. En même temps, il en a récupéré tellement dans les stades à force de les interdire que sa cave en est pleine.
9h42 : Jean-Louis Triaud passe le prendre en Fiat Panda. La bagnole des révolutionnaires. Direction la Bastille.
9h48 : Les bouchons. Tant pis. Jean-Louis balance du « Trust » à fond, pour se mettre dans l’ambiance.
10h22 : Enfin arrivés ! On est douze pour l’instant. Dépressif, Labrune ne viendra pas. « Tant pis » peste Frédéric.
10h48 : Tout le monde est là. 20 en tout. Jean-Michel est arrivé le dernier, et n’a pas serré la main de Jean-Louis ni Bernard Caïazzo. Quel scandale ! Nasser et Rybolovlev n’ont pas l’air de tout comprendre, mais ils sourient. Tant mieux pour l’ambiance. Même Waldemar est là, « pour rigoler, je paye rien moi ».
11h01 : Le cortège part de la Bastille, avec tambours et trompettes. Frédéric craque un premier fumi en criant « YOLO ». Loulou Nicollin s’effondre, mort. « Zut, je savais bien que c’était toxique ces machins-là » se désole le président de la Ligue.
11h42 : Il fait un peu froid, heureusement Frédéric a son écharpe en velours et son pull en cachemire.
11h48 : On s’approche de l’Assemblée Nationale, « Frédo » sort une banderole concoctée spécialement pour l’occasion : « Moins d’argent ? Adieu la Coupe de la Ligue ! Non aux 75% ! ». Jean-Louis lui demande de la ranger d’emblée. « Tu trouves pas qu’on passe déjà assez pour des cons » ?
12h12 : La faim commence à torturer les estomacs de la délégation. « Oune pitite pause ? » propose Nasser. Tout le monde s’accorde pour casser la croute à « l’Arpège », à deux pas de l’Assemblée.
14h28 : Après un bon repas, Dimitri se propose de payer pour tout le monde. Proposition acceptée dans un esprit de convivialité qui ravit Frédéric. « La prochaine sera pour moi » lance Jean-Raymond Legrand. Mais apparemment, personne ne veut finir la journée au McDo.
15h37 : Arrivée devant l’Assemblée. Frédéric monte sur les échafaudages et sort une nouvelle banderole : « LIBERTE POUR LES ULTRAS ». Zut alors, ça n’est pas la bonne…
15h51 : Frédéric réussit enfin à redescendre. Il craque un nouveau fumi. La fumée lui pique les yeux, mais il est plus fort que la douleur.
17h02 : Alors que Frédéric enchaîne les chants haineux à l’égard des députés (« OH HISSE ENCULÉ », « OH DÉPUTÉ, ON VA NIQUER TA MÈRE… »), on n’aperçoit pas de réaction de la part du camp adverse. « ON ENVAHIT » lance-t-il aux Présidents déboussolés. Echec.
17h08 : « Bon allez, on se casse » soupire Jean-Louis. Frédéric veut rester : « On vient juste d’arriver ! ».
19h17 : « ON EST LA, ON EST LAAAAAA… ». Frédéric est toujours à fond. Même seul. Il a l’habitude. Quelques flocons viennent se poser sur sa moustache, alors que les députés sont rentrés depuis quelques heures déjà.
20h52 : Frigorifié, affamé, Frédéric décide de rentrer chez lui. A pieds. Tant pis, c’était une bonne journée. Les revendications sont fortes, et il est passé pour un vrai leader auprès des présidents de clubs.
20h54 : Avant de partir, Frédo décide d’accrocher sa dernière banderole sur les murs de l’Assemblée. « Pour un foot bénéficiaire. Droite, Gauche : Niquez vos mères ». Parfait.
23h47 : De retour chez lui, Frédéric part se coucher de suite. C’est dur de faire grève ! Il s’endort en étant persuadé que, dès demain, tout ira mieux pour le foot français.







