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	<title>La Madjer &#187; Euro 1988</title>
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		<title>Le Dynamo de Russie (1988)</title>
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		<pubDate>Tue, 29 May 2012 06:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="/wp-content/uploads/2012/05/Equipe-URSS-1988.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-11610" src="/wp-content/uploads/2012/05/Equipe-URSS-1988.png" alt="" width="620" height="429" /></a>Le début des années 1980 fut marqué par la prise de pouvoir des nations latines (Argentine, Italie, France) après une nette domination du football germanique dans les années 1970 où partout l’on vantait la culture de la gagne de ce Bayern Munich-ci et de cette RFA-là ou encore la splendeur du jeu pratiqué par l’Ajax Amsterdam et son pendant Oranje. En pleine crise de jeu, le football est-européen période soviétique s’offre un dernier frisson avant la chute du Mur et le démantèlement de l’URSS. L’histoire de ce baroud d’honneur soviétique est indissociable de celle du Dynamo Kiev. Elle est surtout indissociable de la carrière d’un homme : Valery Lobanovski.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">Organisation anarchique et désorganisation encadrée</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Pour se replacer dans le contexte, il faut revenir à l’année 1986, au moment où tout a commencé. Engagé en C2, le Dynamo Kiev ne fait qu’une bouchée de ses adversaires pour parvenir à la finale, écrasant sans pitié chacune des équipes s’opposant à lui dans son antre (4-1 devant Utrecht, 3-0 devant l’Universitatea Craiova , 5-1 devant le Rapid Vienne et 3-0 devant le Dukla Prague). Derrière ce festival offensif se dessinent les contours d’un football chatoyant, très proche de celui pratiqué jadis par Johan Cruyff et ses partenaires de la sélection batave. A la baguette, on retrouve Valery Lobanovski, un entraîneur déjà célèbre dans l’histoire du club pour avoir remporté une C2 en 1975. A Gerland, ce passionné d’informatique a l’occasion de marquer un peu plus l’histoire en obtenant une deuxième C2 face à l’Atlético Madrid. Ses joueurs ne vont pas manquer cette opportunité en étrillant sans ménagement les Colchoneros par trois caramels à zéro, un en tout début de partie (4ème) et deux à la fin du spectacle (85ème et 87ème). Plus que le résultat final, c’est la manière de l’emporter qui est soulignée. En partant d’un conventionnel 4-4-2 en losange, Lobanovski réussit à transformer le jeu de ses protégés de sorte que l’on se trouve en présence d’un football anarchique, sans véritable attaquant ou défenseur. Le coach kiévien l’admet lui-même : «<em> Je ne raisonne pas en termes de postes spécifiques, je n’apprécie pas ce genre de joueurs. Pour moi, il n’existe pas de buteur, de milieu ou de défenseur. Il n’y a que des footballeurs qui doivent être capables de savoir tout faire sur un terrain.</em> ». Sur le terrain, tout n’est que permutation. Les attaquants (Igor Belanov, Oleg Blokhine) défendent quand les défenseurs (Sergei Baltacha, Pavlo Yakovenko) attaquent. Le latéral Anatoliy Demanyenko ne rechigne pas à monter sans s’arrêter pendant qu’Alekandr Zavarov, le chef d’orchestre, donne le tempo.</p>
<p style="text-align: justify;">Qualifiée pour le Mondial mexicain, la fédération soviétique rappelle pour la troisième fois Lobanovski à la tête de la sélection. Avec 12 joueurs du Dynamo sélectionnés, l’URSS se pose en véritable outsider de la compétition. Les ambitions soviétiques sont renforcées après un premier tour réussi en disposant tranquillement du Canada (2-0) mais surtout en déglinguant la Hongrie (6-0) et en tenant en échec la France de Platini (1-1). En huitièmes de finale, les hommes de Lobanovski croisent la route de la Belgique. En résulte une énorme frustration après une défaite en prolongations au cours d’un match haletant (3-4, et ce malgré un triplé de Belanov qui recevra le Ballon d’Or pour l’ensemble de sa saison).</p>
<p style="text-align: justify;">L’URSS n’a pu aller très loin dans la compétition mais elle a marqué les esprits en Europe, d’autant plus que le Dynamo Kiev réalise une remarquable campagne de C1 en 1987, stoppée à une marche de la finale par une trop forte équipe de Porto qui ira conquérir la coupe aux grandes oreilles grâce à <a title="Rabah Madjer, d’Hussein Dey à Doha" href="/rabah-madjer-dhussein-dey-a-doha/" target="_blank">Rabah Madjer</a>. Dans le même temps, l’URSS domine son groupe de qualification pour l’Euro sans rencontrer de grandes difficultés, faisant face à une France perdue suite au retrait de ses grandes gloires (Platini, Giresse, Rocheteau, Tigana, Bossis), celle-ci terminant à une pathétique troisième place.</p>
<h3><span style="color: #6ab32c;">Façon blitzkrieg</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Pour jouer l’Euro 1988 en Allemagne de l’Ouest, Lobanovski fait appel à 11 joueurs de son Dynamo. Huit d’entre eux squattent régulièrement une place de titulaire (Bessonov, Demanyenko, Rats, Litovchenko, Zavarov, Mikhailichenko, Protasov, Belanov), le poste de gardien de but étant occupé par le géant moscovite Rinat Dasayev, la charnière centrale étant composée de Vagiz Khidiyatullin et du bélarusse Sergei Aleinikov. D’entrée, les soviétiques frappent forts en battant les Pays-Bas (1-0, but de Rats). Face à l’Irlande, Protasov égalise en concluant une action collective remarquable, répondant ainsi à la superbe réalisation de Ronnie Whelan (1-1). L’URSS assure sa qualification en clouant le cercueil de l’Angleterre époque Tony Adams (3-1) et part affronter l’Italie (menée à l’époque par Baresi, Maldini, Ancelotti, Mancini, Vialli ou encore Donadoni) dans une demi-finale indécise à Stuttgart.</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/7EDQNJmiVsg" frameborder="0" width="580" height="350"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Vaincue par la Nazionale avant la compétition (4-1), la sélection soviétique montre un tout autre visage et contribue à rendre la partie équilibrée. Les Italiens monopolisent le ballon sans toutefois forcer la décision, les Soviétiques partant de leur solide base arrière pour « gicler » en contre. En quatre minutes, façon blitzkrieg, l’affaire est pliée sur des réalisations de Lytovchenko (58ème) et Protasov (62ème). Très forte dans tous les compartiments du jeu, l’Union soviétique semble en mesure de remporter un deuxième trophée continental.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, les Soviétiques tombent sur un os qu’ils avaient pourtant réussi à mater au premier tour : les Pays-Bas des Milanais Gullit et van Basten. Au terme d’une partie agréable et équilibrée, c’est le réalisme néerlandais qui fait la différence. La volée magique de van Basten en est évidemment le symbole, tout comme le pénalty manqué par Belanov pour revenir dans le match. L’épopée des hommes de Lobanovski constitue la dernière performance de l’URSS avant sa disparition en 1991.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Déjà paru<br />
</strong>- <a title="Le temps de l’hégémonie soviétique (1960-1972)" href="/le-temps-de-lhegemonie-sovietique-1960-1972/" target="_blank">Le temps de l’hégémonie soviétique (1960-1972)<br />
</a>- <a href="/la-tchecoslovaquie-dantonin-panenka-1976-1980/" target="_blank">La Tchécoslovaquie d&rsquo;Antonin Panenka (1976-1980)</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A découvrir prochainement</strong><br />
- R.Tchèque : génération dorée, jamais sacrée (1996-2004)</p>
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