Le centre du football. L’entraîneur est le centre du monde dans son club. C’est lui qui inculque une personnalité à son groupe, lui forge son caractère, façonne son équipe selon ses attentes et ses envies. C’est également lui le premier fusible à sauter quand les temps sont durs, à tort ou à raison. Matin, midi et soir, il boit de la pression (sans mousse), mange de la réflexion à longueur de journée et assaisonne le tout de tactique et de logique. Tous les effectifs sont différents, les joueurs évoluent dans de très nombreux registres disparates. Il n’y a pas de recette miracle pour mettre un club sur de bons rails, encore moins pour en faire une machine à tout gagner. Le manager doit faire au mieux avec les éléments à sa disposition, qu’ils soient extérieurs (joueurs, infrastructures, administration…) qu’intérieurs (philosophie de jeu, feeling avec le staff, expérience tactique…). De cet immense magma naîtront des entraîneurs qui marqueront à jamais l’histoire du sport. Ils ne seront qu’une poignée. Cela n’empêche pas les autres de sortir de l’ombre, loin s’en faut. Cette valse de l’ombre et de la lumière, sans arrêt répétée, fait émerger des points communs entre les coachs, plus ou moins distincts. Tentons de classer cette diversité.
Les avant-gardistes
Les spécimens sont rares, occultés, ignorés. Pourtant, depuis 4 saisons, un manager sort de l’ombre et s’impose depuis comme la référence mondiale. Josep Guardiola i Sala. Pep Guardiola. Une idée pour les gouverner tous, plus fort que l’anneau unique du Seigneur des Anneaux. Héritant d’un Barça organisé en inamovible 4-3-3, Pep a petit à petit dessoudé les lignes de son équipe, à varier les postes (l’exemple le plus marquant est le passage de Messi du couloir droit à l’axe) et misa sur la polyvalence de son groupe. Aujourd’hui, il alterne entre 4-3-3 et 3-4-3 en Champion’s et en Liga, mais on trouve des traces très intéressantes de 3-7-0 en finale de Coupe du Monde des Clubs. Sa philosophie de jeu a été décryptée des milliers de fois, tous les mécanismes utilisés ont été recensés, inutile de s’étendre d’avantage sur un terrain conquis.
La révolution de fonds qui s’opère dans les anciens grimoires de tactique footballistique sera effective dans les années à venir. Guardiola, c’est le côté clair de la Force, l’unique façon de jouer, de bien jouer.



