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Pastore lors de sa présentation au Parc des Princes.

L’homme aux 42 millions d’euros, le coup de folie du nouveau PSG patte Leonardo. Un montant exorbitant pour le championnat français, le plus gros de son histoire. Depuis la signature de Javier Pastore à Paris début août, on a entendu un nombre incalculable de fois le prix de l’Argentin, encore ce week-end. Il est temps d’outrepasser le coût de sa venue dans l’Hexagone et de se réjouir, enfin.

Rarement (jamais ?) un club français a battu un mastodonte européen pour la signature d’une valeur montante. Chelsea avait aligné près de 40 millions pour amener l’ancien joueur de Huracan à Londres, de quoi satisfaire les exigences économiques de Maurico Zamperini, le président de Palerme. Contre 42, Pastore rejoignit finalement le PSG, inattendu en France où l’attractivité de la Ligue 1 est souvent jugée proche du néant…

Évidemment, un tel transfert fit forcément débat et dès l’officialisation, une foule d’articles similaires plut : « Pastore vaut-il 42 millions ? » en tête. Les nouveaux moyens pharaoniques du PSG renforcèrent la légitimité de telles réflexions. Les dirigeants parisiens n’auraient-ils pas surpayé Palerme pour écraser une concurrence qui partait logiquement favorite ? Malgré les déclarations de Zamperini – qui prêta à Chelsea une offre de 50 millions pour le jeune international de l’Albiceleste – les autres clubs intéressés semblèrent abandonner l’affaire lorsque le montant de l’offre parisienne fut connu.

À présent, il n’est plus question de débattre de son prix. Après seulement trois matches disputés comme titulaire (Differdange deux fois puis Toulouse, quatre passes décisives), et une entrée en jeu contre Valenciennes, El Flaco s’est déjà distingué par son profil presque inédit en Ligue 1. Si sa qualité de passe, son élégance et sa nationalité font penser à Lucho, sa vitesse de course et son talent en un contre un l’éloignent du milieu marseillais. Des joueurs de cette classe n’abondent pas dans les effectifs français, et il serait judicieux de ne pas faire un blocage sur le coût du talent. Lucho et Lisandro avaient respectivement coûté 18 et 24 millions. Le premier a mené l’OM vers un titre de champion et fini meilleur passeur du championnat. Le second a conduit l’OL en demi-finale de Champions League, a empilé une cinquantaine de buts en deux saisons et a remporté le trophée UNFP du meilleur joueur du championnat en 2010.

Contre Toulouse dimanche, Javier Pastore a été l’homme de la grande deuxième période parisienne, offrant à Gameiro et Erding les buts de l’égalisation et de la victoire, avant de délivrer une avant-dernière passe réellement décisive (et belle) sur le troisième but. Il prouve, s’il le fallait encore, que les Argentins et plus largement les Sud-Américains – les Brésiliens de Lyon l’ont déjà démontré – peuvent très bien s’adapter à cette Ligue 1 réputée moins technique que ses compères européennes. Si les clubs français ne veulent pas s’exclamer sur le prix du talent confirmé, ils devraient (enfin) ouvrir grand les yeux sur le potentiel infini du football outre-Atlantique. Et ne pas refuser ces joueurs là parce qu’ils ne sont pas bodybuildés (bravo Saint-Etienne). Mauricio Zamperini aurait bien quelques conseils à leur donner (1).

(1). Avant Pastore, Palerme avait notamment recruté l’Uruguayen Edinson Cavani, vendu à Naples à l’été 2010 pour 17 millions. Il a marqué 26 buts en Serie A la saison passée (33 en 47 matches avec le Napoli). Aujourd’hui, les Palermitains comptent Abel Hernandez dans leur équipe, uruguayen également et déjà repéré par les plus grands.

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