On voulait faire un top 10 des meilleurs joueurs biélorusses ayant évolués en Ligue 1 mais manque de bol, aucun n’a jamais porté les couleurs d’un club français ( à part Hleb à Arsenal ). Du coup, on s’est rabattu sur les joueurs de l’ex-URSS. Comme la plaie de la défaite de l’équipe de France contre le Bélarus au Stade de France en 2010 n’est pas encore refermée, on ne traitera pas les meilleurs éléments venus de l’Est mais bien les plus pourris, les joueurs qui sont venus, qui ont vu et qui sont retournés dans leurs pays se geler les miches. Que ce soit des Arméniens, Azerbaïdjanais, Estoniens, Lituaniens, Lettoniens, Géorgiens, Kazakhs, Tadjiks, Moldaves, Kirghizs, Turkmènes, Ouzbeks, Russes, ils n’ont pas marqué l’histoire du championnat hexagonal. Revue d’effectif.
Edgaras Jankauskas
Dans la catégorie des attaquants pourris, l’OGC Nice a connu Matt Moussilou, Roland Linz et … Edgaras Jankauskas. Nous sommes en 2004, le joueur arrive alors en prêt du FC Porto où il vient de marquer onze buts en deux saisons et surtout où il vient de remporter la Ligue des Champions. Mais le premier footballeur lituanien a évolué en Ligue 1 sera un vrai flop. Pour le prouver, il suffit de se rendre sur le forum ogcnissa.com dans le topic « Votre top 3 des têtes de Turcs et des boucs-émissaires du Ray ». Un petit peu de scrollage et on tombe sur le message d’un certain Kherialogue » Un qui était toujours le cul sur le gazon Edgaras Jankauskas l’international lituanien, ce fut le pire que nous ayons eu à Nice, très lent, grand mais mauvais de la tête, ne trouvait pas les cages, bref un bidon complet « . Que rajouter de plus à ce témoignage criant de vérité ? Ah si, le fait qu’il ait pris sept cartons jaunes en seulement 1072 minutes jouées. Pour la petite anecdote, à Nice, le joueur lituanien le plus cher de l’histoire lors de son transfert à la Real Sociedad en 2000, aura été devancé dans la hiérarchie des attaquants niçois par Victor Agali, Roland Linz et Marama Vahirua. Il aura tout de même joué plus de matchs que Olivier Toutoute Fauconnier. L’honneur est sauf.
Dmitry Sytchev
Les Marseillais à Cancun, Les Marseillais à Miami, tout ça c’est fini. Laissez place à la nouvelle télé-réalité Un Russe à Marseille. Toujours le même concept, un mec débile balancé à Marseille avec un seul but : réussir. Et pour les spectateurs, rien ne change. Se foutre de la gueule du candidat est toujours autorisé. Et même recommandé. Le nom de ce candidat ? Dmitry Sytchev, un jeune espoir du football russe, plus jeune joueur soviétique avoir participé à une Coupe du Monde à un peu plus de 18 ans. Petite star dans son pays où il a seulement joué 18 matchs et marqué 9 buts, Dmitry est vite comparé à Michael Owen. C’est sans doute ce qui attire l’oeil avisé des recruteurs marseillais. En janvier 2003, l’attaquant de poche signe son contrat sur la Canebière. Il ne s’y imposera jamais. La faute à une concurrence trop rude. En effet, à l’époque, Karim Dahou, Cyril Chapuis, Lamine Sakho, Laurent Merlin, Ibrahima Bakayoko et Fernandao se partagent le front de l’attaque. Des sacrés noms. La saison suivante, rebelote. Sauf que cette fois-ci, il ne pourra que s’agenouiller devant Didier Drogba, venu tout droit de Guingamp. La frilosité du Russe ne pourra rien face à la puissance de l’Ivoirien. Après 44 matchs et 7 buts au compteur, le joueur formé à l’Académie Smena jette l’éponge en janvier 2004, usé par les critiques et assommé par la ferveur marseillaise à l’encontre de Drogba. Dmitry Sytchev ne verra donc pas l’Ullevi Stadion de Goteborg où l’OM s’inclinera 3-0 contre Valence en finale de Coupe de l’UEFA. Passé à côté de la grande carrière qui l’attendait, le tsar évolue à Novgorod aux côtés de Mukendi et de Shelton, des attaquants congolais et jamaïcains. Décidément, la concurrence ne l’épargne jamais.
Georgi Makaridze
Une ascension fulgurante et une dégringolade vertigineuse. La carrière de Georgi Makaridze est à l’image de celle de son ancien club, Le Mans. Comme son nom l’indique, Georgi Makaridze est géorgien. Quand il signe au Mans en 2009, le gardien de but gardait jusqu’alors les cages du Dinamo Tbilissi, le club phare du pays. A peine arrivé en France avec le statut d’espoir que la lose s’abat sur le joueur : il devient troisième gardien derrière le poitrinaire Yohan Pelé et le seul gardien au monde atteint de poliomyélite Rodolphe Roche. Le pire, c’est que ce n’est pas fini. La saison suivante, Makaridze ne joue que deux matchs de Ligue 1, profitant des blessures, suspensions ou méformes de ses coéquipiers. Rodolphe Roche est encore là, mais plutôt que de donner le poste de numéro 1 à son jeune talent, les dirigeants du MUC préfèrent recruter Didier Ovono, meilleur gardien de zoo que gardien de but. Au pays des rillettes, on ne laissera jamais vraiment sa chance au très agile gardien d’1m91. Ou alors qu’en cas d’extrême besoin. En effet, Makaridze ne sera titulaire que par la force des choses, quand Le Mans n’aura plus un rond pour recruter un nouveau portier et qu’Ovono aura enfin prouvé qu’il était mauvais. Dans la carrière de Makaridze, l’année 2013 restera à jamais une année noire. Relégué sur le banc par kung-fu Jérémie Janot, le Géorgien ne jouera que 5 matchs avant de voir son contrat se terminer au mois de juin, en même temps que la relégation administrative de son club. Et ce n’est pas son statut de troisième gardien de l’équipe nationale de Géorgie qui va le consoler.
Sergueï Semak
Si on demande à n’importe qui le nom d’un joueur russe ayant évolué en France, le premier qui vient à la bouche est immédiatement Sergeï Semak. Pourtant, il n’aura pas vraiment marqué l’histoire du club. Il signe au PSG en janvier 2005 en provenance du CSKA Moscou et repartira un an plus tard direction le FC Moscou. Un contrat de 12 mois qu’il aura traversé tel un fantôme. Si les supporters gardent un goût amer de son Russe sur la pelouse, le joueur avait déclaré avoir « adoré le Parc des Princes ». Un stade dans lequel il n’aura guère brillé, jouant tout de même 35 matchs mais ne marquant qu’une seule fois. Malgré ces statistiques faméliques, les Parisiens ont un bon souvenir de … la mentalité exemplaire de Semak. On se console avec ce qu’on peut.
Pavlo Yakovenko
Seuls les fanatiques des albums Panini et les inconditionnels supporters du FC Sochaux-Montbéliard se souviennent de Pavel Iakovenko (son orthographe français). Après avoir passé dix ans au Dynamo Kiev entre 1982 et 1992, le milieu de terrain décide de se barrer pour connaître l’exotisme et la chaleur de Sochaux au mois de janvier. Mal lui en a pris puisqu’en un an, il ne disputera que six matchs pour un petit but marqué. Pourtant Yakovenko possédait un C.V flatteur : 19 sélections avec l’URSS, une Coupe des vainqueurs de Coupes acquise quelques années plus tôt avec Kiev, trois matchs lors de la Coupe du Monde 1986 dont un contre l’équipe de France de Luis Fernandez (score final 1-1) et un but dans cette même compétition contre la Hongrie. Déconcerté par sa pige dans le nord-est de la France mais surtout gêné par une blessure récurrente au genou qui l’avait privé de la Coupe du Monde 1990, Yakovenko décida de mettre un terme à sa carrière en décembre 1993, à 29 ans à peine. Depuis, il est devenu un entraîneur à succès puisqu’il dirige la sélection des espoirs ukrainiens depuis 2008. Son fils, Oleksandr évolue actuellement à la Fiorentina. Souhaitons lui une plus belle carrière que son père.
Maxym Levitski
Ah l’ASSE du début des années 2000, quel régal ! Alex et Aloisio dans la même équipe, Stéphane Pédron et Julien Sablé au milieu mais surtout une mauvaise gestion des dirigeants de l’époque. Mais revenons à l’été 2000. Fort d’une saison 1999/2000 plutôt réussie avec au final une place de sixième de première division, l’ASSE décide de recruter un nouveau gardien de but. Son nom ? Maxym Levitsky. Un recrutement qui semble judicieux après les bons premiers matchs de l’Ukrainien. International à une reprise avant son exode à Saint-Etienne, Levitsky va peu à peu gagner sa place de titulaire dans les cages de l’Ukraine en même temps qu’il essaye de sauver l’ASSE de son marasme. Au soir de la 19ème journée après une victoire 1-0 contre Toulouse, ce qui restera comme le dernier match de Levitsky, l’ASSE est 14ème. Dès lors sa chute va commencer. Depuis plusieurs mois déjà, la rumeur enfle sur le fait que des faux passeports circulent dans le championnat de France. Parmi les joueurs visés, trois stéphanois : Alex et Aloïsio, les deux Brésiliens et bien sûr Maxym Levytsky. Pour rappel, à l’époque, seuls trois joueurs ne venant pas des pays membres de l’Union Européenne sont autorisés à apparaître sur la feuilles de matchs. Aloïsio et Alex avait signé sous le couvert d’un passeport portugais, Levitsky, lui, avec un passeport grec. Mais quand tu t’appelles Levitsky et que tu as un passeport grec, forcément, ça paraît louche. Pour être certains de l’honnêteté de son portier, les dirigeants stéphanois vérifient une première fois l’authenticité de sa pièce d’identité. Verdict : c’est un vrai. Pourtant, le 4 décembre 2000, deux jours après le match contre Toulouse, le passeport de l’Ukrainien (ou grec on ne sait plus trop) est déclaré faux. Dès lors, Maxym Levitsky est suspendu puis mis en examen pour usage de faux. Début janvier, il rejoint le Spartak Moscou. Et l’histoire de l’ASSE. On n’entendra plus jamais parler de lui en France.
Dmitri Ananko
Lorsque le défenseur russe débarque dans la Cité Impériale à l’été 2002, l’espoir de voir débarquer un joueur d’expérience envahit les supporters de l’ACA. Et pour cause, le palmarès du natif de Novocherkassk est plutôt flatteur. A son actif : une sélection avec la Russie contre la Grèce en février 2001 et une trentaine de matchs de Ligue des Champions avec le Spartak Moscou, un club dont il porte les couleurs depuis 1990 avec seulement un interlude de 6 mois à Rostov en 1995. Mais la statistique qui fait de lui le sauveur c’est bien celle-ci, Ananko a en effet remporté le titre de champion de Russie à neuf reprises avec le Spartak. Mais la tâche sera trop lourde pour le Russe. Recruté afin de remplacer l’immense Sébastien Squillaci retourné à Monaco et auteur de deux saisons pleines, le Russe ne fera jamais son trou. Pour se faire la vodka du diable, il est nécessaire de rappeler que Dmitri Ananko n’était pas arrivé dans les meilleures conditions. L’ACA, qui venait d’accéder à la Ligue 1 avait alors procédé à une large revue d’effectif, recrutant Hervé Alicarte, Walter Guglielmone, Bruno Rodriguez, Yohan Demont, Thomas Sowunmi, Laurent Wuillot, Grégory Lacombe, Abdelnasser Ouadah, Mamadou Seck, Xavier Collin, Laurent Moracchini et Stéphane Grégoire. Du côté de l’entraîneur, ce n’était pas la joie non plus dans la mesure où Rolland Courbis fut mis en examen et placé en garde à vue dans l’affaire des malversations lors de transferts à l’Olympique de Marseille juste avant le début officiel de la saison. Finalement, le coach acéiste s’appellera Dominique Bijotat. Celui-ci ne fit absolument pas confiance au Russe qu’il laissera sur le banc ou qu’il ne fera pas joué à son poste de prédilection.
Au jour d’aujourd’hui, à Ajaccio, personne ne se souvient de Dmitri Ananko. Ou plutôt, personne ne veut s’en souvenir.





