"Moi aussi les vannes de Zidano me font rire jaune !"

La question était en suspend : réélection via les urnes ou l’acclamation ? C’est finalement la deuxième option qui prime. Pour faire simple, si le vice-président de l’UEFA le juge utile, il peut demander à son assemblée soit de voter pour une acclamation, soit pour un vote à bulletin secret. Dans le cas présent, Platini étant le seul à se présenter à sa propre succession, les 53 représentants de fédérations ont opté pour l’acclamation. Or, c’est un procédé très technique, nécessitant à la fois un excellent organe vocal mais aussi une bonne paire de mimines aux doigts bien gras pour claquer les paumes. Donc Michel reste président de l’UEFA jusqu’en 2015. Et surtout, le point d’orgue de son nouveau mandat est fixé à la saison 2013-2014, l’année zéro du fair-play financier.

Les mêmes bases financières, pour tous

Le football est fait de 17 règles simples. Platini respecte les principes du terrain : pour lui, un club ne peut pas dépenser plus que ce qu’il ne gagne. A l’heure où les déficits des clubs européens avoisineraient les 1,2 milliards d’euros, les prochaines saisons prépareront le terrain de chasse de Platoche. « Quiconque ne respectera pas cette règle, pourtant des plus simples, se verra tout bonnement écarté des compétitions européennes », ce pourrait être le moto des têtes pensantes européennes, après la crise financière de 2009. En début d’année, l’UEFA dévoilait des chiffres catastrophiques. Sur les 733 clubs d’élite européens, 56% comptaient plus de dépenses que de recettes et le déficit total s’aggrave de 85% en un an.

Trop c’est trop ! Le fric fait la pluie et le beau temps dans le monde du football, avec une nette tendance à préférer le climat de Dunkerque plutôt que celui de Barcelone. Tous les clubs doivent se battre à arme égale, quitte à mettre sous muselière les plus gros, essentiellement anglais. Depuis 2007, Michel se la joue rebelle et rompt avec le conservatisme puant de son prédécesseur. Et même s’il n’a jamais avoué vouloir imposer une Direction Nationale de Contrôle de Gestion (DNCG, produit d’appellation d’origine contrôlée française) à la sauce européenne, ses directives vont dans ce sens.

Si la question est de savoir si j’aurai le courage de sanctionner les clubs de renom, la réponse est oui. Est-ce que vous pensiez, il y a quelques années que la DNCG rétrograderait des clubs comme Bordeaux (1991) ou l’OM (1994) ? Pourtant, elle l’a fait. Et puis, il y a toutes sortes de sanctions possibles comme la limitation des transferts ou de la masse salariale.

Paraît-il qu’il aurait terminé ses saintes paroles sur un « suivez mon regard » en direction de la fédération espagnole et anglaise. Nous n’en savons pas plus pour le moment.

Seulement, il serait assez injuste de penser que l’UEFA ne serait là que pour tirer les oreilles. Et même si seuls 4 clubs, parmi les 30 plus importants sur le Vieux Continent, sont en équilibre financier, le petit père des peuples explique qu’il pourra toujours tendre sa main pour sortir les plus désespérés de la spirale infernale (le FC Valence, entre autres), sans pour autant préciser comment et sous quelles conditions.

Le débat qui revient, l’arbitrage

Autre thème qui tient à coeur à l’ex numéro 10, l’arbitrage. Ou plutôt, comment arbitrer mieux sans avoir à utiliser la vidéo. Car, oui, le premier détracteur de l’utilisation de caméras, c’est lui. Au pic de la crise des pro-vidéos, il trouvait le compromis idéal : cinq arbitres, dont un sur chaque surface de réparation. Testé sans polémique en Europa League l’an dernier, le dispositif s’est exporté en C1 cette saison. Là encore, sans réelles améliorations. Pire, payer cinq arbitres, c’est plus que trois. Et comme on connaît la logique ultra simpliste du président, il est clair que faire accepter cette pilule aux fédés les plus défavorisées ne sera pas une mince affaire. L’avantage de la vidéo, c’est qu’elle ne nécessite aucune paie à la fin du mois. La route est encore longue, surtout que le débat sans fin se réveille de nouveau en France et place les arbitres une nouvelle fois dans la tourmente.

L’euro 2012, les petits clubs, l’Europe de l’Est, la violence…

A l’origine de la fin du G14, le club so private des grands clubs européens, Platini. On vous l’avait dit, c’est un rebelle. Brisant ainsi le lobby d’Aulas et co, Michel s’aligne sur sa politique du « football pour tous » et modifie quelque peu les formalités d’accession de la C3, devenue Europa League sous sa gouverne, et de C1. Adieu coupes Intertoto interminables aux clubs sonnant tous plus soviétiques les uns que les autres !

Aujourd’hui, la simplification des tours préliminaires fait que l’on retrouve le FC Copenhague en 8èmes de finale de Champion’s League ou le Shakhtar Donetsk en quarts, et, plus globalement, plus de champions nationaux que de 4èmes ou 5èmes espagnol ou anglais.

Évidemment, cet élargissement joue en faveur de l’Europe de l’Est, délaissée pour manque d’intérêt. L’objectif étant de nettoyer ces championnats obscurs de toute trace de corruption en vue du tant attendu Euro ukraino-polonais. Malgré l’inquiétude qui fut portée sur l’avancée des travaux, Platini garde désormais la pêche et est plutôt confiant.

Mais Michou n’a pas qu’une corde à son arc, il compte bien s’attaquer à la violence autour des stades ainsi qu’à la place des femmes le foot. Un sport que Platini s’efforce à rendre plus juste, plus sain et plus agréable. Un sport plus simple.

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4 réponses

  1. Twilight-Brawl dit :

    Le fair-play financier est une bonne idée…mais pourrait-elle faire le poids face à un lobby composé des gros clubs endettés, style un neo-G14 ?
    Il pourrait les exclure de la C1 mais l’image de la compétition en prendrait un coup et ça pourrait faire fuir les diffuseurs européens et internationaux. Donc moins de sous pour l’UEFA…

    Ensuite l’arbitrage à cinq. La blague du siècle :rire: Mon dieu, je l’ai vu en C3 avec Lille et, en ne jouant pas les supporters subjectifs, c’est vraiment inutile. J’ai des tas de “vols” comme un péno évident sur Gervinho face à Valence et ce juste à côté de l’arbitre de surface qui bronche pas ou la main amenant le but du SCP…A 3 on aurait pu dire que l’arbitre central était mal placé, mais à 5 avec le gars juste à côté de l’action et qui n’en branle pas une, ça passe plus…

    Enfin, j’ai bien aimé sa réforme sur les tours préliminaires, ça permet aux petits pays d’être présent dans les poules et plus loin (un vent frais sur la compétition) et ça m’a permis de prendre plaisir devant des beaux matchs comme un YB Berne-Tott’ham. Par contre, j’ai lu quelque part que le calcul du coefficient allait peut-être changé en 2012-13 : 3 saisons au lieu de 5 maintenant. La France est dans la merde…

  2. V4L dit :

    Salut TB !

    Oui, il paraît difficile de concevoir une C1 privée du Barça, du Real, de Chelsea, de l’Inter et tutti quanti.
    Mais attention, Platini souligne bien que l’exclusion serait la peine la plus lourde, et qu’auparavant, il y aurait des sanctions paliers.

    Une limitation de transfert sur une saison pourrait donner du fil à retorde à un favori (type Barça) en coupe d’Europe… Et comme tous bons Français que nous sommes, nous aimons voir les favoris tomber. Donc, finalement, et pourquoi pas, encore plus d’enjeux et de caméras sur un favori fragilisé par une sanction rendue publique.

    Par contre, par rapport à l’arbitrage à 5, aurais-tu des données chiffrées ? Des bilans permettant de voir s’il y a évolution ou non ? Je sonde des connaissances wikipédiesques :o)

  3. Twilight-Brawl dit :

    J’ai vu un article qui traine sur un topic des forums de jeuxvideo.com concernant les stats avant/après. Mais pour le retrouver, ça va être chaud.

  4. Walter Gargano dit :

    Salut !

    En fait, j’ai pas du tout les mêmes pensées que toi, là tu fais l’apologie du fair-play financier alors que bon, moi, j’aime pas trop. Je trouve le projet plus franco-ragix qu’autre chose.

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