Vainqueur de la compétition en 2004, la Grèce avait enchaîné par un Euro 2008 misérable, éliminée dès les poules avec trois défaites. Pour ce troisième championnat d’Europe consécutif, les Grecs peuvent réanimer une équipe nationale léthargique depuis le but victorieux d’Angelos Charisteas il y a huit ans. Otto Rehhagel parti, la sélection est menée depuis deux ans par Fernando Santos. Le Portugais, après avoir été coach dans son pays natal puis en Grèce pendant les années 2000, a profité d’éliminatoires ouverts pour qualifier son équipe. Mais le jeu pratiqué est toujours embryonnaire, et l’enthousiasme demeure un fantasme. Pour changer les habitudes, la sélection espère une nouvelle génération plus joueuse que celle de Dellas, Nikopolodis et Basinas.
Qui sont-ils ?
Leurs 23 joueurs sélectionnés
GARDIENS :
Costas Chalkias (PAOK Salonique)
Michalis Sifakis (Aris Salonique)
Alexandros Tzorvas (Palerme)
DÉFENSEURS :
Vasilis Torosidis (Olympiakos)
Avraam Papadopoulos (Olympiakos)
Kyriakos Papadopoulos (Schalke 04)
Stelios Malezas (PAOK Salonique)
Jose Holebas (Olympiakos)
Giorgos Tzavellas (AS Monaco)
Sokratis Papastathopoulos (Werder Brême)
MILIEUX :
Grigoris Makos (AEK Athènes)
Giannis Maniatis (Olympiakos)
Kostas Katsouranis (Panathinaikos)
Giorgos Karagounis (Panathinaikos)
Giorgos Fotakis (PAOK Salonique)
Kostas Fortounis (Kaiserslautern)
Sotiris Ninis (Panathinaikos)
Giannis Fetfatzidis (Olympiakos)
ATTAQUANTS :
Giorgos Samaras (Celtic Glasgow)
Dimitris Salpigidis (PAOK Salonique)
Fanis Gekas (Samsunspor)
Nikos Limberopoulos (AEK Athènes)
Kostas Mitroglou (Atromitos Athènes)
Leur entraîneur
Fernando Santos
Leur capitaine
Giorgios Karagounis
Leurs tauliers
Kostas Katsouranis, Giorgios Karagounis et Sotiris Ninis
Leurs jeunes pousses (-23 ans)
Sotiris Ninis, Kyriakos Papadopoulos, Sokratis Papastathopoulos, Kostas Fortounis et Giannis Fetfatzidis

Leurs points forts
Le départ d’Otto Rehhagel n’a pas fait disparaître les bonnes habitudes. Avec seulement cinq buts encaissés en dix matches lors des éliminatoires, la Grèce fait partie des meilleures défenses d’Europe (juste derrière son futur adversaire russe qui n’a encaissé que quatre buts). Dans ce secteur, la sélection hellène dispose de joueurs d’avenir. Kyriakos Papadopoulos, à peine vingt ans, a connu l’épopée de Schalke en Ligue des Champions la saison passée. Sokratis Papastathopoulos, 23 ans, s’est établi comme un titulaire en équipe nationale. Nikopolodis, Dellas et Seitaridis sont partis, Vyntra et Spiropoulos ont été laissés de côté, mais la Grèce garde le cap. La jeunesse existe aussi sur le plan offensif. Entre Sotiris Ninis (22 ans), milieu offensif créateur, le plus grand potentiel grec, et Kostas Mitroglou (24 ans), buteur de qualité (17 buts en 33 matches cette saison), le fantôme de Charisteas a été chassé.
L’équipe peut également compter sur une ossature toujours aussi stable. Le championnat grec délivre 16 des 25 joueurs sélectionnés, et le duo Panathinaikos – Olympiakos est toujours le vivier principal de la sélection, comme peut l’être celui du Real et du Barça en Espagne. Enfin, le retour au premier plan de Theofanis Gekas est un soulagement. Après trois ans d’errements, ponctués de prêts ratés, le buteur grec numéro 1 a retrouvé son talent : 8 buts en 11 matches avec Samsunspor en Turquie, dont un triplé contre Fenerbahce. Lui qui avait pris sa retraite nationale après la Coupe du Monde 2010 avant de revenir sur sa décision sera bien utile à une équipe qui marque peu.
Leurs points faibles
Les bonnes habitudes sont restées, les mauvaises également. 14 buts en 10 matches, un triste total pour un vainqueur de groupe. Quatre buts de moins que les malheureux Croates, seconds du groupe. La sélection souffre d’un cruel manque de créativité et de vitesse. Si Mitroglou s’avère talentueux, il ne diffère pas des profils connus au pays : grand, costaud, athlétique. Theofanis Gekas a perdu la vélocité de ses jambes depuis des années, Samaras n’a jamais été rapide. Seul Ninis, placé sur l’aile droite, allie les deux qualités qui font défaut à la Grèce. Au milieu, personne n’a su concurrencer Katsouranis, 32 ans, et Karagounis, 35 ans. Si ces âges avancés peuvent être gages d’expériences, ils sont aussi le signe d’une formation qui peine à sortir une nouvelle génération de créateurs, d’organisateurs. Certes, la Grèce est tombée dans le groupe plus homogène de la compétition, mais elle affrontera des effectifs totalement opposés au sien : techniques, créatifs, modernes. La victoire de Chelsea en Ligue des Champions pourrait être une source d’inspiration. Rééditer 2004 semble néanmoins impossible tant les favoris sont supérieurs cette année.
Impossible aussi de définir un onze titulaire. Le poste de gardien est grandement discuté, les trois sélectionnés ne se sont jamais imposés et la non-sélection de Chiotis a fait débat. Ce dernier a déclaré que la « méritocratie » n’existait plus. L’attaque fait tout autant débat : Samaras ou Salpigidis ? Gekas ou Mitroglou ? Même les tauliers sont remis en question. La Grèce est une équipe nationale en manque de repères qui a bien besoin d’un bon tournoi pour en trouver. Sortir du groupe serait une performance.
Leur bilan de la phase qualificative
7V, 3N, 0D – premiers du groupe F devant la Croatie et Israël.
Leur meilleure performance dans un Euro
Euro 2004 – victoire en finale contre le Portugal (1-0).
Les trois stats qui font frémir leurs adversaires
• Zéro. Voilà le nombre de défaites de la Grèce lors des éliminatoires. Dans un groupe certes facile (Croatie, Israël, Malte, Lettonie, Géorgie), les Grecs sont restés invaincus.
• Superstitieux ? La dernière fois que la Grèce a joué le match d’ouverture d’un Euro, c’était contre le Portugal. Une victoire 2-1 en 2004 pour commencer un tournoi que la sélection finira par remporter.
• Deux, comme le nombre de Papadopoulos dans l’effectif. Histoire de jouer à douze sans que les adversaires ne s’en aperçoivent.
Prise de température dans les tribunes

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