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Salaud, depuis quand tu marques ?

Tâche ardue que d’écrire son premier article sur un site déjà lancé. J’ai donc attendu cet énième Lyon – Real du XXIème siècle pour me montrer. Recrue hivernale, joker médical, j’espère m’adapter plus rapidement que Gignac à l’OM.

Mais parlons de l’autre Olympique. Le lyonnais, qui ce soir affrontait le Real Madrid new look de José Mourinho, rénové suite au désastre Pellegrini. Nouvel esprit oui, nouveaux joueurs aussi, mais meilleur jeu ? Le doute persiste.

L’opposition franco-espagnole, je dois l’avouer, ne me rendait pas impatient. Puel face à Mourinho, duel de somnifères. Mais comme l’alternative était Copenhague – Chelsea, j’ai vite fait mon choix. Si je devais dormir, autant le faire devant un match qui avait une chance de me réveiller.

Un match de foot est fait de deux mi-temps ?

Après avoir enfin trouvé mon bonheur, et malgré des commentaires probablement portugais, je pus constater que je ne serai pas surpris ce soir. Claude Puel avait concocté une composition digne des grandes heures de Domenech, un milieu Toulalan-Kallström-Gourcuff, qui augurait 66% de passes ratées. Défense classique, Réveillère-Cris-Lovren-Cissokho avec heureusement Lloris dans les buts (Vercoutre ayant fait son match de l’année). L’attaque, orpheline de Lisandro, était composée de Delgado, de Gomis et de Bastos de droite à gauche. Écrit comme ça, on pourrait croire au 4-3-3, mais Puel avait reconduit son 4-2-3-1 efficace contre Nancy. Gourcuff derrière Gomis donc, très loin derrière.

En face, Mourinho avait proposé la formule habituelle, avec Adebayor devant, Arbeloa en arrière gauche (dommage, Marcelo est bien plus agréable à voir évoluer) et la triplette C. Ronaldo – Özil – Di Maria devant Khedira et Xabi Alonso.

La rencontre commença doucement, carrément lentement même, puisqu’il fallut attendre la 31ème minute pour la première frappe dangereuse, un coup franc de C. Ronaldo que Lloris détourna tranquillement. La réplique lyonnaise fut rapide, une frappe trop enlevée de Gomis sur un bon centre de Bastos alors que Casillas avait raté un épisode et laissé sa cage ouverte à tout attaquant normalement constitué. Mais « Go miss » (« va manquer » en anglais) n’est pas normal, et nous le confirmerons plus tard.

Cette première période était donc particulièrement ennuyante et même si Lyon faisait preuve d’une régularité tactique admirable (une des qualités de Puel), cela ne suffisait pas. Lyon devait faire plus, être plus ambitieux, plus précis dans les passes faites dans le camp madrilène. Gourcuff, bon, ne pouvait pas compter sur ses ailiers, trop occupés à jouer à cache-cache avec Gomis. La fébrilité défensive des Merengues était pourtant criante, et elle se confirma en deuxième période.

Pour éviter de tomber dans les bras de Morphée, je partis lire quelques témoignages de lyonnais aveugles, insistant sur la domination de leur équipe. Je ne pouvais pas supporter ça, et je décidai de rester regarder la deuxième mi-temps, peut-être allais-je voir la lumière aussi et me rendre compte que Lyon dominait outrageusement.

Lumière où es-tu ?

Mais la lumière ne vint pas. Pire, si elle s’était allumée un seul instant, quelqu’un l’avait éteinte au retour de la pause. Les madrilènes rentrèrent sur la pelouse plus motivés, sûrement bougés par un Mourinho agacé par le rythme de sénateur imposé par ses hommes, qui confisquaient le ballon (60-40 sur le match) à un adversaire très peu inquiété. Le salut du club le plus riche du monde faillit venir des coups de pieds arrêtés. Un premier, excentré à gauche de l’entrée de la surface, compliqué, mais rien d’impossible pour l’artificier portugais du Real. Cristiano Ronaldo envoya un pétard dont il a le secret sur le poteau opposé de Lloris, qui retomba miraculeusement dans les pieds d’un lyonnais qui put dégager. Dans la minute qui suivit, Özil tira un corner que Sergio Ramos reprit de la tête et envoya la balle sur la transversale d’un Lloris battu. Deux avertissements pour deux minutes très chaudes dans la surface rhodanienne.

La tempête passée, les lyonnais récupérèrent un peu le ballon sans pouvoir s’approcher de Casillas. A l’heure de jeu, Mourinho fit entrer Benzema à la place d’Adebayor. Adebayor dont je n’ai pas encore parlé dans cet article. Et pour une raison : il n’y a absolument rien à dire sur le Togolais. Rien de positif en tout cas. Lent, pataud, hors-jeu, imitant un Hoarau des mauvais soirs, il n’apporta rien dans le jeu. Surtout, très mauvais dans le jeu de passes qu’apprécient tant Özil, Ronaldo…et Benzema. Trente secondes après son entrée en jeu, il fut à la finition du jeu en triangle orchestré par l’Allemand et le Portugais et trompa Lloris après avoir feinté Réveillère. S’il n’a pas gagné sa place de titulaire ce soir, le Français a prouvé une fois de plus à son coach qu’il était capable d’être décisif.

Pris en défaut pour la première fois dans le jeu par leurs adversaires, les lyonnais eurent du mal à repartir vers l’avant. Les entrées de Briand, Pied et Pjanic ne stimulèrent pas les intentions lyonnaises. Seul un coup de pied arrêté pouvait apporter du danger. Et ce fut le cas. Pjanic rata son coup franc (dites, ils s’entrainent à l’OL ? Parce qu’entre lui et Gourcuff…), dévié par le mur, puis par Cris, le ballon se retrouva dans les pieds de Gomis (le match d’Adebayor + un but) qui prit à contre-pied Casillas.

On crut alors à dix dernières minutes folles, mais non. Le Real s’en contentait et Lyon n’avait plus les jambes.

Marquer à Bernabeu

La mission s’est simplifiée. Claude Puel n’a plus le choix, il faut que son équipe marque à Madrid. Et comme l’OL encaissera probablement un but, l’ancien coach lillois devra jouer moins prudemment. De là à espérer un Pjanic titulaire, il y a un petit bout de chemin. Mais Kallström ayant été assez transparent…Le retour de Lisandro sera capital, surtout avec la suspension de Michel Bastos pour avoir bêtement piétiné Di Maria (cette simulatrice chialeuse le mérite mais bon). Victoire, 1-1, ou 2-2 (ou 3-3 etc…), voilà ce que doit faire le club de Jean-Michel Aulas pour continuer sa route en Champions League cette saison. Que ce soit trente minutes, une séance de tirs aux buts, ou un tour en plus. Difficile. Mais après tout, en sept matches, Lyon n’a toujours pas perdu face au Real.

Les buts :

But Benzema 0-1

But Gomis 1-1

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