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Mercredi soir le stade Duvauchelle de Créteil accueillait Meaux – Saint-Étienne en 16ème de finale de Coupe de France. Le presque petit poucet affrontait donc le presque géant vert. Pourtant, sur la pelouse, on était loin d’un duel entre David et Goliath. Récit d’une soirée extraordinaire avec notre envoyé spécial en direct de chez les Portugais.

CSMASSE

Tout commença par un « Putain ça me fait, je veux juste rentrer chez moi connard » dans les rues bondées et bouchonnées de Créteil. Il faut dire que le public était au rendez-vous. 7500 spectateurs s’étaient pressés au Stade Duvauchelle pour un match historique côté meldois. Les cristolliens n’avaient pas connu une telle affluence au stade depuis l’époque de Mickaël Madar. Et encore. À l’intérieur, les ‘Ultras’ sont en feu, fumigènes, pétards et laser sont présents. Merde, on se croirait dans un stade de Ligue 1. Bref, les joueurs entrent sur la pelouse accompagnés de Bara Bara Bere Bere d’Alex Ferrari, qui sera l’hymne de la soirée. Les oreilles saignent, mais fort heureusement des

« Brandao en prison »

viennent prendre le relais peu de temps après. Sur le terrain, ce sont les stéphanois qui dominent le début de la rencontre en monopolisant le ballon. Les combinaisons sur le côté droit sont nombreuses avec notamment un Kurt Zouma très actif offensivement. Cependant, l’ASSE n’est pas si dangereux que cela, à cause d’un Brandao plutôt mauvais. Et il faudra attendre la 17ème minute pour voir les meldois s’approcher de la surface adverse avec un corner. Neuf minutes plus tard, ils s’approcheront encore de Jessy Moulin après une belle action collective. L’espoir d’une qualification prend forme. Cet espoir se cassera presque nettement avec l’expulsion de N’Dikpo dès la 37ème minute. À 10 contre 11, les Verts dominent toujours autant mais continuent aussi de se heurter à une équipe valeureuse et solidaire. Brandao, Guilavogui ou encore Mollo butent sur Babou Yattabaré, star de la soirée. Le score à la mi-temps est de 0-0.

Boules de neige et Panenka

Si le spectacle ne fut pas trop sur le terrain, il le fut dans les tribunes lorsque les ultras des Magic Fans et des Green Angels viendront affronter les supporters de Meaux parqués en tribune d’honneur avec… des boules de neige. La réponse meldoise se fera dix minutes plus tard avec des pétards et des fumigènes lancés sur la pelouse qui pousseront l’arbitre à stopper le match pendant 5 minutes. Bon, ce n’est pas très intelligent, mais au moins, c’est jouissif. Le comportement des joueurs du Meaux Academy sera aussi jouissif en deuxième période dans la mesure où ils lâcheront les chevaux. Moins terrorisés par l’enjeu, les hommes de Samir Salah prirent le taureau par les cornes et sortirent de leur camp un peu plus souvent. Mokrane, Saouti et El Fathi se montrent un peu plus bien que leur choix offensifs sont trop précipités. Finalement, personne ne parvient à prendre le dessus sur personne. Et l’entrée d’Aubameyang, très crainte par les supporters, n’aura rien apporté. Les prolongations, doux rêves des meldois avant le match, pointent le bout du nez. Nous, nos bouts du nez sont congelés, la faute à une température pas loin d’être négative. Rien dans la prolongation ne nous fera nous réchauffer. Pauvres en occasions, les 30 minutes supplémentaires ne furent qu’un calvaire pour des joueurs de Meaux perclus de crampes. L’exploit est proche, les tirs aux buts se profilent avec l’espoir accru d’une qualification. Malheureusement, la Panenka de Mokrane en décidera autrement et les stéphanois pourront fêter leur qualification en toute modestie, n’explosant pas de joie. Un tour d’honneur, un haie d’honneur, et les joueurs du Meaux Académy rentrent au vestiaire avec tous … les honneurs. Et dire que l’on était tout près de tous crier « Meldois dans l’ASSE »…

LES MEAUX BLEUS DES VERTS :

Babou Yattabaré (1), le dernier des Meauxhicans : lorsque ses coéquipiers étaient dépassés, Babou était le dernier rempart de son équipe. Infranchissable, il fut soutenu tout le long du match par des « Babou, Babou, Babou » venus d’un public acquis à sa cause. Meilleur joueur sur la pelouse, il a brillé par ses arrêts réflexes, par ses sorties sereines et par une capacité à vite se coucher sur les frappes. Laudrup, Mayi, Guilavogui et bien d’autres ont buté sur l’excellent gardien meldois. C’est un fait, Babou est meilleur que n’importe quel anglais. Même s’il n’a pas su stopper de tirs aux buts. 9.

Lahadi Kamara (3), le Meauxritanien : tout au long du match, Lahadi a agi comme un mort de faim. S’il a mis un peu de temps à rentrer dans son match, il a ensuite mieux tenu son couloir qu’un surveillant pénitentiaire. Face à un Laudrup pas exceptionnel, il s’est imposé, bien que quelques fois dépassé par la vitesse des stéphanois. 6.5.

Raphael Lacaille (5), le Meauxlosse : le défenseur central n’a jamais rien lâché, sauf le ballon quand celui-ci arrivait vers lui. Car oui, Lacaille a énormément écarté le danger. Décisif à plusieurs reprises, il a été le parfait pendant de Kamara dans l’axe. 7.5.

Ali Kamara (4), le kiMeauxno : il a le physique de Teddy Riner donc forcément personne ne peut le mettre au tapis. Brandao, Mayi ou encore Aubameyang se sont cassés les dents sur le solide défenseur central. La ceinture noire sur le tatami de Duvauchelle, c’était bien lui. 8.

Steven Séance (2), le Meauxteur V12 : jamais fatigué, Steven Séance a, on a pu le remarquer, un énorme coffre. Pourtant le pauvre n’a pas eu de chance. Il a vu défiler Mollo, Aubameyang, Mayi et Laudrup sur son côté. Et c’est bien le premier qui lui a causé le plus de problème. Mais son envie, sa volonté lui ont permis de ne jamais lâcher et de toujours revenir chiper le ballon. En deuxième période, notamment après la sortie de Mollo, le latéral s’est lâché en n’hésitant pas à monter. Défenseur imprenable et offensif quand il le fallait, il a été au four et dans Jessy Moulin lorsqu’il envoya une mandale dans le gardien stéphanois suite à une folle chevauchée à la 106ème minute. 8.

Nicolas Suchet (6), le Meauxnarque : le milieu récupérateur a régné dans sa zone en grattant d’innombrables ballons et en étant un excellent premier relanceur. 8.

Pletho N’Dikpo (7) : expulsé au bout de 37 minutes, le milieu gauche a laissé ses partenaires à dix très vite mais il aura au moins eu le mérite de dézinguer Polomat, l’ersatz de Natacha Polony et de Mat Pokora. Non-noté.

Eric N’Jankou (8), Frédéric Meauxreno : la coiffure de Jordan Ayew mais avec un cerveau en dessous. Un cerveau qui lui a permis d’être un élément important au milieu de terrain. Il a surtout couvert une surface immense, ce qui l’a obligatoirement fait beaucoup courir. La fatigue engendrée par ses courses incessantes l’ont cependant fait être maladroit dans ses relances. Il fut le premier joueur sur le terrain à souffrir de crampes. 6.5.

Younes Mokrane (10), Ennio Meauxrricone : le chef d’orchestre du Meaux Académy. Tous les ballons sont passés par le meneur de jeu qui a parfaitement orienté le jeu tout en prenant une part active à la récupération. Par ailleurs, il a beaucoup couru et bien gardé le ballon quand son équipe en avait besoin. Un petit plus pour ses crochets qui fonctionnaient à chaque fois. Malheureusement, il enverra sa Panenka au dessus lors de la séance de tirs aux buts alors que son entraîneur l’avait supplié de ne pas en tenter une, lui l’habitué du geste. 8.

Ali Saouti (9), le théâtre du Meauxgador : avant de faire le spectacle en deuxième mi-temps, Saouti a joué à merveille le rôle du fantôme du théâtre de Andreï Dmitriev. Perdu dans son rôle de milieu offensif droit, son replacement après l’expulsion de N’Dikpo fut bénéfique pour lui et son équipe. Ensuite, s’en suivra un festival de gestes techniques, quitte à en faire un peu trop quelquefois. Lent, il se sert toutefois parfaitement de son corps pour garder le ballon. Comme tous les joueurs offensifs, il fut actif à la récupération. 7.

Bilel El Fathi (11), DesMeauxnd Hume : comme le personnage de la série Lost, l’attaquant meldois a été seul au monde. Surtout en première mi-temps, quand son équipe n’osait pas attaquer. Envoyé au charbon un bon nombre de fois, El Fathi s’en est plutôt bien sorti en gardant le ballon et en partant tout seul au but. La première vraie intervention de Moulin sera d’ailleurs sur l’une de ses frappes lointaines à la 71ème, ce qui restera l’action la plus dangereuse côté CSMAF. 7.5. Remplacé à la mi-temps de la prolongation par Marie-Joseph Charléry. Plutôt nonchalant à son entrée en jeu à la mi-temps de la prolongation, il n’a pas assez pressé les défenseurs stéphanois. Mais, il a inscrit son tir au but. Non-noté.

Bon allez, on se dit à l’année prochaine ?

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