Volontaires, travailleurs, solidaires. Étonnants attaquants. Pour la première fois de la saison, le PSG a proposé une équipe cohérente presque 90 minutes durant. Montré du doigt depuis le début du championnat pour sa faible participation défensive, le quatuor offensif parisien a défendu à Montpellier. C’était indispensable pour ramener quelque chose de la Mosson, et ça l’était encore plus pour gagner 3-0. Un oneshot ou de belles promesses ?
Jérémy Ménez embête Bedimo, Nene tente d’occuper son couloir et ne marche pas sur les pieds de Pastore. Pas une plongée dans les rêves de Kombouaré mais un résumé de samedi soir. Tous deux cibles des critiques – Ménez carrément sifflé -, les ailiers de la capitale ont rangé leurs têtes à claques pour sortir celles qu’on applaudit. Celle du mec qui évite un corner, récupère dans son camp et donne rapidement le cuir à Pastore. Celle du type qui joue comme la saison passée, envoie un centre emballé dans du papier cadeau au lieu d’agacer.
À l’approche du déplacement dans le Languedoc, les doutes subsistaient et grandissaient encore à l’annonce de la composition. Matuidi – Bodmer au milieu ? Suicidaire face à une équipe huilée, suicidaire lorsque quatre joueurs ne défendent pas. Chantôme au secours je pensai. Un investissement défensif plus important que les semaines précédentes de Nene et Ménez relevait de l’utopie. Vingt minutes confirmèrent le caractère rêveur d’une telle hypothèse. Puis peu à peu, l’arrêt décisif par match de Sirigu passé (double arrêt en l’occurrence), Paris s’est accordé. Pastore a émergé, Gameiro a entourloupé Yanga-Mbiwa sur une première occasion manquée. Plus que le travail à l’arrière des ailiers parisiens, la solidité du duo Matuidi – Bodmer fut la bonne surprise de la rencontre. Et comme depuis quelques saisons, Paris a fait la différence en partant de loin, alors que Montpellier faisait naviguer la balle à la recherche d’une solution. Une action simple, pas de dribbles futiles, juste des passes, encore des passes, et une ultime superbe de Nene vers Gameiro qui trompa Jourdren.
La suite semblait alors écrite et tout suiveur du PSG a vu défiler des images dans sa tête. Un autre but, peut-être un concédé, mais une victoire au bout. 2010/2011 a engagé le virage vers un club moins chaotique dans la gestion de ses matches, plus serein, capable de revenir au score ou de le garder (heureusement les membres d’Edel n’ont pas de bouche pour me contredire). Un club de haut de tableau en fait.
Un club de haut de tableau toujours plus à l’aise lorsqu’il n’a pas le tempo à sa charge. Paradoxal pour un supposé favori. Il y avait eu ce nul à Rennes, qui malgré les souffrances, les errements et les nombreuses sollicitations de Sirigu, avait montré une équipe, tout simplement. Avec du liant entre les lignes – merci Chantôme – et des mouvements intéressants. Mais c’était avant l’intégration de Javier Pastore. L’Argentin a attiré les attaquants vers lui, consciemment ou pas aimantés par une qualité technique pareille. Au Parc des Princes, aux heures des obligations, de devoir dominer, trouver la faille dans une défense qui se contenterait d’un nul, Paris galère. Paris ralentit, tout le monde veut briller, les joueurs se piquent le diamant et à force l’éraflent. Le jeu en contre interdit tout déchet aux offensifs parisiens. C’est ainsi qu’à Montpellier, les occasions ont frôlé la dizaine.
Contre Lyon dimanche prochain, à domicile, le PSG devra allier mise en œuvre du tempo, simplicité dans le jeu et solidarité défensive. Parce que le contre plaît à Lyon également, Marseille l’a constaté. Parce que Lyon se fera un plaisir de laisser le ballon, cette sphère empoisonnée aux Parisiens. Paris a vaincu sa malédiction qui l’empêchait de prendre la première place (ex-aequo certes), depuis six ans. Mais une mauvaise habitude peut revenir vite, un peu comme des hackeurs russes.





