Un rapport de force versatile
Que retenir alors de cette partie en 2 temps ? La première, tout d’abord, où le Brésil pressait haut, Pato et Renato à eux seuls ont su inquiéter les arrières français. Deux attaquants aux déplacements plutôt bien réfléchis, un travail de positionnement faisant office de premier rideau défensif. En conséquence, le premier quart d’heure fut une hécatombe de balles perdues et une stagnation dans notre moitié du terrain. Il faut dire, pendant la totalité du match, le milieu défensif ne fut guère en jambe. Trop souvent collé à sa défense, Alou, le capitaine, n’a pas su créer le pressing défensif capable d’empêcher la circulation de balle brésilienne. Tandis que Yann M’vila paraissait un peu trop juste physiquement pour jouer 2 périodes, Malouda a erré longtemps dans un couloir vide avant de repiquer dans l’axe et de se coller à la sentinelle Diarra.
Puis passé le stade de l’intimidation et de la mise en jambe, la machine Bleue a commencé à pousser un peu plus devant, s’aidant de Menez et de Gourcuff. Pas très brillant, il fut néanmoins présent dans l’entre-jeu brésilien. Mais son rôle de numéro 10 n’a absolument pas influencé le groupe, et encore moins épaulé Karim dans les 25 derniers mètres. Soit, n’est pas Nasri qui veut.
Aussi, Blanc a pu constaté l’avancée des travaux herculéens dans la charnière centrale. Rami et Mexès désormais se connaissent, se repèrent et fonctionnent bien ensemble. Malgré trente minutes poussives et laborieuses, la paire sortit de sa manche un match solide, mais pas encore référence.
Puis le drame arriva. Hernanes plante ses crampons dans le torse de KB9, façon Nigel de Jong 10′ et écope directement du rouge. Logique et idiot. D’un coup, le rapport de force s’inverse, et la France est partie pour prendre possession du ballon.
Menez et Benzema étaient sur un rythme de samba que le Stade de France ne reflétait pas, as usual. Sans pour autant avoir cadré en rentrant aux vestiaires, la pointe madrilène avait allumé quelques mèches cependant, en guise de préparatif. Mais c’est surtout à l’effort fourni par le Romain que l’on doit le but. Sur son aile, il déborde, mange Robinho et Santos puis adresse un court centre à ras-de-terre qui termine sa trajectoire sur la plat du gauche de Karim. La différence est faite, merci la supériorité numérique. Par contre, on ne score pas quand on veut face au meilleur portier du monde, et l’Interiste ne tremblera pas sous les assauts bleus (56ème, 61ème).
Ah, oui, en toute fin de match on aurait pu se faire corriger par Hulk, mais ça reste un détail tant la performance brésilienne est médiocre. Les deux équipes sont en reconstruction, et à force de nous rabâcher sans arrêt que Nêné n’est pas dans les 23 Auriverdes, on le sait. Le duel aurait pu être intéressant si les deux blocs étaient restés à 11 contre 11, d’autant plus que le pressing brésilien nous posait d’énormes problèmes et que la bénédiction n’est venue que du carton rouge.
La copie de Blanc est meilleure que celle de l’élève Menezes, mais d’un chouïa. C’est ça de porter des lunettes et de se mettre au premier rang. Mais il faudra à l’avenir régler le problème Malouda. Jamais dans le rythme, ses débordements sont rares, son apport de plus en plus mince et son impact physique n’est plus suffisant dans un groupe qui commence à trouver sa fibre technique. Le complexe Benzema est par contre élucidé et désormais classifié, au même titre que le duo Rami-Mexes et, globalement, la ligne défensive. L’axe est encore en chantier : position, tactique et joueurs à implanter dedans. Prière de ne pas marcher dessus. A droite, Menez est un sérieux concurrent à P’tit Vélo lorsqu’il reste sur son aile.
Finalement, plus de points positifs que négatifs : des affirmations, des hypothèses en cours de validation et un fond de commerce qui se modèle petit à petit. Bon, relativisons, ce match est en trompe l’oeil et n’est pas un reflet de notre niveau réel. Sur-évaluée, sous-évaluée ? Toujours est-il que l’EDF enchaîne une 4ème victoire de rang, dont 2 contre des équipes du Top 6 Fifa !






