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	<title>La Madjer &#187; Nicolas</title>
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	<description>Décalé sur l&#039;aile et décisif dans l&#039;axe</description>
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		<title>Lyon, aussi supporté qu’insupportable</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Dec 2014 09:07:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nicolas]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Club roi de la dernière décennie, l&rsquo;Olympique Lyonnais cherche aujourd&rsquo;hui à négocier sa sortie des projecteurs, voire à l&rsquo;écourter. En construisant un projet censé lui redonner son lustre d&rsquo;antan, le club a réussi à s&rsquo;assurer le soutien de sa base la plus fidèle, mais à quel prix ? Dans le reste du pays, l&rsquo;agacement à l&rsquo;égard d&rsquo;un club qui n&rsquo;a plus les moyens de son arrogance se fait sentir. En parfaite subjectivité, nous avons essayé de comprendre les points de vue de deux camps plus opposés que jamais.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-19682"></span></p>
<h3><a href="/lyon-supporte-insupportable/aulas2/" rel="attachment wp-att-19699"><img class="size-full wp-image-19699 aligncenter" src="/wp-content/uploads/2014/12/aulas2.jpg" alt="aulas2" width="900" height="450" /></a></h3>
<h3 style="text-align: justify;"></h3>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">Lyon, l’Olympique lové</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jadis roi de la jungle du football hexagonal, Lyon ressemble aujourd’hui moins au félin souverain qu’à un gros chat aux griffes émoussées, roulé en boule, somnolant à moitié comme pour mieux rêver du futur. Pourtant, loin des gloires passées, les Lyonnais font plus que de s’accommoder de la situation : ils la savourent.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Ce qui d’abord est gloire à la fin est fardeau »</em>, écrivait Victor Hugo dans <em>La Légende des Siècles</em>. A trop vouloir écrire celle du début du XXIe siècle footballistique, l’Olympique Lyonnais s’exposait évidemment à connaître un retour à la réalité aussi brutal qu’abrupt. Quand, lors du jubilé de Juninho, le virage Nord de Gerland se met à genoux pour implorer la légende du club de rester, il y a déjà un peu de cette chute. Comme si le club renonçait au 8<sup>e</sup> titre inscrit sur le dos désormais tourné de son meneur emblématique. Pourtant, dès 2007, l’emblématique Jean-Michel Aulas avait annoncé vouloir ériger à Decines-Charpieu le théâtre de ses rêves, comme pour mieux capitaliser sur les succès alors encore nombreux de son équipe. La suite, malheureusement, est connue de tous : entre grognes assourdissantes et embourbements administratifs, le Stade des Lumières reste dans l’ombre d’un placard jusqu’en 2012, date d’obtention du permis de construire. Déjà trop tard.</p>
<p style="text-align: justify;">Les Lyonnais sont acculés sur le terrain, mais aussi en coulisses. Dans le service comptabilité, loin des rentrées d’argent incessantes de la grande époque, on fait les bilans, calmement, en se remémorant chaque instant. Pourtant, le verdict tombe à chaque exercice, implacable, et les pots de départs se succèdent inlassablement. La liste des joueurs partis entre 2009 et 2014 ressemble plus à un panthéon du club qu’à un dégraissage. Evidemment, tout l’argent accumulé ne sera pas réinvesti dans l’équipe mais dans le stade, le club souhaitant être propriétaire de son bâtiment, quitte à en payer le prix fort. Une équipe qui perd tous ses leaders pour nourrir un projet invisible des supporters, une descente au classement en même temps que l’avènement d’un PSG taillé pour la gloire : l’OL semble promis à un destin funeste. Pourtant, c’est dans cette terre en apparence brûlée que pousseront des sentiments jusqu’ici inconnus entre Rhône et Saône. Après l’ouverture à outrance d’un club attirant les opportunistes curieux, les zones d’ombre permettent de se recentrer sur soi-même. En ne cherchant plus à être l’identité de la France, Lyon peut enfin partir à la recherche de la sienne.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le déclin de l&rsquo;Empire</span></h4>
<p style="text-align: justify;">Si la stratégie empreinte de jeunisme du club est souvent décrite comme plus subie que choisie, elle est pourtant au cœur du statut acquis par le club auprès de ses supporters. Bien sûr, les Diarra, Tiago, Essien, aujourd’hui durablement installés dans le cœur des rhodaniens, n’étaient pas plus lyonnais qu’un kouign-amann. Bien sûr, il serait honteusement mensonger d’affirmer que les résultats n’étaient pas la première cause de popularité de l’OL d’il y a 10 ans. Mais en observant les joueurs ayant des places de choix dans le panthéon lyonnais se dégage souvent une capacité à s’ancrer dans le paysage local. Inutile d’insister sur la caution locale de Karim Benzema, mais la capacité de Juninho à se fondre dans le décor est, elle, assez significative. Plus qu’un club compétitif, le Brésilien a trouvé un cadre de confort et de confiance, et sa capacité à s’inclure dans le tableau transparait dans <a href="https://www.youtube.com/watch?v=E6P7AEb2KBk">les images de son jubilé</a>. L’attachement ne suffisait évidemment pas à assurer une carrière entre Rhône et Saône, comme peuvent en témoigner le nombre de jeunes débarqués d’un club à l’équipe première alors quasi inaccessible. Mais plus qu’un choix par défaut, la recherche de symbiose identitaire entre l’équipe et la région correspond au retour d’une valeur certes reléguée au second plan, mais toujours présente.</p>
<p style="text-align: justify;">Reste le plan le plus délicat, le nerf d’une guerre en apparence perdue : le déclin sportif. Après avoir goûté trop longtemps à la victoire sans partage, après avoir été élevé sans apprendre à partager le gâteau, le retour à la réalité aurait pu être fatal pour les Lyonnais. Malgré l’appui d’un bassin démographique important, la perte d’aura sur le plan national est irrémédiable. Un dicton lyonnais affirme parfois que les opportunistes à Lyon ne sont pas ceux qui sont arrivés en 2002, mais ceux qui sont partis en 2009. Pourtant, un élément a permis de conserver l’espoir chez les fidèles inamovibles : le Stade des Lumières. Aimant bipolaire, il attire à lui les plus sombres désillusions comme les plus fols espoirs.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">OL eyes on me</span></h4>
<p style="text-align: justify;">Comme un âne continuant d’avancer inlassablement vers la carotte se balançant devant lui, le Lyonnais accepte les pires privations sportives au nom de ce stade où il pourra un jour s’époumoner en chantant la gloire de son équipe. Si les dernières années ont été plutôt bien acceptées par les supporters, c’est d’abord parce qu’elles étaient prévues : faire le dos rond, se priver d’éléments moteurs pour récupérer de l’argent, tout cela était inévitable. Bien sûr, l’avènement financier et sportif de Paris, voire Monaco, n’étaient pas dans les plans, et l’objectif de continuer à accrocher la Ligue des champions chaque année s’en est trouvé violenté. Mais compte tenu des années de disette initialement promises, les performances lyonnaises apparaissent presque comme une bonne surprise. A maintenant à peine plus d’un an de son déménagement, l’OL n’a pas quitté le club des 5 de la Ligue 1. Et tant pis pour les accidents de parcours : pour ce chantier, quelque part dans l’Est lyonnais, on pourrait presque tout accepter. Même une récente défaite dans l’iconique derby semble se fondre dans la promesse d’une dynamique prometteuse. Si le plan s’avère moins profitable que prévu, on pourra s’interroger sur le fait de mener coûte que coûte un projet avec 5 ans de retard, dans un contexte totalement bouleversé. Pourtant, tout ne serait alors pas perdu. On dit parfois que le voyage importe moins que la destination : même si les Lyonnais ne parviennent plus à gagner autant qu’avant, ils auront au moins réappris à perdre.</p>
<p style="text-align: justify;">La cote d’amour de l’OL auprès de ses sympathisants se situe quelque part au croisement de ces éléments : en ne survolant plus la scène nationale, le club s’est rapproché de ses soutiens. Dans son malheur, il a appris à ne plus vouloir plaire au plus grand nombre, et a profité des investissements toujours très élevés dans sa formation pour basculer très rapidement son image. Comme pour mieux se protéger des critiques extérieures, l’OL s’est replié sur lui-même, a cultivé une touche locale jadis éclipsée par la lourde attente de résultats, quitte à saborder violemment les symboles du passé. En 5 ans, le symbole sur le déclin a réussi à renverser la tendance, et à donner aujourd’hui l’image d’une jeunesse conquérante, forcément séduisante aux yeux de son public. Mais cette patience, cette capacité à faire le dos rond n’auraient sûrement pas été les mêmes sans l’aura d’une figure centrale dans ce projet : Jean-Michel Aulas. L’homme qui a amené l’OL dans des contrées jusqu’alors jamais explorées jouit d’une telle cote de confiance qu’il a réussi à faire croire les Lyonnais à un projet encore aujourd’hui très risqué. Peut-être est-il même la clé de cette étonnante confiance des rhodaniens en leur club : au crépuscule d’une carrière de Président au bilan exceptionnel, c’est certainement le dernier cadeau qu’ils peuvent lui faire.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter wp-image-19700 size-full" src="/wp-content/uploads/2014/12/gradins.jpg" alt="Du béton et des rêves." width="939" height="626" /><br />
<em>Du béton et des rêves.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;">Ce Lyon aboie mais ne mord pas</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Intouchable hier, Lyon est peu à peu rentré dans le rang et semble vivre dans le souvenir de son glorieux passé proche. Absent de la scène européenne cette année pour la première fois en 18 ans, l’Olympique Lyonnais s’est aussi fait lentement une belle place dans le club fermé de ceux qu’on aime détester. Pour tout un tas de raisons.   </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Tu vois, de l’amour à la haine il n’y a qu’un pas »</em>, écrivait Fuzati. Une chose est sûre, Lyon ne laisse pas indifférent. Largement supporté dans l’hexagone (sur le podium, derrière Paris et l’OM d’après les dernières études de popularité), il prend aussi, petit à petit, une sacrée place dans le classement de la « hate » chez les fans adverses. Pourtant, difficile d’en expliquer les raisons… Jalousie diront les Lyonnais ? Peut-être un peu, pourtant, à l’aune de la domination de l’OL en Ligue 1, les Gones ne suscitaient que nouvelles vocations (tournées depuis vers le PSG) ou indifférence générale. Il existait clairement une certaine lassitude de voir inlassablement la même équipe rafler le Graal à la fin de la foire, mais de la jalousie ? Pas au point de rejeter le club comme ça peut être le cas aujourd’hui. Dans la situation d’un supporter de l’OM, c’est encore plus étrange. Lyon pourrait représenter un allié crédible dans l’optique de barrer la route du PSG (ou, potentiellement, de Monaco), mais au contraire, il est devenu « l’adversaire à abattre ». Comme s’il projetait sur Lyon la frustration de voir le club de la capitale s’éloigner pas à pas hors de sa portée (et ce malgré l’excellente saison actuelle, sous l’impulsion de l’arrivée de Marcelo Bielsa). Au lieu de devenir l’associé, il est devenu le rival. Un Régis un peu cheap. Par défaut.</p>
<p style="text-align: justify;">Paradoxalement, plus l’OL décline, plus on le déteste. Justement parce qu’il devient un adversaire de premier plan (après avoir été inaccessible sept années durant) pour les prétendants aux places européennes ? Lyon absent pour la première fois depuis longtemps de la scène européenne, mais Lyon choc immanquable, quasiment au niveau de celui du PSG deux semaines plus tard, face à l’OM. Comme tous les ans ? Pire encore, et sans doute pour la première fois à un tel niveau d’attentes. Les mentalités changent, et les Rhodaniens réussissent une prouesse qu’ils n’avaient pas réellement accomplie entre 2002 et 2008 : ils entrent enfin dans le panthéon des clubs honnis, symbole d’une vraie reconnaissance. Le tout récent classement des clubs de L1 par popularité place d’ailleurs l’OL à la 13<sup>e</sup> place (avec, certes, 80% de bonnes opinion et un score en hausse), assez loin devant l’OM (17<sup>e</sup>) et le PSG (19<sup>e</sup>), mais tout de même. Alors qu&rsquo;ils auraient pu capitaliser sur l&rsquo;arrivée massive de sympathisants indolents au milieu des années 2000, les revoilà au niveau d&rsquo;un club moyen de Ligue 1, aussi loin de clubs historiques (Nantes et Saint-Etienne, en tête de classement) que des monuments qui suscitent l&rsquo;amour et la violence. Une insupportable tiédeur pour la majorité des Français, une haine froide de la part de leurs rivaux olympiens : pour un club qui rêvait de tirer profit de la fièvre jadis mise au championnat français, l&rsquo;échec est réel.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le talent survendu</span></h4>
<p style="text-align: justify;">Ils le doivent sans doute un peu à Rémi Garde (pourtant intéressant dans son rôle), insupportable comme rarement (René Girard ?) avec le corps arbitral l’an dernier, que les plaintes soient justifiées ou non (en vrac : <em>« On perd la finale sur une erreur d’arbitrage. »</em> (finale de Coupe de la Ligue, 19 avril dernier) ; <em>« Le derby on l’a perdu mais je considère qu’on a été volés sur ce match et qu’on ne l’a pas complètement perdu. On n’avait pas trop envie d’en parler parce qu’on s’est habitués à se faire voler deux semaines avant. »</em> (après Monaco et Saint-Étienne, en mars et avril derniers) ; mais aussi après Tottenham en février, Lorient en mai… Un violent enchaînement). Beaucoup s’en souviennent pour ces coups de sang déplacés plus que pour son boulot admirable avec un groupe composé quasi-exclusivement de jeunes pousses qu’il aura aidées à grandir. Il l’a cherché, lui qui aura passé 3 ans dans le championnat de France sans dévoiler autre chose de sa personnalité qu&rsquo;une grande capacité de plainte.</p>
<p style="text-align: justify;">Un peu aussi à leur propension à survendre en permanence leurs jeunes, certes talentueux pour certains, mais être formé à Lyon ne transforme pas un joueur en « promis au très haut niveau ». Certes Lyon tourne bien après un début calamiteux, certes compte tenu de l’effectif c’est un petit exploit, certes c’est remarquable. Mais mon collègue et néanmoins ami Nicolas l’a évoqué : cette situation est plus subie que voulue (« Oh, Stade des Lumières… »). Problème, la bonne forme actuelle de la plupart de ces jeunes pousses n’est pas nécessairement synonyme de future grande carrière comme beaucoup aiment à le penser, et l’étaler. Fekir, Lacazette, Tolisso, Gonalons, Umtiti, Bahlouli, N’Jie, Lopes, Ferri, Benzia, Grenier… Si la régularité de certains est notable cette saison, l’avis sur les autres suit le sens du vent, un coup génies, un coup gênants. Si les bilans comptables de Lacazette et Fekir sont intéressants, ils permettent surtout de masquer les carences de leurs congénères, qui suivent par bonheur la spirale positive. Cette saison n’a même pas encore désigné son champion d’automne qu’on nous vend et survend certains des éléments suscités comme des cracks. Plus dure sera la chute ?</p>
<h4 style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aulas on me</span></h4>
<p style="text-align: justify;">Enfin, dernier symbole de cette vague anti-OL, « M. Le Président ». Canonisé par ses adeptes quand les autres prient pour le voir crucifié, Jean-Michel Aulas, capable de faire venir un huissier de l&rsquo;autre bout de la France pour constater la pelouse avant un match qu&rsquo;il sent mal engagé, reste au fond le leader charismatique que tous les clubs aimeraient voir à la tête de leur projet. Indéboulonnable, engagé, provocateur, de mauvaise foi et même assez rigolo, il incarne à lui seul ce qu’on aime dans un sens, déteste de l’autre. Même le projet lyonnais, son projet, de miser sur la jeunesse et le centre de formation afin de construire pierre par pierre un stade qui lui appartiendra, au détriment des résultats, ne peut qu&rsquo;être applaudi (et est d&rsquo;autant plus agaçant ?) puisqu&rsquo;il fonctionne plutôt bien pour l&rsquo;instant. Lyon reste dans le haut du panier sans pour autant pouvoir réellement lutter, comme tout le monde en Ligue 1, à armes égales avec le PSG ou l&rsquo;ASM de l&rsquo;an passé. Au moment de faire les comptes, dans le Stade des Lumières, l&rsquo;OL pourrait bien avoir une nouvelle raison de fanfaronner.</p>
<p style="text-align: justify;">En somme, c’est un ensemble de petites choses qui font que le statut de Lyon dans le cœur de ses rivaux est passé de « indifférence » à « animosité sans limite ». Et cette dernière grandit de plus en plus. Ils sont nombreux aujourd’hui à espérer voir Lyon se casser la gueule bien salement. Comme un retour de flamme après une domination sans partage ? Sans doute un peu. Plus que de la jalousie, c’est presque « justice » que l’on demande, pour avoir trop souvent vu la Ligue 1 se faire maltraiter par le grand Lyon. Dernier exemple en date : le derby face à Saint-Étienne. Sans doute plus pour défendre nos propres intérêts qu’autre chose, nous étions légion ce soir-là, sur les réseaux, à nous réjouir de la défaite de Lyon plutôt que de la victoire des Verts. La rançon du succès.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="/lyon-supporte-insupportable/football-toulouse-vs-lyon-ligue-1-25112012/" rel="attachment wp-att-19708"><img class="aligncenter  wp-image-19708" src="/wp-content/uploads/2014/12/RemiGardearbitre.jpg" alt="FOOTBALL :  Toulouse vs Lyon - Ligue 1 - 25/11/2012" width="900" height="600" /></a><a href="/?attachment_id=" rel="attachment wp-att-19707"><br />
</a><em>Rémi Garde, bouche bée devant tant d&rsquo;indifférence</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Paul &amp; Nicolas</strong></p>
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		<title>De l’usage abusif du romantisme dans le football</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Dec 2013 14:43:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nicolas]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l’heure où le foot obéit de plus en plus à des enjeux économiques qui détruisent toute candeur sur leur passage, des articles fleurissent pour défendre une vision romancée du sport, une vision qui fait appel au champ lexical de l’amour irrationnel. Mais à trop vouloir contrebalancer un manque d&#8217;affectif...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/lusage-abusif-du-romantisme-football/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A l’heure où le foot obéit de plus en plus à des enjeux économiques qui détruisent toute candeur sur leur passage, des articles fleurissent pour défendre une vision romancée du sport, une vision qui fait appel au champ lexical de l’amour irrationnel. Mais à trop vouloir contrebalancer un manque d&rsquo;affectif dans le sport, leurs auteurs prennent le risque de sombrer dans la surenchère.<span id="more-18976"></span></strong></p>
<p><a href="/lusage-abusif-du-romantisme-football/lucho-2/" rel="attachment wp-att-18988"><img class="alignnone size-full wp-image-18988" alt="lucho" src="/wp-content/uploads/2013/12/lucho1.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a des personnes en France qui subissent plus que d’autres l’hyper-budgétisation du football moderne. Les supporters lyonnais, dont je fais partie, pourraient vous raconter pendant des heures comment de mauvais choix économiques ont mis fin à l’euphorie sportive dans laquelle ils ont baigné pendant de longues années. Bien évidemment, les Parisiens sont aussi très concernés par le sujet, eux qui ont été portés en haut des classements par des sommes mirobolantes dont une grande partie se serait d’ailleurs bien passée. C’est d’ailleurs très souvent par ceux-là que sont portés à ma connaissance les textes qui m’amènent à écrire aujourd’hui : des appels au romantisme dans le football, comme pour rappeler que dans un secteur où les devises monétaires sont plus importantes que celles écrites sur les blasons, il reste encore une place pour des sentiments inestimables.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui Javier Pastore, hier Mathieu Bodmer, Lucho Gonzalez et d’autres encore. Pour certains décevants, pour d’autres incompris, ils agglomèrent/ont aggloméré au cours de leurs années en Ligue 1 des articles à leur gloire. Mais vous l’aurez compris, pour ces joueurs-là, point de statistiques, de dribbles par match, de <i>key passes</i> ou autres indicateurs qui prennent du poids dans un football qui se mathématise. Non, ce qui fait l’exception de ces techniciens, c’est le champ lexical utilisé. Si tant est que l’on puisse éprouver de l’amour pour un sportif en short et chaussettes remontées, alors oui, c’est bien de cela dont il est question. Et je vous ai épargné le A majuscule. On ne parle pas là d’admiration, de fascination devant un niveau technique qui nous faisait orner nos chambres d’enfants de photos de nos techniciens préférés. Pas question ici de célébrer un geste en particulier, ni de se souvenir d’un moment où le joueur a fait basculer le destin de son équipe.</p>
<p style="text-align: justify;">De quoi parlons-nous alors ? Quels leviers vont pousser le supporter à esquisser un sourire, voire écraser une larme à l’évocation d’un simple nom ? Il faut quitter le registre du football rationnel, voire parfois du football tout court, pour comprendre ce qui anime ces fans au cœur tendre. Evidemment, tout passionnel qu’il soit, ce sentiment a commencé autour du football. Des gestes techniques inspirés, une vision du jeu impeccable, quelques matches de virtuose ou tout simplement une histoire qui inspire la sympathie : il en faut parfois peu pour faire naître une flamme. Et une fois que le supporter a posé sa préférence sur un de ces joueurs, plus rien ne peut plus l’en détourner. Le moindre geste technique évoquant ce jour où la romance a commencé sera perçu comme un signe de ce génie que les autres ne semblent pas comprendre ; et les piètres performances, qui ont malheureusement tendance à s’accumuler (sinon, on louerait les statistiques de ce joueur, il n’y aurait pas besoin de faire appel à l’irrationnel) ne sont que des écrans de fumée qui empêchent les impies de voir le (supposé) talent. A force de matches décevants et de critiques acerbes, le supporter passionné se mure dans ses sentiments, persuadé que les autres ne peuvent pas voir ce qui lui saute aux yeux.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="/lusage-abusif-du-romantisme-football/pastore/" rel="attachment wp-att-18978"><img class="size-full wp-image-18978 aligncenter" alt="pastore" src="/wp-content/uploads/2013/12/pastore.jpg" width="465" height="290" /></a><em>Seul sur le stade, les yeux dans l&rsquo;eau.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi donc ai-je donc décidé d’écrire sur ces personnes un peu plus impliquées que les autres ? Dans un pays laïc comme le nôtre, pourquoi ces gens ne pourraient-ils pas vivre leur culte dans la liberté de croyance qu’ils méritent ? Parce que s’il y a bien une chose que le footeux amouraché d’un joueur préfère à la satisfaction de voir son favori exprimer son football, c’est de rencontrer d’autres supporters qui partagent sa conviction. Au milieu d’un océan de consultants et de quidams crachant leur venin dans une totale incompréhension de ce qu’est le génie footballistique, trouver un îlot de bon sens auprès de gens qui voient la même chose que lui. Et ensemble, partir en croisade contre un football qui ne sait plus reconnaître le vrai talent.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors, tous les moyens sont bons. Le plus répandu, ceci dit, et celui qui a provoqué mon envie de m’exprimer aujourd’hui, est celui de l’article à la gloire du joueur. Tout comme autrefois on chantait la sérénade à l’être aimé, on publie aujourd’hui des textes qui mettent, l’espace de quelques minutes, les exigences du football moderne de côté pour attirer le lecteur dans la sphère purement sentimentale dans laquelle on se trouve. Là, tous les moyens sont bons. Figures de styles, métaphores, citations de philosophes pêchées sur evene.fr et n’ayant évidemment aucun lien avec le football : le supporter ne recule devant rien pour mettre des mots sur sa passion. Des citations bibliques ? Mais pourquoi pas ! Après tout, rien n’est trop beau pour expliquer ce que tant de gens ne peuvent pas comprendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le problème est là. Tandis que les sentiments portant sur un joueur se développent, les odes à leur gloire pullulent, et leurs auteurs ne reculent devant aucune forme stylistique pour prêcher des lecteurs déjà convaincus, et qui s’empressent de montrer l’œuvre à tous les autres fidèles. Nous autres qui «n’y comprenons rien» sommes donc en présence d’une surenchère permanente d’exercices stylistiques, d’articles à la forme surchargée pour faire oublier que le fond n’est rien d’autre qu’une passion inexplicable. A trop vouloir fuir un football dont les enjeux sont plus terre-à-terre qu’on ne le voudrait, trop de désabusés sombrent dans un romantisme aveugle, qui n’a plus d’autre lien avec le jeu que l’évocation d’un «potentiel», un niveau supposé qui ne s’offrira aux yeux que de ceux qui veulent à tout prix le voir.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, le football n’a pas autant d’innocence que nous le voudrions parfois. Certes, il est bardé d’enjeux extra-sportifs qui nous dépassent, et qui donnent parfois l’impression que ce sport que l’on aime tant s’éloigne de nous. Mais sombrer dans un extrême en réaction à un autre ne vous aidera pas à trouver le juste équilibre entre passion et raison. Suis-je donc en train de faire l’apologie du football mathématique, et de conseiller le choix d’un joueur préféré en fonction de son pourcentage d’implication dans les buts de son équipe ? Non, évidemment. Je ne rejette pas la notion de belle histoire dans le football, au contraire : il y en a déjà suffisamment pour ne pas que nous ayons à en créer de toutes pièces.</p>
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		<title>Combien ça coûte, un futur grand ?</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Sep 2013 08:47:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nicolas]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Aux âmes bien nées, la valeur n&#8217;attend point le nombre des années. », écrivait Corneille il y a maintenant un certain temps. Cette phrase, qui pourrait figurer sur la carte de visite de Jean-Michel Aulas, trouve aujourd&#8217;hui un écho particulier tant les transferts élevés de jeunes pépites se multiplient. Alors, ça...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/combien-ca-coute-un-futur-grand/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><b>« Aux âmes bien nées, la valeur n&rsquo;attend point le nombre des années. », écrivait Corneille il y a maintenant un certain temps. Cette phrase, qui pourrait figurer sur la carte de visite de Jean-Michel Aulas, trouve aujourd&rsquo;hui un écho particulier tant les transferts élevés de jeunes pépites se multiplient. Alors, ça va chercher dans les combien, le prochain Zidane ? <span id="more-18622"></span></b></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/combien-ca-coute-un-futur-grand/combien-coute-pernaut-fraioli/" rel="attachment wp-att-18623"><img class="alignnone size-full wp-image-18623" src="/wp-content/uploads/2013/09/combien-coute-pernaut-fraioli.jpg" alt="combien-coute-pernaut-fraioli" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>Si Jean-Pierre avait un droit de regard sur les transferts, ça serait moins le bordel.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le 2 septembre, à une heure où la boucherie de tonton Adil était déjà fermée depuis longtemps, l&rsquo;OM a mis un terme à un feuilleton de l&rsquo;été dont la qualité n&rsquo;avait rien à envier à Zodiaque, diffusé en 2004 sur TF1 et qui faisait depuis référence en la matière. 15 millions pour une coiffure impeccable, des promesses par centaines, mais surtout des réactions, partout, tout le temps. Au-delà de la dimension symbolique d&rsquo;un bras de fer qui tourne à la faveur du joueur, que penser de la somme ? Les Marseillais, en majorité fiers de leur nouveau poulain, se défendent en accusant un marché devenu fou, dont les prix n&rsquo;ont plus rien à voir avec ceux d&rsquo;il y a encore quelques étés. Après tout, Thauvin ne vaut-il pas 15% de Gareth Bale ? Si on met sur un terrain 6 Thauvin contre un Bale, qui l&rsquo;emporte ? Les raisonnements hautement scientifiques comme ce dernier se succèdent au fil des débats, alors que le joueur, lui, n&rsquo;a toujours pas joué un match de Ligue 1 depuis mai dernier.</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement, tous les transferts de jeunes joueurs prometteurs ne tiennent pas en haleine les rédactions pendant de longues semaines. Au-delà du cas Thauvin où toutes les parties en présence ont malheureusement versé dans un excès certainement encouragé par l&rsquo;intérêt médiatique, le statut du jeune joueur a changé, et soulève de nouvelles questions. Si tous les clubs cherchent à détecter de plus en plus tôt la nouvelle pépite qui leur assurera, sinon une plus-value sportive, au moins un retour sur investissement maximal, il est logique que des échanges précoces s&rsquo;en suivent. Sur ce point, rien de nouveau : souvenons-nous du mythe du « joueur français parti trop tôt » qui animait déjà toutes les conversations quand le jeune Djibril Cissé, alors impérial en Division 1, entendait les sirènes de l&rsquo;étranger. Sinama-Pongolle, Le Tallec, des noms qui resteront longtemps synonymes de transferts trop précoces et de talents gâchés. Seulement, aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est plus l&rsquo;âge qui soulève des questions, mais le prix : combien est-on prêt à offrir pour un potentiel naissant, mais pas confirmé ? Le marché du jeune joueur est-il vraiment atteint d&rsquo;une ivresse qui pousse à la surenchère, ou le football a-t-il évolué au point de justifier des sommes toujours plus élevées ?</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;"><strong>Âge tendre et chèques en bois</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;">Quelques semaines avant que Flotov ne quitte la capitale des Flandres pour l&rsquo;équivalent du PIB mensuel de la Micronésie, un événement ayant fait un peu moins de bruit n&rsquo;est pourtant pas moins significatif : Anthony Martial, sacrifié sur l&rsquo;autel de la trésorerie dans le vert, est devenu le joueur mineur le plus cher de l&rsquo;histoire de la Ligue 1. Cinq millions d&rsquo;euros pour un espoir de Tola Vologe, peut-être l&rsquo;attaquant le plus prometteur de sa génération à la confluence du Rhône et de la Saône, mais seulement 51 minutes de Ligue 1 au compteur. Bien sûr, Martial n&rsquo;a pas attendu d&rsquo;avoir le blason de la Ligue 1 apposé sur le bras pour jouer au foot, mais il ne s&rsquo;agit là que d&rsquo;un potentiel en attente de confirmation, de belles promesses qui n&rsquo;engagent que ceux qui sont prêts à payer pour les voir en action.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors certes, il s&rsquo;agit là d&rsquo;un transfert de l&rsquo;ogre Monaco, d&rsquo;un club qui n&rsquo;a pas peur de poser des gros billets sur les tables de négociation, et dont la stratégie d&rsquo;image consiste même en une surenchère permanente pour effrayer et faire parler de soi. Pourtant, il y a bien eu cet été un appétit particulier pour les jeunes talents, et pas seulement en France ; si l&rsquo;on observe les 50 transferts les plus onéreux de tous les temps de joueurs de moins de 23 ans, une tendance se dégage clairement. De Neymar à Kondogbia en passant par Isco, Lamela ou Schürrle, 10 jeunes joueurs ont gagné leur place dans le top 50 en étant transféré cet été.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="/combien-ca-coute-un-futur-grand/tableau-1/" rel="attachment wp-att-18625"><img class="alignnone size-full wp-image-18625" src="/wp-content/uploads/2013/09/Tableau-1.jpg" alt="Tableau 1" width="608" height="376" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><em>Trop contents d&rsquo;avoir passé vivants le bug de l&rsquo;an 2000, les clubs ont eu la main lourde au mercato suivant.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Difficile évidemment de savoir si cette tendance va durer, mais le fait est clair : cet été, les jeunes ont eu le vent en poupe. 24 transferts de joueurs de moins de 23 ans se sont conclus à 10M ou plus, parmi lesquels 4 français : Kondogbia et Thauvin, donc, mais aussi Digne et Guilavogui. Ne faisons pas de raccourci hâtif : loin de moi l&rsquo;idée d&rsquo;affirmer que mettre plus de 10 briques sur un joueur de cet âge est un geste inconsidéré et forcément symbolique d&rsquo;une folie générale du marché. Mais il s&rsquo;agirait d&rsquo;étudier tous ces jeunes premiers pour comprendre ce qui motive d&rsquo;investir grassement sur eux.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #6ab32c;"><strong>Habileté et rentabilité</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;">Revenons un instant au cas Thauvin, cette fois dans le camp des détracteurs, ceux qui ne comprennent pas qu&rsquo;un rookie puisse quintupler de valeur en 6 mois. Le principal reproche fait aux dirigeants olympiens est d&rsquo;avoir fait sauter les plafonds de la carte bleue pour un joueur qui n&rsquo;a qu&rsquo;une connaissance limitée du haut niveau. Thauvin sort d&rsquo;une saison pleine avec le SC Bastia, mais c&rsquo;est malheureusement la seule en 1e division dont il puisse se targuer. Bien sûr, il est Champion du Monde des moins de 20 ans, mais cela ne suffit pas à dissiper les doutes : le championnat est une discipline à part, une année entière où la régularité prime. Et cette régularité, bien malin qui saura en faire la démonstration en s&rsquo;appuyant sur une carrière aussi jeune.</p>
<p style="text-align: justify;">Le prix d&rsquo;achat serait-il donc fonction de cette régularité ? Après tout, puisque c&rsquo;est bien cette insécurité qu&rsquo;on reproche aux équipes qui investissent lourdement sur des jeunes talents, il serait tentant d&rsquo;investir sur des éléments qui allient talent et garanties. Dans un football dont le vocabulaire se rapproche de plus en plus de celui de la gestion patrimoniale, pourquoi les clubs ne chercheraient-ils pas les mêmes qualités que celles de leurs placements financiers : rendement et sécurité ? Pour s&rsquo;en convaincre, reprenons nos 24 stars de l&rsquo;été qui ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;indemnité de plus de 10M, et observons leur expérience, en nombre de matches professionnels.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="/combien-ca-coute-un-futur-grand/tableau-2/" rel="attachment wp-att-18626"><img class="alignnone size-full wp-image-18626" src="/wp-content/uploads/2013/09/Tableau-2.jpg" alt="Tableau 2" width="694" height="428" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Sur les ratios prix/expérience de ces 24 joueurs, deux tendances se dégagent. A moins de 20 millions, l&rsquo;expérience semble n&rsquo;avoir qu&rsquo;une influence limitée sur le prix d&rsquo;achat : Bojan, 240 matches en pro au moment de son transfert, a été racheté par Barcelone quasiment au même prix que celui qui l&rsquo;avait fait partir de Catalogne 3 ans plus tôt. Dans ce groupe de ceux qui valent entre 10 et 20 millions, on retrouve aussi des joueurs comme Eriksen ou Ljajic, qui ont enchaîné les matches au plus haut niveau sans pour autant valoir plus que Digne, Thauvin ou Bruma, un peu plus tendres. Les 4 non-internationaux de ce groupe, que sont Digne, Fred, Thauvin (20 ans chacun) et Bruma (18 ans), avec leur faible nombre de matches en pro, confirment que l&rsquo;expérience ne joue dans cette gamme de prix qu&rsquo;un rôle limité.</p>
<p style="text-align: justify;">Au-dessus de 20 millions, en revanche, la relation prix-expérience semble plus claire. Sur les 10 joueurs concernés par ces montants, 6 apparaissent quasiment sur la même ligne, et indiquent une corrélation entre des indemnités de transfert record et un nombre de matches déjà conséquents pour leur jeune carrière. En-dessous de cette ligne apparaissent 3 joueurs : Kondogbia, dont le prix n&rsquo;aurait pas pu être plus élevé (clause libératoire), Thiago Alcantara qui avait lui aussi une clause, et Schürrle, dont Leverkusen ne demandait pas plus. Seul joueur au-dessus de la ligne représentant la tendance, Marquinhos, acheté pour plus de 30 millions par le PSG après une bonne saison à la Roma, sans pour autant être international.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les transferts de jeunes pépites ne peuvent donc pas être analysés de la même façon. Au-delà d&rsquo;un certain montant, le talent seul du joueur ne suffit plus pour justifier des indemnités qui pèsent lourdement sur le budget transfert d&rsquo;un mercato. En dehors de l&rsquo;exception Marquinhos, acheté par un PSG en quête d&rsquo;investissements médiatiques pour contrer l&rsquo;influence grandissante de Monaco, les joueurs transférés pour plus de 20 millions affichaient des garanties de niveau proportionnelles à la somme dont ils ont fait l&rsquo;objet. En-dessous de ces sommes, pourtant, le talent semble suffire à justifier des montants à huit chiffres, même si les joueurs n&rsquo;ayant même pas deux saisons dans les jambes sont encore rares. Malgré une recherche bien compréhensible de sécurité dans les investissements, il y a dans le marché des transferts des espoirs du football mondial une part d&rsquo;irrationalité encore bien présente. Rendez-vous dans quelques années pour voir si ces coups de folie auront été plus judicieux qu&rsquo;ils ne semblent l&rsquo;être aujourd&rsquo;hui.</p>
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		<title>SOS latéral en détresse</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Mar 2013 17:57:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Nicolas]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tous les aficionados de Football Manager qui ne jurent que par un onze de départ équilibré le savent : ce monde manque cruellement d’arrières latéraux compétents. Combien d’équipes remarquables auront compté des latéraux un peu trop faibles ? Combien de podiums auront été foulés du pied par des joueurs médiocres ? Combien de coupes...<a style="margin-top:15px; float:right; font-style:15px;" href="/sos-lateral-en-detresse/">> LIRE LA SUITE</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Tous les <em>aficionados</em> de Football Manager qui ne jurent que par un onze de départ équilibré le savent : ce monde manque cruellement d’arrières latéraux compétents. Combien d’équipes remarquables auront compté des latéraux un peu trop faibles ? Combien de podiums auront été foulés du pied par des joueurs médiocres ? Combien de coupes auront été souillées par des mains qui auront passé 90 minutes à s’excuser d’erreurs incessantes ? Pourtant, à la différence d’un gardien ou d’un buteur, le latéral n’est pas prédestiné à être en pleine lumière, exposé aux critiques d’un public exigeant. A la fois fondu dans la masse et légèrement à distance, tout au fond de son aile, il aspire simplement à de la tranquillité, de l’espace et des courses pleines de liberté.</strong></p>
<div id="attachment_18124" style="width: 660px" class="wp-caption aligncenter"><a href="/sos-lateral-en-detresse/sidney-rigolade-2/" rel="attachment wp-att-18124"><img class="size-full wp-image-18124" alt="Sidney Rigolade" src="/wp-content/uploads/2013/03/Sidney-Rigolade1.jpg" width="650" height="486" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Et là j’ai dit au coach : « Mais prenez François, c’est un futur Ballon d’Or ce mec ! »</em></p></div>
<p style="text-align: justify;">Il serait largement minimaliste (voire même furieusement erroné) de penser que la pénurie de maîtres des couloirs n’est qu’un problème générationnel dont on rira dans 10 ans. Si aujourd’hui, Christophe Jallet a le droit de chanter la Marseillaise avec un joli t-shirt bleu clair frappé du coq, c’est certainement plus qu’un petit coup de chance pour lui. D’ailleurs, rares sont les arrières latéraux à faire l’unanimité. Ils sont peut-être 5, peut-être un peu plus, mais en tout cas beaucoup trop peu pour masquer le problème qui existe ; il s’agirait d’étudier plus précisément la situation. En d’autres termes, diagnostiquer la maladie qui gangrène ce poste, et ce via deux points essentiels : depuis quand cette période de vaches maigres dure-t-elle, et pourquoi.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/sos-lateral-en-detresse/football-brest-vs-evian-ligue-1-18082012/" rel="attachment wp-att-18132"><img class="aligncenter size-full wp-image-18132" alt="FOOTBALL : Brest vs Evian - Ligue 1 - 18/08/2012" src="/wp-content/uploads/2013/03/Bernard-e1364258526771.jpg" width="900" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><em>Bernard n&rsquo;a pas compris : ça n&rsquo;est pas lui qui décide de sa mise à mort.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Autant être clair dès le départ : si vous cherchez dix arrières latéraux qui ont marqué l’histoire du foot avant les années 2000, ça ne va pas être une partie de plaisir. Parce que le poste était déjà très ingrat à l’époque ? Pas vraiment. En fait, le problème de l’arrière latéral à l’ancienne, c’est qu’il manque terriblement d’originalité. Prenez l’exemple de Ruud Krol, l’arrière gauche des Pays-Bas et du grand Ajax : arrivé à son poste par défaut, il est avant tout un grand athlète, extrêmement polyvalent. Une situation qui se raréfie énormément dans un football dont chaque poste revendique maintenant ses caractéristiques. Si Krol a autant marqué son époque, c’est principalement grâce à son bon niveau défensif général (il a même joué libéro, un poste bien différent du latéral) mais aussi au progrès tactique de l’Ajax de l’époque, où l’on a vite compris que les milieux devaient eux aussi partir sur les couloirs. Même jusqu’à la fin des années 90, c’est bien le premier mot qui domine le deuxième dans l’expression « défenseur latéral ». Que les deux buts de Thuram contre la Croatie ne nous fassent pas oublier que Lilian est plus un défenseur rigoureux qu’un latéral inspiré.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, c’est du Brésil que viendra la révolution. Evidemment, à ce niveau-là du raisonnement, vous pensez à Roberto Carlos, peut-être aussi à son compère Cafu, et vous n’avez pas tort. Mais bien avant Tic et Tac, c’est un autre <em>auriverde</em> qui a ouvert la voie : Djalma Santos, l’arrière droit du Brésil 1954-1962, pas la pire époque du pays au niveau ballon rond. Djalma est un des premiers, grâce à une endurance et une pointe de vitesse non négligeables, à réussir les allers retours nécessaires pour apporter offensivement et couvrir son flanc. A une époque où le latéral est plutôt livré à lui-même dans sa moitié de terrain, c’est son physique qui fait la différence et le consacre parmi les tous meilleurs mondiaux. Cette tradition des arrières brésiliens cavaleurs se perpétue notamment avec Branco, connu pour une anecdote assez incroyable : un jour de match contre l’Argentine, le staff adverse lui donna une bouteille d’eau chargée de somnifères pour calmer sensiblement les courses du latéral. Bien entendu, les compères Roberto et Cafu prolongeront la tradition des latéraux mobylette, en y ajoutant une petite pointe de technique et de puissance. Et c’est pas Fabien Barthez qui dira le contraire.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"> <a href="/sos-lateral-en-detresse/roberto-carlos/" rel="attachment wp-att-18122"><img class="alignnone size-full wp-image-18122" alt="Roberto Carlos" src="/wp-content/uploads/2013/03/Roberto-Carlos.jpg" width="500" height="334" /></a></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><em>Roberto Carlos, passion cuissots de 8m<sup>3</sup></em></p>
<p style="text-align: justify;"> A ce niveau du constat, une question se pose : si les latéraux ont eu tendance à développer des caractéristiques techniques/tactiques/physiques particulières, pourquoi en est-on arrivé à les juger aussi durement ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le véritable problème tient en fait en une maxime que se répètent quotidiennement les flemmards pour justifier leur procrastination : « plus tu en fais, plus on t’en demande ». A partir du moment où le latéral arrive à couvrir une zone du terrain de plus en plus étendue, et à multiplier les ascenseurs le long de son couloir, personne ne peut se contenter de le voir cavaler sans faire plus. Tant qu’à être là, il n’a qu’à provoquer, dribbler, décaler, centrer. A force d’avoir des éléments d’exception qui ont révolutionné leur poste, on s’est habitués à demander énormément d’un poste pourtant bien ingrat. Si l’on peut considérer que le latéral était dans le passé trop limité aux tâches défensives, il n’en reste pas moins un arrière de métier, dont on ne peut pas attendre un bagage technique égal à celui d’un milieu offensif. Rares ont été les arrières latéraux à apporter satisfaction grâce à un seul exercice dans lequel ils excellaient : on peut citer notamment Willy Sagnol, qui compensait une présence athlétique discutable par une qualité de centres terrible, et bien sûr un repli défensif impeccable. Pour un poste qui s’est révolutionné grâce au développement d’une caractéristique en particulier, le fait d’insister sur une autre spécificité peut largement se justifier. Mais à moins d’être un maître dans un aspect particulier du jeu, le latéral doit donc être au four et au moulin pour satisfaire tout le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Après une surenchère très rapide dans le petit monde des arrières latéraux, l’heure est peut-être à la raison face à l’augmentation croissante des attentes autour de ces défenseurs d’un nouveau genre. Tout le monde ne peut pas être Roberto Carlos, et il serait temps de le comprendre pour permettre aux latéraux de se concentrer sur les vraies priorités de leur rôle. A force de jouer les précurseurs au niveau des latéraux offensifs, les brésiliens se retrouvent aujourd’hui avec un Daniel Alves tête de file à droite. Si vous craquez sur sa jolie chevelure dorée, vous n’êtes peut-être pas objectifs. Mais, personnellement, je n’aimerais pas que le poste de latéral ressemble à ce type de joueurs beaucoup trop offensifs. Dans son style de jeu, Alves ressemble à un benjamin qu’on aurait mis en défense alors qu’il voulait être numéro 10, et qui passe son temps dans la moitié de terrain adverse. Le salut du poste passe peut-être aussi par une prise de conscience généralisée de la part des coéquipiers de l’enjeu énorme d’une répartition des tâches sur les ailes. Après tout, comme on dit à Lyon, le repli défensif de Sidney Govou a réussi à faire croire à toute la France que François Clerc était un latéral niveau LDC.</p>
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