Passé le point sur le site, le contenant, il fallait forcément parler du contenu, le football. Et bien sûr d’abord du foot français.
La saison 2010-2011 n’a fait que confirmer des quasi-certitudes sur le plan national. La hiérarchie du championnat a définitivement changé. Mort l’ogre lyonnais, disparue la comète bordelaise. Marseillais et Lillois en ont profité pour asseoir leur supériorité. Deux clubs historiques ont poursuivi dans la médiocrité et déprimeront désormais leurs supporters en Ligue 2. Retour dans l’élite où Paris refait parler de lui, grâce à ses performances mais surtout grâce à un recrutement clinquant à coups de billets qataris. On pensait cette Ligue 1 trop morose pour séduire des investisseurs aux finances démesurées. Puis Malaga, pas plus attirant que Nice, a été racheté. L’intérêt qatari pour Paris n’a finalement rien de surprenant tant il y a à construire dans une ville qui n’a pas connu de succès retentissant depuis 1996.
La saison 2011-2012 annonce ainsi un changement de hiérarchie financière dans l’Hexagone. Le Lyon pilleur de la Ligue 1 doit payer trois ans de néant, l’OM Labrune tranche avec le dépensier Dassier. Paris et les autres, semble-t-il. Que penser de ce déséquilibre, de ce monopole du pognon ? Au début des années 2000, la Premier League a connu une situation comparable avec l’arrivée d’Abramovich et de ses lingots à Chelsea, qui a claqué des centaines de millions pour accélérer la progression des Blues. Pour finir par se calmer, constatant que quadrupler les postes n’était pas l’idéal, d’autant plus avec des joueurs surcotés. Néanmoins, Chelsea n’était pas le seul club de son championnat capable d’aligner les chèques, à l’inverse de Paris en France. Un championnat sans concurrence « mercatique », c’est pas un peu chiant ? Un débarquement d’un investisseur étranger en appelle-t-il d’autres ?
Le positif de cette soudaine force de frappe économique dans la capitale, c’est le possible retour de la compétitivité française à l’échelle continentale. Fini l’argument économique qu’on nous servait à chaque défaite tricolore en milieu de semaine : « il faut de l’argent pour recruter et gagner ! ». Une indémodable réplique aux méchants critiques du football français, argument qu’on sait stupide depuis l’émergence du FC Porto, qui achète petit et revend gros, tout en triomphant. A présent, un club français est au même niveau financier que les plus grands. Si le succès se pointe, il faudra reconnaitre aux défenseurs de l’argument économique leur pertinence. Si non, il faudra se demander où ça coince, si ce n’est pas l’argent.
Pour rivaliser avec leurs concurrents européens, plusieurs clubs français vont se doter d’un nouveau stade ou rénover l’actuel. Lille joue sa dernière saison à Villeneuve d’Ascq, le stade des Lumières tant voulu par Jean-Michel Aulas semble enfin arriver, Bordeaux aura sa nouvelle enceinte pour l’Euro 2016. Le Vélodrome s’injecte un peu de botox et ce sera au tour du Parc des Princes à l’horizon 2013. Une modernisation tardive mais réjouissante tant elle touche la totalité des clubs au top aujourd’hui.
Profiter de l’Euro 2016 pour rattraper un retard considérable sur les stades étrangers est une bonne idée. Encore faut-il s’y présenter avec une équipe talentueuse. D’ici là, il est nécessaire d’accélérer la progression des équipes de France, oui, au pluriel. Les U17 ont perdu en quart du mondial mexicain (face aux locaux, vainqueurs de la compétition), les U20 ont été écrasés 4-1 pour leur premier match lors du mondial colombien (face aux locaux, décidément).
Le prochain Euro n’est que dans un an. Un an aussi depuis que Laurent Blanc a succédé à Raymond Domenech. Après des débuts poussifs, la France a réussi à lancer sa campagne de qualifs, mélangeant victoires décevantes en éliminatoires et satisfaisantes en amical. Après avoir redonné l’habitude de la victoire à cette équipe, Laurent Blanc doit désormais s’atteler à l’animation offensive des Bleus, secteur en jachère depuis cinq ans. Ce sera indispensable pour bien figurer en Pologne et en Ukraine, puis face à l’Espagne durant les qualifications pour la Coupe du Monde 2014. Les ibériques viennent d’être sacrés champions d’Europe en U19. En juin, ils avaient gagné cette compétition dans la catégorie U21…





