Justice has been done. Sir Alex l’avait prévu, désormais, il l’a fait. Manchester détrône de son perchoir Liverpool. 18-17, score d’un tie-break inachevé, MU prend bel et bien l’avantage. Auteur d’un match sans accroc ou presque, les Devils ont maîtrisé leur bien faible sujet. Chelsea, dont on faisait pourtant l’éloge de son incroyable retour en si peu de temps, était d’une pauvreté technique consternante, sa construction dans l’entre-jeu tenant plutôt d’acte de présence que de réelle volonté d’arracher la victoire la plus importante de la saison.
De quoi rivaliser avec le Barça
Donc Sir Alex a gagné son bras de fer de longue haleine avec les rivaux jurés, le tout en une mi-temps intense. Parce qu’à vrai dire, passées les 45 premières minutes, on s’est fait chier comme des rats morts. Park était carrément moins en vue et Rooney décrochait plus qu’il ne montait afin d’empêcher le jeu des Blues de se construire. Après l’euphorie du but précoce du non moins prématuré Chicarito (35 secondes et des poussières), la machine rouge a fait le taff, privant systématiquement la bande à Ancelotti (lui aussi dans la course de Sir Alex en tant que plus gros mastiqueur) du moindre ballon. Le constat est barcelonesque, après un quart d’heure de jeu, c’est une possession proche de 77% en faveur des néo-champions. Le pire, c’est que cette entame conditionne le reste du match pour les visiteurs : incapables de trouver des solutions par eux-mêmes, attendant la moindre erreur en faisant tourner le ballon. Seulement voilà, quand en face on a le meilleur défenseur européen de la saison alors que lorsque l’on se retourne et qu’on a une ligne de 4 en défense qui fait pitié, on a de quoi craindre la correction. Park et Valencia furent virevoltants, les deux s’étant partagés studieusement quelle mi-temps exploser. Le Coréen prit la première avec à la clé une passe décisive pour Hernandez.
Le but du Mexicain est exemplaire tant il pointe du doigt les lacunes défensives de Chelsea et de ses espaces gigantesques entre les lignes. En deux passes longues, Giggs qui lance Park qui à son tour lance Chicharito au bord du hors-jeu, c’est toute l’équipe londonienne qui passe à la trappe. Quelques minutes plus tard, Ji-Sung est à la récupération d’un ballon perdu puis passe à Rooney, lequel n’hésite pas à balancer un météore aux 30 mètres. Lorsqu’il n’est pas l’auteur de la dernière passe, Park est dans la construction, notamment le contre parfait au quart d’heure de jeu sur un enchaînement ultra-rapide avec Valencia et Wayne. A côté, mais le back-four en face passe à la trappe. 22ème minute, l’intenable ailier gauche mancunien tente sa chance avec une frappe tendu et vicieuse, que Cech repousse en corner. Déçu, il jouera en une deux le coup de pied de coin (Thierry Rolland inside) avec Giggs, qui centrera en direction de la tête de Vidic. Le Serbe est libéré du marquage de Luiz qui se trompe au dernier moment de joueur. Pas de bol, sur cette erreur infime, Manchester concrétise le fossé qui sépare les deux équipes.
Le roi est mort, vive le roi !
Malgré une petite frayeur sur un corner de Malouda, MU est serein. La deuxième mi-temps est en option. Chelsea marquera un but mou et en deux-temps grâce à Lampard. Mais 1 ou 0, la manière compte plus que le résultat. Chelsea perd sa couronne, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est mérité. Désespérant avec son milieu de terrain offensif incapable de percer la défense ou d’ajuster des passes longues convenables, ses défenseurs à la rue, ses ailiers impuissants et son attaque en berne. J’ai oublié de parler des récupérateurs, mais avec ou sans, le premier rideau défensif est un mort-né.
Le roi est mort, vive le roi. La perspective de voir MU champion n’est guère plus réjouissante que ce que propose Chelski, mais du moins, les Devils ont tout des grandes équipes. Premièrement, ils sont imprenables à domicile, absolument imbattables à Old Trafford. C’est mieux que le Barça, le Real, L’Inter ou Dortmund.
Deuxièmement, ils restent maître du jeu, du moins, le plus souvent. Ces derniers temps, les joueurs paraissent calmes et toujours capables de marquer lorsqu’ils le souhaitent. Défaut : ils ne savent pas emballer le match une fois qu’ils mènent, trop sûrs d’eux.
Troisièmement, en plus d’avoir un des meilleurs attaquants du monde, ils disposent d’une pépite nommée Hernandez, aka Chicharito, qui embrasse sa première saison anglaise avec déjà 20 buts inscrits. Et son potentiel n’est pas encore totalement dévoilé, de quoi inquiéter Pep Guardiola à court terme, et à long terme, de se perfectionner dans son rôle de renard des surfaces. L’ombre de Van Nistelrooy plane.
Manchester n’est sûrement pas le plus beau des champions, mais c’est certainement le plus agressif et efficace.





